Officiellement installé à la tête de la Cour des comptes, Abdoul Magib Guèye a dévoilé une feuille de route destinée à moderniser l'institution et à renforcer son rôle dans le contrôle des finances publiques. Dans les colonnes de L'Observateur, le nouveau Premier président ambitionne de rendre la Cour plus performante, plus réactive et davantage tournée vers les résultats, en s'appuyant sur quatre grandes orientations.
Parmi ses priorités figure d'abord une professionnalisation accrue des équipes. Abdoul Magib Guèye souhaite harmoniser les méthodes de travail des différentes chambres, instaurer un véritable système de gestion de la qualité et créer un centre permanent de formation pour les magistrats et les assistants de vérification. « Le processus verra bientôt l'adoption du manuel de gestion de la qualité et sa mise en œuvre », annonce-t-il.
Le nouveau Premier président entend également accélérer la transformation numérique de l'institution. La digitalisation des procédures de contrôle, à travers l'application ARCOM, sera renforcée, tandis que l'intelligence artificielle sera progressivement intégrée aux missions d'audit afin de faciliter l'analyse des données financières, d'améliorer la détection des zones de risque et de renforcer l'efficacité des contrôles. « Aujourd'hui, vous ne pouvez pas travailler en disant : "Je vais ignorer l'Intelligence artificielle." Ce n'est pas possible », affirme-t-il.
Autre priorité : faire en sorte que les rapports de la Cour produisent des effets concrets. Abdoul Magib Guèye souhaite renforcer le suivi des recommandations formulées par l'institution et veiller à ce que les fautes de gestion ou les infractions présumées donnent lieu, selon les cas, à des déférés devant la Chambre de discipline financière ou à des transmissions à l'autorité judiciaire. « Toutes les dispositions sont prises pour que les rapports ne dorment pas dans les tiroirs », assure-t-il.
Enfin, la Cour entend privilégier des rapports publics thématiques consacrés à des secteurs stratégiques de l'économie, afin d'évaluer plus finement les politiques publiques et de formuler des recommandations plus ciblées. À travers cette feuille de route, le nouveau Premier président affiche sa volonté de renforcer la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance des finances publiques.







