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Mort du PRES », déficit record et familles en crise : Le coup de semonce d’Aïssata Tall Sall au pouvoir


Rédigé le Vendredi 6 Novembre 2026 à 12:10 | Lu 67 fois | 0 commentaire(s)



Déficit budgétaire record à 7,6 %, mort clinique du Plan de redressement et « sabordage » du débat parlementaire. Face aux médias ce jeudi 5 novembre au siège de l'APR, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Aïssata Tall Sall, a dressé un réquisitoire au vitriole contre la gestion économique du pouvoir actuel. De la violation des critères de l'UEMOA au refus de la majorité de débattre de la LFR 2026 à l'Assemblée, l'ancienne garde des Sceaux alerte sur les répercussions dramatiques de cette crise financière pour les familles et le tissu économique sénégalais.


C'est une véritable charge à 360 degrés contre la politique budgétaire et économique du gouvernement à laquelle s'est livrée la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal. Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi 5 novembre 2026 au siège de l’Alliance pour la République (APR), l’ancienne ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall, s'est employée à décortiquer les failles du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, dénonçant tout à la fois des dérapages macroéconomiques hors normes, un échec industriel des plans de relance et une dérive des procédures parlementaires.

​Premier angle d'attaque du groupe d'opposition : le projet d'un prétendu redressement économique. Présenté par l'Exécutif comme un levier stratégique, le Plan de redressement économique et social (PRES) est désormais considéré par l'ancienne garde des Sceaux comme un programme à l'agonie. Données financières à l'appui, elle a rappelé que les projections initiales misaient sur la mobilisation de plus de 700 milliards de francs CFA, alors que les recettes effectivement encaissées peinent à atteindre environ 170 milliards de francs CFA. Pointant ce gouffre abyssal entre les promesses affichées et la réalité des caisses de l'État, la cheffe de file parlementaire a tranché sans détour : « Ce projet de loi de finances rectificative a consacré quelque chose : c'est la mort du PRES ».

​Au-delà de l'essoufflement des mécanismes de financement du PRES, Aïssata Tall Sall a tiré la sonnette d'alarme sur l'état de dégradation des équilibres fondamentaux de l'économie sénégalaise. Elle a révélé que le déficit budgétaire du pays, initialement projeté à un niveau maîtrisé de 3,4 %, a subitement bondi pour s'établir désormais à 7,6 % dans les dernières prévisions. Une trajectoire financière qui pulvérise le plafond maximal de 3 % prescrit par les critères de convergence de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). « On est allègrement à 7,6 % », a-t-elle alerté devant la presse, soulignant que cette détérioration vertigineuse compromet gravement la crédibilité financière du Sénégal auprès des partenaires internationaux.

​Sur le terrain du fonctionnement démocratique, la présidente de Takku Wallu Sénégal n'a pas ménagé les députés de la majorité Pastef suite au rejet du texte survenu le 3 novembre dernier à l'Assemblée nationale. En faisant adopter une question préalable par 101 voix contre 23 abstentions, la majorité a étouffé tout débat général avant même l'examen au fond du document en séance plénière. Évoquant une entorse grave à la mission d'évaluation des parlementaires, l'ancienne ministre a fustigé un précédent inédit : « Pour la première fois, une loi de finances rectificative a été rejetée avant même d'avoir été distribuée ». Elle déplore l'amputation d'un débat contradictoire indispensable au contrôle républicain de l'argent public, particulièrement dans un contexte d'austérité.

​Enfin, pour la responsable parlementaire, la crise budgétaire ne saurait se résumer à des batailles d'experts ou à des calculs d'appareils. Derrière l'alignement des chiffres et des milliards de francs CFA se jouent le quotidien et la survie de millions de citoyens. Évoquant le drame des entreprises en faillite, l'oisiveté des jeunes en quête d'emploi, le calvaire des populations rurales privées de forages ou de salles de classe et la précarité des ménages face aux délestages électriques, Aïssata Tall Sall a appelé à replacer l'humain au centre des arbitrages nationaux : « Derrière ces chiffres, il y a des entreprises en difficulté qui souffrent. Derrière ces chiffres, il y a des familles qui sont dans le besoin et qui attendent ».



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