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Remaniement et Entrisme, l’impossible casting de Macky


Rédigé le Vendredi 5 Juin 2020 à 18:06 | Lu 92 fois | 0 commentaire(s)



Comme si le sort s’acharnait sur lui , le Président Macky Sall qui devrait prononcer son Acte 3 de sortie de crise, se voit obligé de remettre sine die son adresse. Le Chef de file de la coalition BBY dévoilera à la mi-juillet, ses nouvelles orientations politiques, selon l’un de ses proches, de même que les « décisions de rupture » promises lors de la crise sanitaire. Mais les cartes ne sont pas nombreuses dans la main du chef de l’Etat. En attendant, Macky étoffe sa garde pour la conquête de Dakar, en promouvant d’anciennes reliques de la coalition ADK de l’ex maire de Dakar.


Quel changement de cap politique ? Macky Sall avait promis des « décisions de rupture » pour « l’aprèsCoronavirus » mais tout porte à croire que le génie politique du palais continue de fourbir ses armes, pour surprendre son monde comme avec la refonte du fichier électoral et la loi sur le parrainage. D’après ses proches, il doit dévoiler les nouvelles orientations retenues au cours de la première quinzaine de juillet, après l’échec de la réouverture des classes et la répétition des manifestations de plus en plus violentes sur l’ensemble du territoire national.

Avec les couacs constatés depuis les premiers jours de la pandémie au Sénégal sans oublier les scandales et la reculade de l’Etat à l’approche de la fin du Ramadan, le chef de l’État va se heurter à deux difficultés majeures pour dérouler « sa feuille de route » : l’une de fond, l’autre de méthode.

Dans le fond, le Président Macky Sall fait tout pour rester ce chef de guerre qui, en 2012, s’était rendu chez feu Mamadou Diop mort lors d’un rassemblement à la Place de la Nation mais, les casseroles de son régime ne cessent de faire du tintamarre

La subite frénésie de manifestations qui s’est emparée du Sénégal, a fini par mettre du sable dans les prévisions du pouvoir. En effet, s’il y a un sujet sur lesquels les Sénégalais sont unanimes, c’est que le Président n’a pas oublié son stylo par lequel il nomme. L’autre fait qui est proche de l’unanimité, c’est que le chef de file de BBY semble plus préoccupé par son agenda politique. Les dernières nominations alors que les Sénégalais l’attendaient sur d’autres registres , illustrent sa volonté de gagner Dakar et, ce team qui est promu, constituera le fer de lance.

Macky Sall va tenter d’évoluer sans paraître se renier. Pas simple, pour le candidat de « l’ouverture » lors de la dernière présidentielle. Réélu presque à contre-cycle, au moment où les nations se referment, les échanges se tarissent, les flux se réduisent. Le souverainisme économique qui affleure déjà dans les discours de l’exécutif, n’a pas grand-chose à voir avec le programme de 2019.

A l’époque, le candidat Macky vantait « l’esprit de conquête », l’attractivité sénégalaise dans un monde ouvert, « bradant« au passage les licences d’exploration et d’exploitation de nos richesses naturelles, dépensant sans compter, en espérant une rapide plus-value des ristournes des multinationales.

C’est donc presque un dernier mandat qui commence, à contre-courant de la libération des forces économiques et du retrait de l’État. Ses réactions à l’encontre des sociétés comme Eiffage démontrent que l’Etat a besoin d’argent. Et rapidement, pour ne pas être dans une posture de cessation de paiement.

Abdou Diouf avait opéré en 1993 le tournant de la rigueur ; Macky Sall doit lui conduire le tournant de la vigueur. La vigueur retrouvée d’un pouvoir politique qui ne répugne pas à intervenir dans le champ économique. Pas seulement comme régulateur mais comme acteur.

Un président obnubilé par l’existence de son parti faisant face à des ambitions souterraines ou visibles pour sa succession, cherche éperdument la méthode

C’est justement ce qui fait le plus défaut à l’attelage gouvernemental et la pandémie du Coronavirus a fini de mettre à nu ce que bon nombre d’acteurs sociaux et politiques dénoncent comme étant de l’amateurisme, du pilotage à vue qui, pourtant, a été le moyen de gouverner depuis 2012. Comment s’en sortir avec cette attente grandissante des Sénégalais et surtout, comment éviter le piège d’une autre crise dans la pandémie?

Comment symboliser ce changement de cap, ces décisions de rupture ? La constitution offre un certain nombre d’options à Macky Sall. Pourquoi pas un autre référendum? Mais on le sait, l’arme du référendum est toujours difficile à manier.

Une dissolution de l’Assemblée nationale. Ce serait une autre manière de rendre la parole au peuple et de sortir haut la tête, de mettre à l’abri ses proches. La jurisprudence Karim Wade est d’actualité. Dans les faits, ce serait préparer un gouvernement de large consensus, ou au moins, lever les blocages sur les poursuites des auteurs de prévarication des deniers publics , bref : perdre les manettes. Pas certain que ce soit la fin de quinquennat rêvée d’un président, plus politicien que de raison.

Simplement, en l’occurrence, c’est une solution peu aisée parce que l’impopularité du président déteint sur son gouvernement et principalement, sur ses ministres « candidats à la succession »

Et puis il reste le remaniement. A nouvelles idées, nouveaux visages, pourrait-on dire ? Dans leur jeu de cartes, c’est le joker le plus utilisé par les chefs de l’État pour se relancer. On ne compte plus le nombre de «gouvernements resserrés», de « gouvernements de combat », qui ont été mis en place.

Le drame pour le pouvoir, aucune figure ne sort du lot, qui pourrait également rassurer les Sénégalais. Ni le ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye, maître d’œuvre de l’état d’urgence ou Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de la Santé mis aux devants d’une situation qui, apparemment, le dépasse au moins que les calculs politiques ont restreint sa visibilité que l’autre « dauphin » Mouhamadou Makhtar Cissé, le ministre du Pétrole empêtré dans l’Akileegate, encore moins Amadou Bâ le ministre des Affaires étrangères, ont leur image qui renvoie à des scandales toujours frais dans la mémoire collective.

D’ailleurs, un « sondage » fait par Atlanticactu indiquait que 62% des personnes interrogées souhaiteraient un remaniement… en ne gardant que cinq ministres sur la pléthore qui siège au Conseil !

Dans ce cas, pour tout de même suggérer une transformation, il faudrait changer les piliers de l’équipe qui ne gagne plus. Mais là aussi, au-delà de la communication, la manœuvre est risquée, car l’Apr n’est toujours pas structurée et certains « actionnaires » menaceraient de jouer les trouble-fêtes.

Qui peut imaginer la nomination d’un nouveau ministre de la Santé ou de ministre de l’Intérieur ? Cela revient à changer de général au milieu de la bataille, une nouvelle fois même si, selon plusieurs confidences, « c’est le souhait du chef de l’état »

Le contexte extrêmement tendu d’une crise sanitaire, sécuritaire, économique et sociale, inédite, tolère très peu de période de rôdage. Et le raisonnement n’est pas très différent pour Bercy.

Le chômage réel et grandissant, les aides sectorielles qui divisent plus, les scandales et déficits publics, la refonte du budget de l’État et de la sécurité, sont des dossiers si techniques, qu’il n’y aurait pas d’intérêt à modifier les titulaires. Voilà pourquoi, à ce jour, les contraintes politiques existantes jouent contre un grand « big bang gouvernemental ».

Peut-être Macky Sall trouvera-t-il la clé pour s’en abstraire , à moins de singer un certain « changement dans la continuité ».






Pape Sané (Atlanticactu.com)


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