La Brigade de recherches (BR) de la gendarmerie de Saraya a interpellé sept personnes, dont six ressortissants chinois, sur un site d'orpaillage de Kharakhéna. Il s'agit de M. KA, L. TONG, P. ZHENGHUA, Y. QIAN, L. ZHI, Y. KAI et L. GUO FEI. Ils ont été déférés le 14 octobre 2026 devant le procureur de la République de Kédougou, pour association de malfaiteurs, exploitation illicite de ressources minières et dégradation des sols.
Tout est parti d'un informateur, qui a signalé à la BR qu'une entreprise chinoise exploitait clandestinement un périmètre proche de Kharakhéna, localité réputée être une plaque tournante de ces pratiques. Selon lui, le site avait subi une dégradation très avancée, susceptible d'affecter considérablement l'environnement.
Les gendarmes se sont d'abord déployés dans un secteur ciblé pour se renseigner sur cette pratique devenue récurrente. Les recoupements ont montré qu'une société chinoise exploitait, sans autorisation valide, un terrain de cinquante hectares.
L'exploitation est semi-mécanisée : des engins légers et moyens (excavatrices, chargeuses, concasseurs, tables à secousses) y travaillent avec une main-d'œuvre locale, logée sur place dans des cases de fortune.
Le 12 octobre 2026, les enquêteurs se sont rendus sur les lieux. Ils y ont trouvé la société JINWANG MINING SUARL en pleine activité, dirigée par six ressortissants chinois. A. TOURE a été requis comme interprète et a signé la réquisition à personne qualifiée.
Après avoir décliné leur identité et leur qualité, les officiers de police judiciaire ont identifié le responsable des lieux, L. TONG, et lui ont demandé, par l'intermédiaire de l'interprète, les documents relatifs à l'exploitation. Les enquêteurs disent avoir constaté avec surprise que l'arrêté ministériel présenté par la société était expiré.
La société avait bien déposé une demande de renouvellement auprès du ministère chargé des Mines et de la Géologie, mais celle-ci n'avait pas abouti. Le 10 septembre 2026, par lettre n° (…), le directeur régional des mines lui avait enjoint d'arrêter immédiatement ses activités. La suspension devait durer jusqu'à l'obtention d'un nouvel arrêté et au règlement du différend avec la société Boya S.A. Les mis en cause ont ignoré cette injonction, ce que les enquêteurs qualifient de défiance envers l'autorité administrative. Selon des sources de Seneweb, seule l'arrivée des gendarmes a interrompu les travaux.
Le périmètre avait été attribué au GIE Kédougou Dental GOLD, dont M. KA est le propriétaire. Il l'avait mis à la disposition de la société chinoise dans le cadre d'un contrat.
D'après l'enquête, l'association de malfaiteurs est caractérisée : les mis en cause ont créé une société et contracté avec M. KA, puis ont continué à exploiter le site en connaissance de cause. Nos sources rappellent que toute extraction de minerais sans autorisation de l'État viole les lois minières, foncières ou environnementales, et que l'ordre de suspension du directeur des mines de Kédougou, adressé à M. KA, est resté sans effet.
Sur la dégradation des sols, le dossier souligne que l'orpaillage, industriel ou artisanal, entraîne une dégradation profonde et souvent irréversible. Le défrichage massif et l'abattage des arbres suppriment la couche protectrice de la terre et exposent le sol aux intempéries.
Les gendarmes ont saisi 23 042 500 francs CFA, 684,9 g d'or, 237 g de poudre de traitement d'or, 460,9 g d'un produit non identifié et deux seaux de sable de minerai en cours de traitement. Ils ont également saisi du matériel : trois pelles hydrauliques SANY SY365H, un chargeur LIUGONG 856V, un groupe aspirateur, deux petits groupes électrogènes et trois citernes, dont une vide et deux remplies de gasoil. S'y ajoutent trois véhicules Toyota, dont un en panne, trois réfrigérateurs, trente seaux d'huile, onze filtres à huile moteur, dix filtres à huile et deux filtres à machine.
Les sommes, l'or, la poudre, le produit non identifié, les seaux d'huile, les filtres et les seaux de sable ont été placés sous scellés numérotés de 1 à 9. Le véhicule est sous scellé n° 10, tandis que le Toyota est mis à la disposition de l'unité dans l'attente d'une décision du tribunal. Les engins, le groupe aspirateur, les groupes électrogènes et les citernes, d'une valeur de trente millions, ont été confiés à la société de gardiennage Africa Trading Société (ATS), recrutée par l'entreprise et représentée par I. TOURE.
Au terme de l'enquête, les gendarmes ont conclu que les indices graves et concordants justifiaient l'arrestation des sept mis en cause. Ils ont été présentés le 14 octobre 2026 au procureur de la République de Kédougou.








