À travers des paroles incisives et sans détour, le rappeur Ngaaka Blindé s’impose comme l’une des voix les plus critiques de la scène rap au Sénégal. Dans son nouveau morceau " Yakaar Bou Tass ", devenu viral, l’artiste livre des punchlines percutantes qui dénoncent les inégalités sociales, la précarité des jeunes, la répression politique, les 18 supporters sénégalais détenus au Maroc, l'injustice et l'homosexualité. Des sujets d'actualité qui tiennent le Sénégal en haleine.
"Touké jet privé doumako meune ci rew mou torokh". À travers cette formule, le rappeur oppose le train de vie luxueux de certains dirigeants à la réalité d’un pays marqué par les difficultés économiques. Le jet privé devient ici le symbole d’un pouvoir déconnecté des préoccupations quotidiennes des citoyens.
Dans une autre punchline, il évoque les supporters sénégalais détenus au Maroc depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). "Sa dome yi démone dieuli coupe bi bobou ba légui niou ngui diélou Maroc". Ici, le rappeur dénonce le silence des autorités étatiques face à la situation de ces jeunes qui étaient en mission pour la patrie.
"Ndaw bou niakké kheuy ngouram moko diaay". Pour l’artiste, le chômage des jeunes serait la conséquence directe d’une gouvernance défaillante. Ngaka Blindé va plus loin en dénonçant la violence lors des manifestations. "Bo fi nguéné doore ay khér, di naniou la door ay balles", suggérant un usage disproportionné de la force face à des contestations sociales. Ngaka fait allusion à la crise universitaire qui a coûté la vie à l'étudiant Abdoulaye Bâ.
En évoquant ces événements, Ngaaka Blindé inscrit son discours dans une mémoire collective marquée par des épisodes douloureux.
À l’image d’autres figures du rap sénégalais, Ngaaka s’inscrit dans une tradition musicale où la parole devient un outil de contestation. Son nouveau single, largement partagés sur les réseaux sociaux, alimente le débat public et témoignent du rôle central de la musique urbaine dans l’expression des frustrations sociales.
Entre dénonciation politique et chronique sociale, ces punchlines traduisent le malaise d’une partie de la société sénégalaise, en quête de justice, d’emploi et de perspectives d’avenir.








