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Cherté des soins dans les cliniques privées : L’État du Sénégal annonce une révision des tarifs pratiqués


Rédigé le Dimanche 25 Janvier 2026 à 10:42 | Lu 76 fois | 0 commentaire(s)



Le secteur privé de la santé au Sénégal pourrait connaître une réforme majeure dans les prochains mois, avec notamment une révision des tarifs pratiqués dans les cliniques privées. L’annonce a été faite hier par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, à l’occasion du 1er congrès de la médecine privée au Sénégal.


Selon le ministre, « la révision de la nomenclature générale des actes professionnels est déjà finalisée », et les autorités attendent désormais « un décret d’approbation » pour rendre cette nouvelle grille fonctionnelle. Cette réforme vise, selon lui, à faire du secteur privé « un partenaire stratégique de l’État sur l’équité et l’accessibilité aux soins ».

Dans le même ordre d’idées, Dr Sy a indiqué que plusieurs réformes en cours intègrent désormais le secteur privé. Il a cité, parmi les mesures déjà engagées, « le code de la santé, la carte sanitaire et le projet de réforme hospitalière qui intègre le secteur privé », et précisé que ces initiatives « attendent un arrêté ministériel pour la mise en œuvre ».
Le ministre a par ailleurs souligné que le secteur privé médical est un acteur incontournable du système de santé, représentant « 45% de l’offre de soins ». Il a insisté sur le rôle de ce secteur dans la réduction des évacuations sanitaires, grâce à « une diversité et des spécialités pointues ».

Cependant, malgré ces avancées, Dr Sy a reconnu que le secteur privé est confronté à des difficultés persistantes. Parmi les défis, il a cité « l’accès au financement », « une politique fiscale adaptée », « l’accès aux médicaments et produits de santé », ainsi que « le cadre réglementaire propice aux investissements » et « la problématique de la formation continue des acteurs ».

Sur le plan de l’investissement, le ministre a relevé que de nombreuses initiatives sont bloquées par l’absence de réformes ambitieuses. Il a notamment souligné que ces réformes sont nécessaires pour encourager les investisseurs à construire « des hôpitaux privés de niveau 3 » et ainsi contribuer à l’économie nationale.

« Le secteur privé de la santé est un grand pourvoyeur d’emplois », a ajouté Dr Sy, précisant que le secteur emploie « 35 000 agents ». Une contribution importante, mais qui ne suffit pas à compenser les contraintes auxquelles le secteur est confronté.

Dans le même cadre, le président du Syndicat des médecins privés au Sénégal, Dr Abdou Kane Diop, a insisté sur la nécessité de redéfinir l’image de la médecine privée. Selon lui, cette pratique est souvent « péjorativement étiquetée à but lucratif », alors que le médecin, selon lui, a pour mission « de soigner, de prévenir et de promouvoir le bien-être ».

Dr Kane Diop a affirmé que la médecine privée est un métier qui « mérite un salaire », et que la souveraineté sanitaire ne pourra être atteinte « sans le développement du secteur privé sanitaire et sans sa totale inclusion quasi-fusionnelle avec le secteur public ». Il a insisté sur l’obligation pour les acteurs de bâtir « un système pas seulement résilient, mais insubmersible, indestructible, centré certes sur le patient, mais aussi sur le prestataire et sur le territoire ».

Le syndicaliste a également pointé du doigt l’absence de régulation de la relation entre tiers-payants et prestataires, qu’il juge « affaiblissante » pour le secteur en matière d’autofinancement. Il a rappelé que le niveau de rémunération est « bloqué depuis 25 ans pour les IPM et 45 ans pour le régime général », et qu’il attend toujours « le décret d’application de la nouvelle nomenclature et l’arrêté interministériel fixant les tarifs ».

Sur ce point, il estime que l’arrêté interministériel devra également définir « le statut commercial des structures privées de santé ». Il a cependant reconnu que la rédaction de ces textes demande du temps, afin d’éviter « des incohérences contre-productives, souvent sources de division entre les groupes de prestataires ».

Face à ces réformes annoncées, le ministre de la Santé et les acteurs du secteur privé estiment que l’objectif est clair : renforcer l’accessibilité aux soins et améliorer l’équité dans l’offre de santé. Mais, comme le souligne le communiqué du secteur, « avec ces réformes en vue, les patients ont intérêt à être en bonne santé… financière ».


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