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Point de vue du Ministre en charge du Suivi du Plan Sénégal Emergent sur la gestion des ressources publiques, la promotion des valeurs civiques et la dette africaine.


Rédigé le Lundi 10 Août 2020 à 15:07 | Lu 216 fois | 0 commentaire(s)




Point de vue du Ministre en charge du Suivi du Plan Sénégal Emergent sur la gestion des ressources publiques, la promotion des valeurs civiques et la dette africaine.
Gestion des ressources publiques, promotion des valeurs civiques et dette africaine 
« Qui tue un œuf de poisson, tue une génération de poissons ». (Max Weber, 1864-1920). 
  
Cette métaphore de Weber est une parfaite illustration de l’importance que revêt le secteur de la pêche et de l’économie maritime, une des priorités fortes du Plan Sénégal Emergent (PSE).  Les grands esprits se rencontrent et cette pensée Wébérienne, rejoint, dans une certaine mesure, celles de Rousseau et Machiavel. Pour lutter contre le gaspillage des ressources publiques, Rousseau, dans son article «Economie politique de l’Encyclopédie », paru en 1755, recommande la promotion des valeurs civiques, afin de contenir les parasites potentiels. Son but ultime vise à contenir la dépense, action indispensable pour un Etat qui doit éviter d’enrichir des fainéants de la dépouille des hommes utiles. Dans l’esprit de Rousseau, les fainéants ne sont pas les fonctionnaires, mais les courtisans qui entourent le roi, et vivent au crochet du pays. Évidemment, le souci de Rousseau était d’éviter les dépenses nombreuses et inappropriées, qui favorisent l’endettement public. 

La dette africaine, une camisole de force appauvrissante 

Pour Machiavel, «si un prince veut se faire dans le monde une réputation de libéral, c’est-à-dire d’homme généreux, il faut nécessairement qu’il n’épargne aucune sorte de somptuosité ; ce qui l’obligera à épuiser son trésor par ce genre de dépense ; d’où il s’ensuivra que, pour conserver la réputation qu’il a acquise, il se verra enfin contraint à grever son peuple de charges extraordinaires, à devenir fiscal, et à faire, en un mot, tout ce que l’on peut faire pour avoir de l’argent. Aussi, commencera-t-il à être odieux à ses sujets et à mesure qu’il s’appauvrira, il sera bien moins considéré». 
  
Machiavel conclut par cette affirmation : «Il est donc plus sage de se résoudre à être appelé avare, qualité qui n’attire que du mépris sans haine, que de se mettre, pour éviter ce nom, dans la nécessité d’encourir la qualification de rapace qui engendre le mépris et la haine tout ensemble. 
  
COVID 19, ce diable de virus, libéré de sa cage de fer, conserve encore toute sa capacité de nuisance. Il est plus puissant que les sorciers d’Afrique qui dansent ivres, autour du feu, parés de masques bariolés de cornes d’animaux sauvages, exhibant des queues de buffles ornées de cauris, le regard tourné vers le ciel, psalmodiant des incantations pour chasser les mauvais esprits. Il est plus puissant que le sorcier blanc, parti sur la lune dans une cage en fer, qui s’approche du soleil sans se brûler les ailes, et qui pavoise, riche de sa science souvent sans conscience. 
  
Les forces magiques de tous les sorciers réunis, mis à nu, n’ont pas encore permis de résoudre l’équation COVID 19, qui a cependant le mérite de rappeler aux Africains leurs priorités en matière de développement. Si le développement était le sommet d’une montagne à atteindre, le premier palier à franchir serait sans aucun doute l’autosuffisance alimentaire, qui est seule susceptible de nous rendre libres, heureux et exempts de toutes les formes de servitudes. «Cette crise sanitaire inédite, que je définirais comme  une “explosion aiguë d’un état morbide antérieur”, met en évidence une mosaïque de problématiques qui gangrènent les économies africaines : dette, déficit public, financement de l’économie, système de santé, énergie, sécurité alimentaire, recettes fiscales, secteur informel, industrie, artisanat, tourisme, culture, sécurité, transport, sport etc. Chacun de ces éléments constitue une variable stratégique de la vie des États Africains, qu’il faut penser et analyser». 
  
Source de grande vulnérabilité pour nos États, je voudrais aborder la question de la dette extérieure africaine, avant de revenir sur le secteur de la pêche et de l’économie maritime, objet de ce point de vue. La “camisole” de l’endettement avait été jetée sur l’Afrique dans les années 60, à la suite du premier choc pétrolier. Les pays européens voulaient alors recycler les excédents financiers qu’ils avaient encaissés. Il leur fallait trouver le moyen de faire fructifier les pétrodollars, placés dans leurs banques par les pays exportateurs de pétrole. Mais l’exercice s’avérait difficile, dans un contexte de concurrence interbancaire exacerbée. C’est ainsi que des prêts en monnaies européennes furent concédés aux pays du Tiers Monde. 
  
Malheureusement, ces prêts ont été mal gérés. L’argent reçu n’avait pas servi à financer des projets d’investissements productifs, capables de renforcer les capacités de production, d’industrialisation et d’exportation, et qui auraient permis, non seulement de générer les flux de devises nécessaires au remboursement des dettes contractées, mais aussi de créer les conditions d’une souveraineté alimentaire et énergétique. 
  
Les Gouvernements des pays en voie de développement s’étaient, au contraire, lancés dans des pro- grammes dont la rentabilité s’était avérée plus que douteuse et, dans tous les cas, inadaptés aux besoins réels de leurs pays. 
  
Soyons clair, la dette africaine n’est ni hideuse, et encore moins honteuse. (…) Sa particularité est que l’Afrique est victime d’un endettement souvent forcé 

Ainsi, et bien souvent avec la complicité de certains dirigeants de pays occidentaux, des Autorités africaines avaient détourné l’argent prêté, pour le placer dans des banques des pays du nord. Une partie de l’argent détourné avait parfois été utilisée pour entretenir les réseaux politiques de leurs parrains. En outre, force était de constater que la fortune personnelle de certains présidents africains était supérieure, ou égale, à la dette extérieure de leurs pays. 
  
En plus de la mauvaise utilisation des ressources de la dette, d’autres éléments aggravants s’ajoutèrent à ce tableau déjà sombre. Les politiques anti-inflationnistes des années 80 avaient favorisé l’augmentation drastique de la charge de la dette des pays en développement, qui avait été contractée exclusivement à des taux variables. A titre d’exemple, le taux débiteur anglais était passé de 11% en début d’année 1979, à 20% en mai 1981. 
  
Par ailleurs, le ralentissement de l’économie mondiale avait engendré une baisse des cours des matières premières et, par ricochet, des pertes de recettes notables pour les pays africains. La mauvaise gouvernance de la dette, couplée à un environnement économique défavorable, avait ainsi conduit certains pays en développement en récession, et d’autres en cessation de paiement. C’est dans ce contexte particulier qu’étaient nés les programmes d’ajustement structurels qui étaient destinés, non pas à aider les pays africains, mais plutôt à s’assurer que le versement de la charge d’intérêts se ferait bien vers les créanciers du nord. 
  
Les 10 Commandements de Washington, résultante de la diatribe idéologique du néolibéralisme et basés sur les doctrines économiques des trois oracles : Shumpeter, Fridman et Hayec, avaient servi à la mise en œuvre de ces impératifs de la mondialisation et de la globalisation. Par la suite, le Programme Pays Pauvres Très endettés (PPTE), initié en 1996 par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, fut une source d’espoir pour certains pays, désireux de lutter contre la pauvreté et de s’approprier, au mieux, des Objectifs du Millénaire pour le Développement. 
  
Hélas, chassez le naturel, il revient au galop. Cette dette s’est également reconstituée au fil du temps, au point de devenir gênante, aussi bien pour les nouveaux dirigeants africains que pour les prêteurs occidentaux. Entre temps, le monde a changé, de nouveaux dirigeants sont arrivés au pouvoir de par l’expression de la volonté populaire. A l’instar du Président Macky Sall, qui a une claire vision de ses ambitions, et un programme établi avec précision sur une perspective de croissance économique inclusive et durable, ces nouveaux dirigeants prennent résolument en compte la multi-dimensionnalité de la demande sociale. 
  
En relisant la Déclaration de Politique Générale du Président Sall d’octobre 2004, que j’ai jugée intéressant de publier, j’ai compris que, grâce à son programme ambitieux mais réaliste, il réussirait à propulser le Sénégal sur les rampes de l’émergence. 
  
Soyons clair, la dette africaine n’est ni hideuse, et encore moins honteuse. Elle est comme toutes les dettes. Sa particularité est que l’Afrique est victime d’un endettement souvent forcé. La dette de l’Afrique n’est pas plus hideuse que la dette grecque, deux fois plus importante que la dette des 54 pays africains réunis. Le paradoxe est qu’il n’avait fallu que 48 heures, en 2010, pour que les dirigeants européens et le FMI débloquent 750 milliards d’euros, afin de l’apurer. La dette africaine, estimée à 356 milliards d’euros, reste, dans le même temps, une pathologie qui peine à trouver sa thérapie. 
  
L’annulation de la dette publique du Continent :  Il nous faut accepter qu’une solution définitive doit provenir des Africains. A l’instar des Anglais et des Américains. 
En revisitant l’histoire, on se rend compte que la dette a toujours été présente dans la vie des rois, des nations et des individus. Certains monarques, aux abois, furent réduits, comme les pharaons d’Hérodote, à prostituer leurs filles pour s’acquitter de leurs dettes, afin que les chantiers de leurs pyramides, à l’arrêt, puissent reprendre. 
  
Le Roi de France, Charles V, avait vendu sa sœur à un Visconti qui, tout heureux, se proclamait beau-frère du monarque le plus puissant d’Europe. Grâce à ce mariage, ce dernier avait apuré ses comptes et remboursé un tiers de la dette de la France. Les exemples sont nombreux et variés. 
  
Ce qu’il faut retenir dans la problématique de l’emprunt public, c’est d’abord son approche doctrinale, qui a toujours fait débat. Certaines écoles de pensée considèrent que l’endettement est nécessaire et efficace pour la croissance d’un pays et son développement, d’autres renient l’esprit de l’endettement public et considèrent qu’il est néfaste, pour les agents économiques et pour le développement. 
  
La nécessité de l’endettement est théorisée par l’école Keynésienne et Harold-Domar. En effet, pour ce courant de pensée, l’endettement public, qui rend possible de nouveaux investissements importants, n’entraîne pas de coûts, ni pour les générations présentes, encore moins pour les générations futures. Dans cette logique, le principe d’équilibre budgétaire n’apparaît plus comme fondamental. Un déficit budgétaire maîtrisé est toujours un facteur de relance et de croissance économique. Il permet de lutter contre le chômage, il stimule la demande et la consommation globale, qui favori- sent un effet multiplicateur capable de soutenir une croissance inclusive et durable. Il crée un effet d’accélération, qui entraîne forcément une augmentation de l’investissement. La production repart alors à la hausse et, créant les conditions du plein-emploi, permet de lutter contre la pauvreté. L’hypothèse de base du modèle de croissance d’Harrod et Damar est que, pour atteindre le taux de croissance garanti, il faut toujours créer un déficit budgétaire et le financer par un emprunt extérieur. 
  
Pour les classiques, qui ne sont pas favorables à la dette publique, l’endettement est plutôt un report d’impôts sur les générations futures. Smith (1759) considère que la dette est pernicieuse et ne doit pas être encouragée. Elle favorise l’irresponsabilité et donne au souverain la possibilité de réaliser des dépenses inopportunes. J.B. Say (1799) milite pour une limitation de l’endettement, coupable d’alimenter une consommation publique destructrice de richesse et de valeur, et d’engendrer le paiement d’intérêts indus. Ricardo (1817) estime que les citoyens perçoivent dans l’emprunt un impôt différé dans le temps, et ils se verront dans l’obligation de payer, dans le futur, cet impôt qui sera revu à la hausse. Krugman (1988), Hayec (1989), Barro( 1989), FROOT et Calvo (1989), appartiennent à cette école de pensée qui considère l’endettement comme une croissance artificielle, fondée sur un investissement plus important que les crédits générés par l’épargne nationale. Leur position est que l’État doit assurer sa mission régalienne à partir des ressources générées par l’activité économique, afin de ne pas créer des facteurs de sous optimalités et de nuisances économiques. 
  
Je rappelle que le Professeur Hayec fait partie des oracles qui ont influencé la doctrine néolibérale, qui a donné naissance aux 10 Commandements de Washington. Cette doctrine fut testée en Amérique Latine, avec le général Pinochet, puis vulgarisée par Ronald Reagan, Marguerite Thatcher et les Chicago boys, dont la majeure partie avait été recrutée par les institutions financières internationales, dont le FMI, la BM, L’OMC, et l’OCDE. 
  
Je suis Keynésien et partisan d’Harold et Domar, Je soutiens la nécessité de recourir au financement extérieur, mais utilisé de façon efficiente et vertueuse, à l’image du modèle Kindleberger. 
Ma position est très claire. Je suis moi-même Keynésien et partisan d’Harold et Domar, et je soutiens la nécessité de recourir au financement extérieur, mais utilisé de façon efficiente et vertueuse, à l’image du modèle Kindleberger. Le Professeur Moustapha Kassé, à qui je rends un vibrant hommage, est souvent revenu sur cette question de la dette, proposant des pistes de solutions pertinentes que nos dirigeants peinent à appliquer. D’autres amis Professeurs, blancs par la peau, mais africains dans l’âme, se battent au quotidien pour l’affranchissement de l’Afrique. Je veux citer J.H. Lorenzi et de Bossieu, Mario Pizani, Roux, Chalmin, Casta, Rousseau, entre autres. Au demeurant, si le combat pour l’annulation de la dette publique du Continent est très noble, il nous faut accepter qu’une solution définitive doit provenir des Africains. A l’instar des Anglais et des Américains, il nous faut compter sur nous- mêmes. 
  
Sur le plan économique, la dette publique est un stock. Sa contractualisation ne doit pas totalement influer sur le niveau du taux d’intérêt, qui est une rémunération des flux annuels. Cependant, le non-paiement de la dette publique conduit les prêteurs à anticiper sur un risque futur de l’Etat qui ne pourrait honorer ses engagements. Dans cette logique, les banquiers deviennent plus exigeants, et ils majorent les taux d’intérêts. Il est vrai qu’en Europe, à une certaine époque, les rois et monarques pouvaient déclarer des banqueroutes volontaires et ne pas payer leurs dettes, entraînant, pour les prêteurs, des conséquences financières dramatiques. C’est pourquoi, pour restaurer la solvabilité de l’Etat, Louis XVIII, dans la charte constitutionnelle de 1814, avait prévu, en son article 70, que la dette publique était garantie, et que toute espèce d’engagement pris par l’Etat était inviolable. 
  
Pour faire face aux problèmes du Trésor Britannique, le roi Guillaume d’Orange avait créé, en 1694, un prêteur en dernier ressort: La “Bank of England”, dont la mission fondamentale était de racheter, à tout prix, la dette de l’Etat et de garantir à ceux qui la détenaient qu’ils seraient payés. Cela explique que les Anglais, dont le niveau d’endettement était pourtant très élevé, 250% du PIB en 1816, plus de 300% du PIB en 1946, arrivaient toujours à restaurer les équilibres macroéconomiques, tout en s’acquittant de leurs dettes. La France avait utilisé la même stratégie en mettant en place, en 1776, une caisse centrale d’escompte, dont la mission était de récupérer les titres financiers émis par d’autres prêteurs, et de refinancer les créanciers de l’Etat. 
  
L’idée du modèle américain est venue d’Alexander Hamilton, en 1790, avec l’objectif de rembourser la dette des colonies. L’idée était de créer un Trésor Américain, porteur des dettes mutualisées des treize colonies, qui prendrait l’engagement de rembourser les prêts consentis par la Banque Centrale, et de créer des droits de douane fédéraux qui alimenteraient les caisses du Trésor. C’est ainsi que la Réserve Fédérale avait vu le jour, en 1913, avec comme objectif fondamental, le refinancement de l’économie, et comme fonction particulière, le rachat, auprès des banques, de la dette publique. 
  
Après la deuxième guerre mondiale, le modèle américain entre en Europe, avec le rapport de Pierre Wagner, en 1971. Son projet était basé sur des banques centrales qui font du refinancement, mais qui n’ont pas les attributs de banques classiques, prêtant aux États. En 1973, la France modifie, sur ce modèle, les statuts de sa banque, confirmé par le traité de Maastricht en 1991. La Bank of England modifie, à son tour, ses statuts en 1997, et de- vient une banque centrale de refinancement, au service de l’Etat. 
  
Les leçons du passé doivent servir à construire l’avenir. Nous ne pouvons pas continuer d’en- tretenir des cycles de dettes in- fructueuses et abusives, quel que soit le niveau de responsa- bilité entre l’Afrique, l’Occident et la Chine, dont les appétits sont venus modifier la donne de l’endettement du Continent.
C’est tout le sens qu’il faut donner au combat du Président Macky Sall. Il prône l’annulation de la dette publique, en mettant en exergue une monnaie d’échange, basée sur les sept paradigmes du Consensus de Dakar, qui complètent les limites des dix Commandements de Washington. 
  
Réformer le secteur bancaire, pour créer les conditions d’un renouveau dans le financement de nos économies. 

Face à l’ampleur de la crise inédite que nous traversons, l’UEMOA devrait innover, via des mesures non conventionnelles. Ce ne serait pas une première. Des politiques non conventionnelles ont été mises en œuvre un peu partout dans le monde, pour atténuer les méfaits de la crise de 2007-2008. Les statuts actuels de la BCEAO ne s’opposent nullement à la mise en œuvre de mesures non conventionnelles. Il est donc nécessaire de donner de nouvelles missions à cette banque qui a, depuis fort longtemps, amplement fait ses preuves. Le principe de la politique monétaire non conventionnelle porte sur quatre dimensions essentielles : achat massif de titres, élargissement des refinancements, garantie des Etats pour des crédits bancaires, et relâchement temporaire de certaines contraintes réglementaires. 
  
Le quantitative easing, «QE», représente une possibilité d’achat massif des titres, qui peut agir sur l’économie avec un double effet : un effet volume qui va se traduire par des injections massives de liquidités, un effet taux d’intérêts qui fera baisser les taux longs et les empêchera de monter. Les statuts de la BCEAO sont parfaitement compatibles avec cette pratique. Son article 18 précise que «la BCEAO peut intervenir sur les marchés de capitaux de l’UEMOA par des opérations d’open market». 
  
Le même article fixe cependant des limites à ne pas franchir. En effet, les montants autorisés, dans le cadre de ces opérations, ne doivent pas dépasser le pourcentage des recettes fiscales nationales, constatées au cours de l’avant dernier exercice fiscal, fixé par le comité de politique monétaire. Il serait important que, par dérogation exceptionnelle et temporaire, ce comité de politique revoit à la hausse les plafonds évoqués, afin d’aider nos Etats à gérer cette crise de la COVID 19, qui est venue amplifier celle de la dette. 
  
Pour ce qui est de l’élargissement des refinancements, la BCEAO se débrouille fort bien. Cette opération améliore la liquidité des banques, pour éviter les crises d’insolvabilité bancaire, et encourage les financements bancaires, particulièrement pour les PME et TPE. 
  
La garantie des Etats, pour l’accès aux crédits bancaires, est une technique largement utilisée par plusieurs pays touchés par le Coronavirus, afin de soutenir l’offre de crédits des banques et de soulager la trésorerie de bons nombres d’entreprises. L’avantage d’un tel dispositif est de limiter les financements effectifs par les Etats, car la garantie ne sera activée que dans l’hypothèse d’une défaillance des emprunteurs. 
  
Enfin, le relâchement temporaire à certaines contraintes réglementaires ne doit pas consister à prendre des risques pouvant remettre en cause la résilience globale des systèmes bancaires de la sous-région. Il s’agit d’adoption, par la commission bancaire régionale de la zone UEMOA, de mesures d’allégement temporaires de certaines contraintes réglementaires. La Banque du Maroc vient de réduire de 0,5 point les ratios de fonds propres exigibles des banques. Le Haut Conseil de Stabilité Financière en France a réduit certaines exigences règlementaires face au choc sanitaire, afin d’étendre la capacité d’offres de crédit des banques. Ce qui fait contraste, au sein de l’UEMOA, est qu’il n’est pas tolérable que nos banques soient en situation de surliquidités, au moment où des entreprises ferment, et où certains pro- jets tardent à trouver des financements. 
  
Nous devons aller vers une grande réforme du secteur bancaire, pour créer les conditions d’un renouveau dans le financement de nos économies. Car il nous faut compter sur nous-mêmes, tout en restant imprégnés des valeurs de la finance internationale. Nous avons en Afrique de jeunes banquiers aussi bien formés que les Chicago boys, et qui ne demandent qu’à servir le Continent. 
  
Face à la crise de Covid 19, l’UEMOA doit innover.  Les leçons du passé doivent servir à construire l’avenir 

Ces mesures, bien entendu, devront être accompagnées de règles budgétaires et fiscales. Avec la complicité des Institutions de Bretton Wood, certaines dispositions très appréciables ont été prises, qui s’articulent autour du déficit budgétaire, de l’encours de la dette, et des appuis budgétaires. Cependant, il faudrait à tout prix renforcer la coordination et la solidarité budgétaire dans notre zone UEMOA. Avec des amplitudes différentes, la Covid19 constitue un choc symétrique pour nos huit pays. Cette particularité appelle à plus de cohésion, de coordination et de solidarité entre pays membres. Les moins affectés doivent soutenir les plus affaiblis, à travers de nouveaux mécanismes financiers communautaires. 
  
On ne peut dire avec exactitude quand, ni à quelle vitesse, nous sortirons de cette crise. Nous devons donc penser et analyser avec efficience nos politiques de relance, et mettre en œuvre des hypothèses fortes, basées sur des externalités positives qui favoriseront moins de dépendance extérieure, particulièrement dans certains secteurs. 
  
Au moment où je terminais mon éditorial, au petit matin, la fière bâtisse du conseil des ministres européens était le témoin d’un accord historique, entre les 27 chefs d’Etats Européens, pour un emprunt européen de 750 milliards d’euros. Pour la première fois dans l’histoire de l’Union Européenne, les chefs d’États s’accordaient sur un emprunt communautaire de 750 milliards d’euros, repartis entre 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts. Comme un cadeau du ciel, à l’instar de la «table servie», cette manne financière sera certainement remboursée par les contribuables, et non par la planche à billets. Ce modèle européen est en droite ligne de la logique d’Alexander Hamilton en 1790, inspiré de la stratégie anglaise du roi Guillaume d’Orange en 1694, avec la création de la Bank of England. 
  
L’ UEMOA devrait s’inspirer de ce modèle, pour bâtir une stratégie post Covid19 communautaire et solidaire, pour une efficacité individuelle et collective. Anne Robert Jacques Turgot, économiste français et physiocrate du Siècle des Lumières, disciple de François Quesnay, était devenu, en 1774, contrôleur général des finances du jeune roi Louis XVI. En acceptant cette responsabilité, il avait écrit à son roi, une «profession de foi», qui fait référence en matière d’innovations économiques. Le ministère des finances de la République Française a acheté, en 2010, le document original qui se vendait aux enchères, afin de s’en inspirer. Son programme était pourtant très simple : point de banqueroute, point d’augmentation d’impôts, et point d’emprunt. 
  
Cette trinité rejoint les fécondes pensées de Weber, Rousseau et Machiavel dont j’ai parlé, à l’entame de mon éditorial. 
  
Pour relever ce défi, il faut résoudre l’équation de la réduction des dépenses publiques, dont le montant devra, de manière significative, se situer très en dessous des recettes, afin de sécréter des plus-values qui per- mettent à l’Etat de remplir pleinement ses trois missions essentielles : les fonctions d’allocation, de redistribution, et de stabilisation. 
  
Le Président Macky Sall a démontré que l’émergence est une volonté politique, articulée dans une doctrine, traduite dans un programme, soutenu par des orientations claires et précises. Nous devons absolument franchir le Rubicon du civisme fiscal, d’une manière individuelle et collective, afin d’accompagner le processus d’émergence de l’Afrique. Nous devons, avec fierté, payer nos impôts. 
  
Alléger le cannibalisme fiscal, qui influe négativement sur la croissance des entreprises et sur l’investissement direct étranger 
La logique de Vauban, qui a inspiré Laffer, est toujours valable : l’impôt trop faible handicape l’État, trop ́levé, il handicape l’économie. La courbe de Laffer consiste à rechercher l’optimum. Pour David Hamel (1711), l’impôt est une forme d’adversité qui encourage le travail. Je ne pense pas qu’en Afrique nous puissions connaître certaines formes d’impôts que l’Europe a connu, même si, du temps de la colonisation, le travail forcé et les prélèvements sur les récoltes étaient assimilables à des impôts. Ainsi, pour remplir le trésor déficitaire de son roi, Etienne de Silhouette (1709-1767), contrôleur général des finances de Louis XV, avait mis en place l’impôt sur les portes et sur les fenêtres. Au train où allaient les choses, les nobles ulcérés, craignaient que Silhouette finisse par mettre en place l’impôt sur l’air qu’ils respiraient. Ils faisaient donc des exercices de respiration, à titre préventif. Vespasien quant à lui, avait mis en place l’impôt sur l’urine. Inquiet de cette pratique, son fils Titus s’en étonna. Il lui répondit : «Pecunia non olet», l’argent n’a pas d’odeur. 
  
De fait, l’urine servait au traitement et au blanchiment des tissus, à la tannerie et à l’hygiène dentaire. Henry VIII avait instauré l’impôt sur la barbe. En Angleterre, Élisabeth Tudor (1533- 1603) avait instauré une taxe sur les barbes qui n’avaient pas été coupées depuis deux semaines, une taxe sur les cheminées, les portes et fenêtres était appliquée. En Angleterre toujours, en 1795, il existait un impôt sur les perruques et les poudres parfumées. 
  
En 1885, les Canadiens avaient appliqué la taxe sur les Chinois, qui participaient alors à la construction du grand réseau des chemins de fer, afin de réduire leur nombre dans le pays. Cette taxe fut supprimée en 1923. En Allemagne aujourd’hui encore, il existe, à Essen, une taxe de 20 euros sur le bronzage. Le Danemark a instauré, depuis 2011, l’impôt sur la graisse, pour réduire la consommation d’aliments favorisant l’obésité et les accidents cardiovasculaires. 
  
Le Sénégal a connu quatre bonnes réformes en matière de fiscalité, mais n’a pas encore atteint la pression fiscale de 20%. Beaucoup d’initiatives restent à prendre, pour alléger et éviter le cannibalisme fiscal, qui influe négativement sur la croissance des entreprises et sur l’investissement direct étranger. Prions Dieu, et ceignons-nous les reins, pour que l’Afrique ait sa Banque Centrale, sa monnaie, sa banque d’investissement, et son fonds monétaire, comme prévu dans les statuts de l’Union Africaine, et qu’elle devienne une des grandes locomotives de l’économie mondiale. 
  
En attendant, revenons au secteur de la pêche et de l’économie maritime, point nodal de ce point de vue, et qui est identifié, dans le PSE, comme un secteur prioritaire et stratégique.  Le poisson, qui est à la base de notre plat national, le Thiebou Djene, est une ressource très prisée par les Sénégalais, qui en consomment plus de 26 Kg par personne, et par an. 
  
Notre pays figure, en effet, parmi les plus grands consommateurs de poisson en Afrique, devant le Maroc (7,5kgs), la Mauritanie (10Kgs), la Tunisie (10,1Kgs). Ce niveau de consommation nous propulse également au-dessus de la moyenne mondiale.  La pêche est un secteur qui contribue significativement à la sécurité alimentaire de notre pays, en même temps qu’à la création d’emplois et de revenus, et par conséquent, à la lutte contre la pauvreté. Sous l’impulsion du Président Macky Sall, le secteur de la pêche a connu une vraie révolution. Le Ministre de la pêche et de l’économie maritime reviendra largement sur les performances de ce secteur, avant et depuis la mise en œuvre du PSE. Notre pays est bien doté par la nature, avec une façade maritime de 718 Km, riche d’une faune marine couplée à une biodiversité de zones hydrographiques, composée d’eau douce du fleuve Sénégal avec ses cinq affluents, et des fleuves Gambie, Sine Saloum et Casamance. 
  
La mondialisation de l’économie repose tout autant sur la révolution d’internet que sur l’aptitude des Etats à maîtriser les sillons maritimes et les interfaces portuaires. 
Le secteur de la pêche est le plus grand pourvoyeur de devises pour notre pays. Dans la période 2014-2018, il occupe le premier rang en termes de recettes d’exportation, avec une valeur ajoutée de 213 milliards de FCFA. En 2014, à la mise en œuvre du PSE, la valeur ajoutée de la pêche et de l’aquaculture était de 58 milliards de FCFA. Elle est passée à 242,2 milliards de FCFA en 2019, soit une progression de 318, 8 %. La pêche contribue à hauteur de 3, 2% du PIB national, et
de 12% du PIB du secteur primaire. 
  
Les acteurs de la pêche observent les perspectives avec beaucoup d’espérance. En effet, la mise en vigueur des accords avec la Mauritanie, qui pourraient être élargis dans la sous- région à des pays comme la Guinée- Bissau, a suscité de réels espoirs. Par ailleurs, l’atteinte des objectifs fixés dans le programme PSE-aquaculture pourrait participer à répondre grandement à la satisfaction de la demande intérieure, dans un contexte de surexploitation des produits halieutiques. Tous les indicateurs qui permettent d’apprécier positivement l’évolution du secteur ont été déclinés, aussi bien par le ministre en charge de ce secteur, que par les acteurs à qui nous avons donné la parole. 
  
Je n’y reviendrai donc pas. Ce qu’il faut retenir, est que tous les acteurs du secteur, que nous avons interrogés, ont le même sentiment : «Le Président Macky Sall a fait, pour nous, ce qu’aucun autre Président n’a fait». 
  
Une subvention de 20.000 moteurs, d’une valeur de 20 milliards de FCFA a, en effet, été accordée aux acteurs du secteur ; chaque année, le carburant est subventionné pour un montant de 8 milliards de FCFA ; les infrastructures ont été modernisées par la construction de multiples quais de pêche, des aires de transformation ont été rénovées, de nouveaux ports de pêche construits; une subvention de 20.000 gilets de sauvetage en moyenne est accordée par année, corrélée à un programme de géolocalisation des pirogues ; le parc frigorifique a été renforcé, avec 400 camions mis à la disposition des mareyeurs. 55 autres camions sont attendus. En 2018, pour confirmer l’impact positif du PSE, au travers des diverses mesures prises par le Président Sall en faveur des acteurs de la pêche, le ministre Oumar Guéye, alors en charge de la pêche et de l’économie maritime, relatait l’anecdote de ce pêcheur qui n’hésitait pas, fort de ses revenus, à acheter, au prix conséquent de 500.000 FCFA, son mouton de Tabaski. Le même phénomène d’accroissement substantiel de revenus est observé dans l’agriculture et l’élevage, à travers les études d’impact que nous avons réalisées. 
  
Au demeurant, plusieurs défis restent à être relevés et la crise de la COVID19 a encore exacerbé les priorités du secteur, mettant en exergue la pertinence des orientations du Président de la République. 
  
Par ailleurs, analysant le secteur, il est difficile de ne pas aborder le volet portuaire, qui est un axe fondamental de notre politique maritime, et qui figure parmi les priorités du chef de l’Etat. La mondialisation de l’économie repose tout autant sur la révolution d’internet que sur l’aptitude des Etats à maîtriser les sillons maritimes et les interfaces portuaires. Plus de 80% des échanges commerciaux planétaires s’effectuent, en effet, par voie maritime, et passent par les ports. Points de jonction entre terre et mer, passages obligés de l’essentiel des échanges internationaux de marchandises et de matières premières, terminaux de grandes voies mari- times et articulations du transport multimodal, les grands ports maritimes commandent la vie économique internationale. 
  
Cela a commencé avec les premiers comptoirs méditerranéens, il y a plus de 2000 ans (on dit même que les phéniciens ont créé Tyr et Sidon, 13 siècles avant Jésus Christ), et l’aven- ture continue avec les installations géantes actuelles de la Chine Continentale. Le Port de Dakar, que le Président Macky Sall m’a fait l’honneur de me confier, 5 années durant, fait partie des ports les plus importants d’Afrique de l’ouest. 
  
La gestion des ressources publiques: il serait désastreux que le Sénégal se retrouve un jour dans une situation d’importer du poisson pour nourrir sa population. 
En raison de nombreux enjeux économiques, stratégiques et sécuritaires auxquels les ports doivent faire face, de la multiplicité de leurs activités logistiques et commerciales, et des compétitions incessantes qu’ils se livrent, les grands ports maritimes doivent sans cesse adapter leur mode de gouvernance, non seulement aux règles et aux aléas de la mondialisation, mais aussi aux innovations du transport maritime. Au cours de ces dernières années, deux grandes ruptures technologiques ont révolutionné les ports : l’invention du conteneur, et le développement de l’informatique et de l’internet. 
  
C’est vers la fin des années 50 que le conteneur a été inventé par un transporteur routier américain. La généralisation du conteneur a fondamentalement bouleversé les transports maritimes et les ports. Il s’agit d’une boîte métallique standardisée, d’une longueur de 20 pieds (6,096 mètres), connue sous le sigle de EVP. Il s’en échange plus de 700 millions dans les ports, chaque année. A titre d’exemple, huit porte- conteneurs de 14000 pieds, avec un équipage de 200 hommes à bord, transportent autant de marchandises que 140 cargos des années 1960, avec 6500 marins à bord. Le marché de conteneurs concerne à présent plus de 3000 navires. Pour répondre à ce défi majeur, il a fallu transformer, de fond en comble, nos infrastructures portuaires, investir dans de nouveaux matériels, et avoir recours à un personnel très différent des simples dockers qu’on utilisait dans le passé. Le travail dans les ports se trouvait ainsi complètement changé, et l’activité se faisait désormais à flux tendu. 
  
La seconde rupture essentielle porte sur le développement de l’informa- tique et de l’internet, qui engage la dématérialisation des procédures de déclaration et l’instantanéité de la circulation de l’information entre les intervenants du transport maritime. Cette innovation fondamentale a accompagné de façon décisive une véritable révolution logistique. 
  
La rupture technologique, que représentent toutes les innovations liées à l’informatique et aux télécommunications : internet, les mobiles, l’internet des objets, le Big Data ou le Cloud Computing, touche directement et in- directement des activités qui reposaient essentiellement jusqu’alors sur la force de travail. L’image du docker, portant de lourdes charges, est encore présente dans tous les esprits, mais ce n’est plus vraiment la réalité des ports d’aujourd’hui. On peut affirmer que le fonctionnement actuel d’un port moderne est un bel exemple de rupture technologique, dans un secteur industriel traditionnel. 
  
Dans un port, tout repose, de nos jours, sur la rapidité et la synchronisation des opérations physiques et administratives, avec comme objectif ultime de réduire au maximum le temps d’immobilisation des navires ou des marchandises à quai. L’informatique est à tous les niveaux, chez le grutier qui décharge un conteneur, dans la logistique sur les quais, dans la gestion administrative et les rapports avec les services administra- tifs et fiscaux, dans la gestion importante des arrivées et départs des navires à distance, et dans leur sécurisation. 
  
Il faut, par ailleurs, sans cesse intégrer la taille de plus en plus importante des navires, et améliorer les systèmes d’information, afin de conserver un avantage compétitif, par rapport à ses concurrents. Partout dans le monde, on travaille aujourd’hui sur la conception du “port du futur”, dans laquelle l’automatisation des activités sera cruciale, la formation du personnel, une nécessité, la protection de l’environnement, une obligation, et la sécurité, un facteur clé de succès. C’est tenant compte de ces réa- lités et de cet environnement que j’ai dirigé le Port de Dakar, en impulsant avec rigueur et détermination les changements nécessaires, afin de mettre aux normes cet outil économique privilégié, et essentiel au développement de notre Nation, même si j’étais seul dans mon radeau pour traverser un océan truffé de vagues géantes et de requins blancs et noirs. Je vais conclure. 
  
La politique ambitieuse et prospective du Président Sall, de création de nouveaux ports générateurs de croissance pour notre pays, devrait être résolument prise en charge et concrétisée. 
La pêche fait partie des moteurs qui, avec la mise en œuvre du PSE, devront alimenter la transformation structurelle de notre pays. Le mode de gestion de nos ressources halieutiques et de leur environnement est une des priorités du Président Macky Sall. C’est dans ce cadre qu’il a insisté sur une nouvelle gouvernance de la pêche artisanale, industrielle et de l’aquaculture. 
  
En relation avec les acteurs du secteur, plusieurs défis devront être relevés : la stabilisation de la brèche de Saint-Louis, la poursuite de l’immatriculation des pirogues avec des plaques en aluminium, la finalisation de la mise aux normes de la filière de transformation (sites de débarque- ment, moyens de transport, embarcations, fabriques de glace, sites de transformation artisanale). 
  
Le maintien de l’agrément à l’exportation des produits de la pêche, la finalisation et l’adoption du projet de loi portant Code de la Pêche Continentale et son décret d’ application, l’adoption du Code de l’Aquaculture et son décret d’application, la finalisation et la mise en œuvre des pôles aquacoles, sont autant d’actions urgentes et essentielles, qui interpellent les Autorités et les acteurs du Secteur. 
  
Les signes de raretés notés dans nos ressources halieutiques doivent, en outre, nous amener à réfléchir, ensemble, sur la logique de Weber et ses œufs de poisson, mais aussi, sur les métaphores de Rousseau et Machiavel relatives à la gestion des ressources publiques. Il serait désastreux que le Séné- gal se retrouve un jour dans une situation d’importer du poisson pour nourrir sa population, faute de vigilance sur les modes d’exploitation de nos ressources halieutiques, ou par manque de surveillance des bateaux-usines qui pillent ces ressources. Nous devrons rendre compte de ce patrimoine aux générations futures. 
  
Par ailleurs, la politique ambitieuse et prospective du Président Sall, de création de nouveaux ports dédiés à des secteurs d’activités maritimes, générateurs de croissance et de richesses pour notre pays, devrait être résolument prise en charge et concrétisée. La pose de la première pierre du port multifonctionnel de NDayane et sa mise en activité, un projet phare du PSE, sera, sans conteste, un temps fort de la politique sectorielle initiée par le Président Macky Sall. 



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