Tu détruis. Tu répares". L'ex-Premier ministre français Dominique de Villepin a plaidé dimanche pour un mécanisme onusien qui obligerait les pays à l'origine de guerres "illégales" à verser des réparations financières, à la lumière des hostilités engagées par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran.
"Ma proposition, c'est que désormais, nous devrions prévoir à travers une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies, puisque le Conseil de sécurité est bloqué, un principe de réparation", a-t-il déclaré sur BFMTV.
"Tout pays qui s'engage dans une intervention illégitime, illégale, doit payer le prix de la reconstruction de ce qu'il a cassé. Tu détruis, tu répares", a-t-il lancé, estimant que les décisions de Donald Trump et Benjamin Netanyahu devaient avoir des "conséquences sonnantes et trébuchantes".
Dominique de Villepin qui, comme ministre des Affaires étrangères, porta en 2003 à l'ONU le non de la France à la guerre des Etats-Unis en Irak, a également estimé que des sanctions devaient être envisagées contre Israël qui, en réponse à des tirs du Hezbollah, a élargi son offensive au Liban.
"Il y a des sanctions économiques possibles, il y a des sanctions politiques possibles", a-t-il déclaré, tout en pointant aussi des responsabilités du côté du gouvernement libanais et du Hezbollah lui-même.
Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à l'élection présidentielle de 2027, a estimé que la France n'était pas assez active pour mobiliser l'Union européenne sur le dossier libanais et plus largement sur ce conflit au Moyen-Orient.
"La France est en train de rater le coche, de rater l'Histoire", a-t-il estimé, jugeant que le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, "sauve l'honneur de l'Europe" en refusant que les Etats-Unis utilisent ses bases pour attaquer l'Iran.
L'ancien diplomate au verbe tranchant a gagné du terrain au sein du paysage politique français après une série de déclarations très critiques sur l'offensive du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Gaza.
"Nous sommes devant un plan israélien (...). Après la réoccupation de Gaza, la deuxième étape sera la déportation. L'objectif politique de Benjamin Netanyahu et de son gouvernement, c'est la déportation de la population de Gaza, ce qui est la marque d'une épuration ethnique, d'un nettoyage territorial", avait-il notamment dénoncé l'année passée sur la radio Franceinfo.








