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Patrimoine routier en péril : Découvrez les chiffres alarmants qui obligent le Sénégal à sévir contre les camions !


Rédigé le Jeudi 2 Juillet 2026 à 14:31 | Lu 67 fois | 0 commentaire(s)




Le ministère des Infrastructures a ouvert ce mardi à Dakar un atelier de sensibilisation crucial consacré à la mise en œuvre du règlement n°14/2005 de l'UEMOA. Ce texte communautaire régit le contrôle du gabarit, du poids et de la charge axiale des véhicules lourds de transport de marchandises. La rencontre, qui a réuni transporteurs, forces de défense et de sécurité, organisations professionnelles et partenaires techniques, a pour objectif de jeter les bases d'une feuille de route nationale contraignante pour la période 2026-2027.

Un bitume sénégalais gravement menacé par les hors-normes

Les statistiques dévoilées lors de cette séance de travail interpellent. En avril 2026, une campagne de contrôle sur un échantillon de 148 camions a révélé que la moitié d'entre eux dépassait le tonnage autorisé, et ce, malgré l'application de la tolérance actuelle de 5 %. Sans cette marge de souplesse, c'est près de 85 % des véhicules lourds qui circuleraient en toute illégalité.

Cette surcharge chronique accélère de manière dramatique la détérioration des infrastructures routières financées à coups de milliards par le contribuable. Entre 2022 et 2023, le taux de dégradation du réseau routier communautaire a ainsi bondi de 32 %. Pour rappel, le règlement n°14 de l'UEMOA fixe la charge maximale à l'essieu à 11,5 tonnes et le poids total autorisé en charge (PTAC) à 51 tonnes, des seuils dont le non-respect prévoit des sanctions pécuniaires et administratives sévères.

Le Sénégal, « bon élève » mais encore loin du compte

Avec 24 postes de pesage fixes opérationnels et plusieurs brigades mobiles déployées sur les principaux corridors, le Sénégal dispose du maillage de contrôle le plus dense et le plus performant de l'espace sous-régional. Les conclusions de la réunion d'experts de l'UEMOA tenue à Bamako en novembre 2024 ont d'ailleurs confirmé qu'aucun État membre n'applique encore de manière intégrale le règlement. Une situation qui place, par défaut, le Sénégal en position de référence.

Cependant, le tableau est loin d'être parfait. Le Sénégal applique toujours une tolérance technique de 5 %, alors que la dernière déclaration ministérielle de l'UEMOA exige une politique de « tolérance 0 % ». De plus, les amendes forfaitaires actuelles, qui oscillent entre 10 000 et 30 000 francs CFA par tonne de surcharge, restent bien en deçà du barème dissuasif communautaire. Enfin, plusieurs plateformes privées de chargement (mines, usines, ports) échappent encore aux mailles du filet.

Des discussions en cinq thématiques

Les travaux de l'atelier se sont articulés autour de cinq axes majeurs : le passage de la tolérance actuelle à 0 %, les modalités d'application des sanctions, la généralisation du pesage, l'interconnexion des postes de contrôle et la mise en conformité des plateformes de chargement.

Les conclusions issues de ces panels vont alimenter la future feuille de route nationale, qui sera soumise pour validation au Comité national de suivi de la mise en œuvre du règlement 14 de l'UEMOA au Sénégal. En clôture, l'autorité ministérielle a tenu à rassurer les acteurs économiques : cette démarche ne vise en aucun cas à pénaliser les transporteurs, mais s'inscrit dans une dynamique de préservation du patrimoine routier national et de garantie d'une concurrence saine et équitable entre tous les opérateurs.



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