Face à la recrudescence des troubles psychologiques en milieu scolaire, notamment dans le département de Bounkiling (région de Sédhiou), des foras de sensibilisation sont en cours dans les communes de Bounkiling et Médina Wandifa. L'objectif est d'outiller les populations, et particulièrement les groupements de femmes des deux communes, sur les techniques préventives en matière de santé mentale.
Thierno Diop, président du gouvernement scolaire du lycée de Bounkiling, a livré un témoignage poignant sur la rupture générationnelle, expliquant que les élèves vivent dans la peur de leurs parents, préférant confier leurs soucis à leurs professeurs plutôt qu'au cercle familial. À ce titre, il appelle à une reprise du dialogue pour briser l'isolement affectif des jeunes. Grâce aux échanges initiés, il affirme être désormais capable de mieux gérer ses émotions et de contenir ses difficultés personnelles.
Abdoulaye Coly, psychologue conseiller et directeur du CAOSP de Sédhiou, souligne que la santé mentale est une responsabilité partagée entre l'école et la communauté. Il explique que la communication actuelle est souvent limitée à des ordres ou des menaces, ce qui nuit au bien-être des enfants. C'est pourquoi, tout au long des échanges qu'il a managés autour de la compréhension des signes de dépression, de la gestion des émotions et de l'adoption d'une posture de résilience, il préconise une écoute attentive et un temps d'échange de qualité d'environ trois heures par jour entre parents et enfants pour instaurer un climat de confiance.
Pour Chérif Diao, responsable du projet Enda Jeunesse Action à Bounkiling, l'objectif est de transformer les groupements de femmes en véritables actrices de la prévention. Il s'agira, à l'en croire, de former ces femmes mais aussi les autorités locales à la santé mentale positive et à la gestion du stress. Pour lui, le rôle des mères de famille est primordial puisqu'elles sont les plus impliquées dans l'éducation. « Les femmes doivent devenir des relais communautaires pour fluidifier la communication mère-enfant et père-enfant », a-t-il souligné.
Le premier magistrat de la commune de Médina Wandifa a, de son côté, réitéré que la mission première des parents est de mettre l'enfant en confiance afin de lui garantir des conditions d'études optimales.








