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Maroc : «perpétuité», «10 ans»… le cauchemar des Sénégalais condamnés à de longues peines de prison


Rédigé le Lundi 21 Septembre 2026 à 08:59 | Lu 51 fois | 0 commentaire(s)




Libération se penche sur la situation de nombreux Sénégalais détenus au Maroc pour des faits liés à l’émigration irrégulière. Réuni au sein d’un collectif regroupant plus de 80 familles, leurs proches réclament l’application de la convention judiciaire signée entre le Sénégal et le Maroc, ainsi que le transfèrement des détenus au Sénégal.

Des peines allant jusqu’à la perpétuité

Le journal rapporte plusieurs témoignages de familles confrontées à de lourdes condamnations. Seynabou Dieng affirme que son mari, Assane Gaye, et le frère de celui-ci, Moussa Fall, ont été condamnés à « la prison à perpétuité » depuis deux ans. « Je n’ai plus rien et j’ai dû retourner chez ma propre famille », déplore-t-elle.

Ndeye Khady Sow raconte, pour sa part, que son fils aîné, Mohamed Niang, arrêté le 9 octobre 2023, a été condamné à « 10 ans de prison ».

Des familles confrontées au désarroi et aux difficultés financières

À Kaolack, Idrissa Thiam témoigne du cas de son neveu El Hadji Maguette Guèye. Il explique que ce dernier avait aidé les capitaines de la pirogue lorsque le moteur rencontrait des difficultés. Il aurait démonté une bougie, l’aurait nettoyée avant de la remonter, permettant ainsi à l’embarcation de poursuivre sa route. Ses vêtements ayant été tachés d’essence, il aurait ensuite été accusé d’être le convoyeur par les garde-côtes marocains. « Il n’avait même pas fait 10 jours au Maroc. Il voulait aller en Espagne, mais on l’a accusé d’être un convoyeur avant de l’envoyer en prison pour 10 ans », affirme son oncle.

D’autres familles racontent des situations similaires. Rouguiatou Baldé dit avoir passé « un an sans aucune nouvelle » de son frère Mohamed Diop, avant de découvrir qu’il était détenu au Maroc. Adama Mbengue, président du collectif, évoque également le cas de son fils, le lutteur Amanékh 2, condamné à « 10 ans de prison ».

À ces lourdes peines s’ajoutent les difficultés financières. Fatou Sène affirme que son fils, récemment condamné à dix ans, doit, comme d’autres détenus, verser l’équivalent de « 3 millions de FCFA » pour obtenir sa libération. « Ces jeunes sont épuisés, et le traitement qu’ils subissent est inhumain », déplore-t-elle.

Les familles interpellent Diomaye Faye

Face à cette situation, les familles demandent l’intervention directe du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, auprès des autorités marocaines. Elles sollicitent l’application de la convention de transfèrement afin de permettre aux détenus de « regagner le pays ».



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