Le football sénégalais retient son souffle. Ce vendredi, à 19 h 00, c'est sur la pelouse du BMO Field de Toronto, au Canada, que l'équipe nationale du Sénégal joue sa survie dans cette Coupe du monde 2026 face à l'Irak. Pour les Lions, l’équation est désormais d'une simplicité biblique et d'une cruauté absolue : la victoire ou la mort sportive. Une défaite ou un match nul ce soir signifierait l’élimination directe et un retour prématuré à Dakar. Alors que le peuple sénégalais rêve encore d'une miraculeuse « remontada » pour arracher une place de meilleur troisième, une question hante tous les esprits : les Lions sont-ils secrètement guettés par le traumatisme de Bata ?
Le fantôme de 2012 : le traumatisme de Bata
Pour comprendre l'angoisse qui entoure ce match, il faut remonter quatorze ans en arrière, lors de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2012 coorganisée par la Guinée Équatoriale et le Gabon. À l'époque, la sélection dirigée par Amara Traoré s'était présentée en favorite, forte d'une ligne d'attaque terrifiante qui faisait trembler l'Europe entière : Demba Ba, Moussa Sow, Papiss Demba Cissé, mais aussi Mamadou Niang ou Dame Ndoye.
Pourtant, dans la ville équato-guinéenne de Bata, le rêve s'était brisé net pour se transformer en l'un des plus grands fiascos de l'histoire du football national. Les Lions avaient sombré corps et âme, alignant trois défaites consécutives sur le score identique de 2 buts à 1 face à la Zambie (1-2), à la Guinée Équatoriale (1-2) et à la Libye (1-2). Aujourd'hui, après la douloureuse défaite concédée sur le fil face à la Norvège (2-3), la peur de revivre une telle désillusion face à l'Irak est bien réelle.
Pape Thiaw et Ismaïla Jakobs sonnent la révolte
Face à ce vent de panique et au scepticisme ambiant, le staff technique et les joueurs ont choisi de faire bloc. Présents en conférence de presse à la veille de ce choc, le sélectionneur Pape Thiaw et le défenseur Ismaïla Jakobs ont affiché une détermination sans faille et un optimisme résolu, refusant de céder à la fatalité.
Conscient que le Sénégal joue sa tête, Pape Thiaw a assumé ses responsabilités managériales tout en qualifiant cette rencontre de « finale ». Le technicien refuse de chercher des excuses : « Cette défaite a été difficile à accepter, mais elle renforce notre envie de réagir. Nous sommes déterminés à battre l’Irak pour décrocher notre qualification pour le prochain tour ».
Pour y parvenir, il en appelle à l'orgueil de son groupe : « C’est important, aussi bien sur le plan tactique, de mon côté, que dans l’attitude et l’engagement des joueurs. Tout le monde doit se remettre en question pour rebondir ».
De son côté, le latéral gauche Ismaïla Jakobs a mis en avant le vécu et la maturité de la tanière pour apprivoiser la peur. Pour lui, la pression doit être un carburant, pas un frein : « Il y a forcément de la pression, parce qu’en cas de défaite, nous serons éliminés. Mais je pense que tout le monde dans ce groupe sait gérer ce type de contexte ».
Le défenseur a d'ailleurs rappelé les précédentes batailles psychologiques menées par cette génération : « Nous avons déjà vécu cela, notamment lors de la CAN au Maroc ou dans d’autres matches à fort enjeu. Il faut accepter cette pression et y répondre sur le terrain ».
Une quête rendue encore plus difficile par les résultats d'hier
Sur le plan de l'effectif, le Sénégal devra malheureusement composer sans son ultime rempart, Édouard Mendy, officiellement forfait pour cette bataille. Une mauvaise nouvelle qui s'ajoute à un scénario global devenu encore plus complexe : les résultats des rencontres disputées hier dans les autres groupes n'ont pas du tout été favorables aux Lions dans leur quête d'une place parmi les meilleurs troisièmes de la compétition.
La marge d'erreur est désormais nulle. Pour s'éviter un nouveau « Bata » et s'offrir le droit de continuer à vibrer dans ce Mondial, les Lions devront impérativement terrasser des Irakiens disciplinés et redoutables. Le coup d'envoi est prévu à 19 h 00 à Toronto. Place au jeu, place au cœur.








