Dans un entretien accordé à L’Observateur, le poète Amadou Lamine Sall revient sur sa candidature avortée au poste de Secrétaire général de la Francophonie, qu’il estime avoir été compromise par l’absence de soutien des autorités sénégalaises. Bien qu’il ait écrit au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dès le 6 août, il n’a reçu aucun retour, alors que les candidatures sont closes depuis le 3 avril dernier.
Le poète exprime son incompréhension face à cette absence de réponse, qu’elle soit positive ou négative. Pour lui, répondre est « plus qu’un respect républicain, c’est un devoir républicain ». Amadou Lamine Sall décrit un Palais devenu inaccessible, évoquant un mur dressé « très haut et comme insonorisé », où il dit s’être heurté à des « oreilles bouchées » au sein du cabinet présidentiel. Face à ce qu’il considère comme un silence injustifié, il lâche avec déception : « Il est difficile de donner un nom à ce qui vient de se passer ».
L’amertume envers les « amis d’hier »
Le poète cible particulièrement le directeur de cabinet du président de la République, qu’il décrit comme un « grand mathématicien et honorable poète ». Il lui reproche d’avoir verrouillé l’accès au chef de l’État en lui ayant « fermé portes, fenêtres, volets et caves », malgré leur relation passée. Il mentionne également des « échanges tendus» entre ses proches et des membres du cabinet, qui auraient «peu apprécié» que sa candidature soit portée par la presse avant que le chef de l'État ne se prononce.
À la question de savoir s’il se sent aujourd’hui « sacrifié », l'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias répond sans détour : « Oui, sacrifié par le silence et le manque d’ouverture et d’échange ».








