Le Sénégal enregistre des avancées significatives dans la prise en charge du diabète chez l'enfant. En l'espace de sept ans, le nombre d'enfants suivis en diabétologie est passé de 250 en 2018 à plus de 1 736 sur l'ensemble du territoire national. Une progression qui reflète avant tout l'amélioration du dépistage et de la prise en charge, selon le professeur Babacar Niang, président du comité scientifique du congrès conjoint de la Société sénégalaise de pédiatrie (SOSEPED) et de la Société africaine d'endocrinologie pédiatrique.
​Intervenant en marge du 12e congrès national de la SOSEPED, couplé au 17e congrès de la Société africaine d'endocrinologie pédiatrique, organisé du 15 au 17 juillet 2026 à Dakar autour du thème « Endocrinologie, diabétologie et pédiatrie générale : enjeux actuels et défis futurs pour la santé des enfants africains », le spécialiste a précisé que cette hausse ne signifie pas une explosion de la maladie.
​« En 2018, nous ne comptabilisions que 250 enfants vivant avec le diabète. Aujourd'hui, ils sont plus de 1 736 à être suivis. Cela signifie que de nombreux enfants souffraient de cette maladie sans être diagnostiqués », a expliqué le professeur Niang.
​Un défi persistant : deux enfants sur trois non diagnostiqués
​Malgré ces progrès, le défi reste immense. Selon des études récentes citées par le pédiatre, deux enfants diabétiques sur trois au Sénégal ne sont toujours pas diagnostiqués. Une situation liée au manque de professionnels formés et à un accès encore insuffisant aux soins spécialisés.
​Le professeur Niang a rappelé que le diabète de l'enfant constitue une urgence médicale. Sans diagnostic précoce ni traitement adapté, cette maladie peut rapidement mettre la vie de l'enfant en danger. Il a ainsi salué les efforts consentis par le ministère de la Santé et ses partenaires pour renforcer le dépistage et décentraliser les services de prise en charge.
​Au-delà du diabète, le spécialiste a attiré l'attention sur d'autres pathologies endocriniennes pédiatriques, notamment les troubles de la croissance, les maladies de la thyroïde, les anomalies de la puberté ainsi que les troubles du développement génital, qui nécessitent un diagnostic et une prise en charge précoces.
​Vers une décentralisation des spécialistes dans les 14 régions
​Le Sénégal a également réalisé des progrès notables en matière de ressources humaines. Alors qu'il ne comptait qu'un seul endocrinologue pédiatre il y a une quinzaine d'années, le pays dispose désormais de sept spécialistes, auxquels s'ajoutent des médecins en cours de formation grâce au master d'endocrinologie pédiatrique de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, ouvert aux professionnels de toute l'Afrique francophone.
​À terme, les autorités sanitaires ambitionnent de doter chacune des 14 régions du Sénégal d'au moins un endocrinologue pédiatre et de structures équipées afin d'améliorer durablement le diagnostic, le suivi et la prise en charge des maladies endocriniennes chez les enfants.








