L’indépendance de la justice ne doit pas seulement être un principe constitutionnel, elle doit se traduire dans les faits. C’est le message central porté par le Directeur général du Centre de formation judiciaire (CFJ), Souleymane Teliko, à l’occasion de la cérémonie de remise de diplômes de la 20ᵉ promotion des auditeurs de justice (2024-2026) ce mardi au palais de la République.
Devant les plus hautes autorités notamment le chef de l’État, les magistrats, les enseignants et les familles des récipiendaires, M. Teliko a rappelé que «les institutions ne vivent que par les usages qui les accompagnent», reprenant la célèbre formule du constitutionnaliste Georges Vedel pour saluer l’organisation de cette cérémonie, qu’il considère comme un symbole du respect des traditions républicaines et de l’attachement aux institutions judiciaires.
La cérémonie a consacré la sortie de 35 nouveaux magistrats, désormais aptes à exercer leurs fonctions après deux années de formation. À leur adresse, Souleymane Teliko a salué leur engagement et leur rigueur, les invitant à devenir «les bâtisseurs de la justice» et à servir avec intégrité l’État de droit et la République.
Dans son développement consacré au thème «L’indépendance de la justice, fondement de l’État de droit», Souleymane Teliko a rappelé que l’indépendance de la justice constitue la pierre angulaire des démocraties modernes. S’appuyant sur les enseignements de Montesquieu, de Duguit et sur la Constitution sénégalaise, il a soutenu que l’État de droit ne peut être garanti sans une justice libre de toute influence.
Évoquant le contexte national, il a cité la décision rendue le 15 février 2024 par le juge constitutionnel, qui avait réaffirmé la primauté de la Constitution face au projet de report de l’élection présidentielle, illustrant ainsi le rôle essentiel de la justice dans la préservation des principes démocratiques.
Souleymane Teliko a toutefois estimé que des réformes demeurent nécessaires pour consolider cette indépendance. Il a notamment plaidé pour un renforcement des garanties statutaires des magistrats, une plus grande autonomie budgétaire des juridictions et une réforme du Conseil supérieur de la magistrature afin qu’il dispose de véritables pouvoirs de proposition et de décision.
Selon lui, ces évolutions permettraient de renforcer la confiance des citoyens dans leur justice et d’approfondir durablement l’État de droit.
Le Directeur général du Centre de formation judiciaire a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes sans renier les acquis de la justice sénégalaise, reconnue pour son professionnalisme sur le continent africain. Citant Jean Jaurès, il a lancé un appel à faire évoluer l’institution judiciaire pour qu’elle demeure fidèle à sa vocation.








