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Covid-19 et Couvre-feu: les « Thiaga » en chômage technique, demandent le soutien de l’Etat


Rédigé le Jeudi 26 Mars 2020 à 18:08 | Lu 144 fois | 0 commentaire(s)




Covid-19 et Couvre-feu: les « Thiaga » en chômage technique, demandent le soutien de l’Etat

L’apparition du coronavirus a pratiquement mis au ralenti tous les secteurs de la vie économique et sociale du pays en plus d’avoir changé certaines habitudes. Ceux qui s’activent dans le plus vieux métier du monde en subissent les contrecoups avec l’état d’urgence et le couvrefeu instaurés par le Chef de l’Etat sur le territoire Sénégalais en vue de contrecarrer la propagation de la pandémie. Ces travailleuses de la nuit traversent actuellement une période difficile faute de clients, lesquels sont confinés. Les bars, dancings et trottoirs, lieux de racolage, quadrillés par la police. Quelques-unes d’entre elles sous le couvert de l’anonymat se confient.

 L’épidémie du Coronavirus n’a pas seulement mis en chômage les travailleurs, commerçants du secteur informel et autres. Les prostituées et les « Mbaaraneuses » sont également en chômage. Rien ne marche pour elles. Les clients et autres mecs à déplumer ont fondu dans la nature à cause du coronavirus. Et les choses se sont beaucoup plus compliquées avec le couvre-feu instauré depuis lundi dans la soirée. Plus personne n’ose circuler dans les rues de Dakar au-delà de 20 heures. Ce qui fait que les trottoirs sont déserts et les belles de nuit ne pouvant plus s’exposer.

Aicha T. est justement l’une de ces jeunes femmes qui a choisi le commerce du sexe. Elle le pratique depuis l’adolescence, malgré qu’elle ait maintenant la quarantaine. « Ces temps-ci, les  choses  ne  marchent  plus  pour  nous  à cause du Covid. Tous les clients qui venaient me  voir    pour  solliciter  mes  services  ont fondu dans la nature. Ils refusent même de répondre à mes appels. Actuellement, je suis complètement fauchée et  je n’ai rien pour subvenir  à mes besoins et ceux de mes 4 enfants    que  je  dois  nourrir.  Je  suis  obligée d’emprunter  de  l’argent  à  un  de mes  voisins», a-t-elle dit.

Selon elle, l’apparition du coronavirus a eu beaucoup de conséquences sur son travail dès lors qu’elle pouvait se retrouver avec 60 000 FCFA ou plus par jour. Et avec la présence du Covid où chacun cherche à se prémunir, elle peut rester tout une journée sans avoir la somme de 1000 FCFA. N’ayant que ce métier pour nourrir sa famille, elle reste stoïque à la maison, priant que l’épidémie disparaisse le plus rapidement possible pour que les choses redeviennent à la normale et que son business recommence à marcher.

Notre saison a fermé 
« Souniou saison Teudj naa, ndlr : ‘’notre saison fermé’’, a affirmé une autre prostituée du nom de Sonia B. appelant le Président Sall à les mettre dans le lot des familles démunies à soutenir. « Les clients ne viennent plus  à cause de cette pandémie du Covid 19. Et on ne peut plus fréquenter les bars, dancings et autres endroits qui sont fermés. Les trottoirs non plus à cause du couvre-feu » raconte cette belle nymphe qui dit vivre de la prostitution. Son inquiétude, c’est également de ne plus pouvoir payer son studio. « On ne sait plus à quel saint se vouer. Nous traversons des périodes difficiles,  car  nous  sommes  en  chômage technique.  N’eussent été les quelques économies que j’avais mis de côté pour épargner,  cette  période  de  crise  serait  très difficile pour moi et pour toute ma famille dont j’ai  la charge », murmure-t-elle.

« Je continue toujours à recevoir mes clients » 
Contrairement à ses autres collègues, Maty, K. continue toujours de recevoir sa fidèle clientèle. «  Le  Covid  19  ne  peut  pas m’empêcher  de  travailler  car  c’est  mon gagne-pain.  Tout ce que j’ai réalisé dans la vie, je l’ai eu en vendant mon magnifique corps », a-t-elle déclaré sans gêne. Avant d’indiquer : « mes fidèles clients viennent me voir dans mon appartement  où  je  reçois comme d’habitude. Mais comme tous les Sénégalais, je respecte les mesures d’hygiène en me lavant bien les mains, en y mettant les solutions hydro alcoolisée.  Cette  disposition est également  valable  pour mes visiteurs. Et  après chaque  contact avec un client, je prends le soin de bien me nettoyer par mesure d’hygiène », a-t-elle conclu. Racky, sans être une prostituée se désole qu’elle ne voit plus les nombreux hommes qui lui rendaient visite depuis la présence du Covid -19 sur nos murs. Certains ne font qu’appeler. Et depuis l’annonce du couvre – feu, « certains  hommes que    je  recevais  souvent    dans    la  soirée m’ont  clairement    dit    qu’ils  ne    pourront plus venir.  D’autres  m’ont  même  prié  de ne  plus essayer de les  joindre », fait -elle savoir, dépitée de ne plus avoir de mecs à déplumer. Ça aussi, c’est le coup fumant du méchant Covid -19.

Le Témoin



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