Le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), longtemps entouré de zones d’ombre et de soupçons persistants, semble entrer dans une phase décisive. Le Directeur général de l’institution, Jean Michel Sène, a lui-même annoncé sur les réseaux sociaux sa convocation par les gendarmes de la Section de Recherches. Cette annonce marque un tournant majeur dans ce qui est considéré comme l’un des plus grands scandales de gestion des finances publiques sous le nouveau régime.
Jean Michel Sène a accueilli cette nouvelle avec une sérénité affichée. Rappelant avoir présenté des « éléments factuels » lors de sa conférence de presse du 1er avril dernier, il a affirmé que cette saisine de la justice est précisément ce qu'il a « toujours appelé de ses vœux ». Le DG s'est dit prêt à collaborer pleinement : « Je leur ai ainsi signifié ma disponibilité pour donner toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il posté, tout en prévenant que « le temps des politiciens sans véritable discours, qui tentaient de s’agripper à ce dossier, touche bientôt à sa fin ».
Depuis plusieurs mois, les alertes et les plaintes se sont multipliées autour de ce projet d’électrification rurale financé à hauteur de 37 milliards de francs CFA. Les Sénégalais espèrent désormais être édifiés sur l’utilisation effective de ces fonds censés transformer le quotidien de milliers de citoyens. Qui a réellement bénéficié de ces financements ? Quels travaux ont été concrètement réalisés sur le terrain ? Et surtout, pourquoi certaines localités restent-elles encore dans l’obscurité malgré les montants colossaux engagés ?
Un autre point troublant du dossier réside dans l’absence remarquée de la société AEE Power et de son gestionnaire dans l’exécution visible des projets. Pourtant acteurs clés de certains marchés, l’entreprise espagnole et son patron sont aujourd’hui au cœur des interrogations. Leur rôle exact, leurs engagements contractuels et leur niveau d’implication réelle devront être clarifiés par les enquêteurs de la Section de Recherches, réputés pour traiter les affaires les plus complexes.
Cette convocation représente un immense espoir pour l'opinion publique : celui de voir enfin la vérité émerger. Les citoyens attendent des réponses claires, des responsabilités établies et, le cas échéant, des sanctions à la hauteur des faits. Au-delà des chiffres, c’est la confiance des Sénégalais dans la gestion des ressources publiques qui se joue dans ce dossier brûlant.








