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Thiès : Le récit glaçant d'une élève de 19 ans jugée pour avortement clandestin avec son copain


Rédigé le Jeudi 10 Septembre 2026 à 11:26 | Lu 31 fois | 0 commentaire(s)




Le tribunal des flagrants délits de Thiès a examiné ce mercredi l'affaire d’avortement clandestin impliquant S. Siby, une élève de 19 ans en classe de 3ᵉ, sa tante N. O. Sarr, ainsi que son petit ami P. A. Ndao, un conducteur de moto-jakarta âgé de 37 ans. La jeune fille et son compagnon sont poursuivis pour avortement clandestin, tandis que la tante comparaît pour entrave à l’administration de la justice.

​À l’audience, S. Siby a reconnu les faits. Elle a expliqué avoir contracté une grossesse dont l'auteur est P. A. Ndao. Selon son récit, lorsqu’elle a annoncé sa grossesse à son compagnon, celui-ci lui a proposé d’avorter, expliquant qu’il ne pouvait pas assumer un enfant.

​La jeune fille affirme toutefois avoir refusé dans un premier temps. Elle raconte qu’un jour, souffrant de douleurs abdominales, elle a alerté P. A. Ndao, qui l’a invitée chez lui avant de lui remettre des médicaments.

​« Il m’a fait venir dans sa chambre et m’a donné des médicaments que j’ai absorbés. Ensuite, il m’a enfermée dans la chambre pour m’y abandonner seule. Il est revenu plus tard, au moment où je saignais », a révélé la prévenue.

​Après la prise du produit, elle dit avoir été saisie de violentes douleurs, puis avoir commencé à saigner avant de perdre le foetus. Selon ses déclarations, c’est son petit ami qui a ensuite jeté l’embryon dans les toilettes.

​Le petit ami reconnaît avoir acheté les médicaments en ligne

​À son tour, P. A. Ndao a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a admis avoir remis les médicaments à la jeune fille dans le but d’interrompre la grossesse. Le conducteur de moto-jakarta a déclaré avoir acheté ces produits sur Internet pour la somme de 30 000 FCFA.

​N. O. Sarr, présentée comme une matronne et la tante de la jeune fille, est poursuivie pour entrave à l’administration de la justice. Elle est soupçonnée d’avoir tenté de dissimuler les circonstances de l’avortement.

​À la barre, elle a contesté les accusations. Elle a affirmé qu'elle ignorait que la jeune fille saignait et avoir préféré la conduire chez une matronne plutôt qu’à l’hôpital.

​Une affaire révélée après le signalement du personnel médical

​Les faits avaient éclaté au grand jour le 1ᵉʳ septembre 2026, après l’hospitalisation de l’élève. Selon les éléments de l’enquête, S. Siby, enceinte d'environ quatre mois, avait pris des produits abortifs.

​Après l'apparition de fortes douleurs abdominales et de saignements importants, elle avait été conduite dans un établissement hospitalier. Son état de santé s’étant dégradé, elle y avait été réadmise et placée sous surveillance.

​Intrigué par son tableau clinique, le personnel médical avait souhaité réaliser une échographie pelvienne. La jeune fille avait refusé l’examen avant de quitter l’établissement, ce qui avait conduit les responsables de l’hôpital à alerter les services de police.

​L’enquête menée par le commissariat central de Thiès avait ensuite permis de remonter jusqu’au petit ami et à la tante de l'élève.

​Requisitions du parquet et délibéré fixé au 16 septembre

​Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que les trois prévenus étaient coupables. Il a requis trois mois de prison avec sursis contre S. Siby et un mois avec sursis contre sa tante N. O. Sarr. À l’encontre de P. A. Ndao, le parquet a requis un an de prison ferme ainsi qu’une amende de 100 000 FCFA.

​L'affaire a été mise en délibéré pour être vidée le 16 septembre 2026.

​Pour rappel, S. Siby avait déjà été au centre d’une précédente affaire judiciaire en juillet 2025, après avoir accusé son père biologique de viol, accusation qui avait conduit ce dernier en détention.

​Dans ce dossier d'avortement, P. A. Ndao et N. O. Sarr ont été placés sous mandat de dépôt, tandis que S. Siby a bénéficié d’une liberté provisoire en raison de son état de santé jugé fragile.



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