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Chassée des officines par la grande porte, la famille «QUININE» revient par la fenêtre !


Rédigé le Samedi 28 Mars 2020 à 07:26 | Lu 143 fois | 0 commentaire(s)



En 1947, la chloroquine a été homologuée et commercialisée comme principale molécule de base dans le traitement et la prévention contre le paludisme. Et durant 70 ans, elle a fait ses preuves comme médicament antipaludique de référence en Afrique et dans le monde. Chassée des officines pharmaceutiques par la grande porte (2003), la famille « Quinine » revient par la fenêtre ! Un retour triomphal pour voler au secours de l’humanité malmenée par une calamité pandémique nommée : Coronavirus. « Le Témoin » quotidien a enquêté…


Dans les années 70-80, la plupart d’entre les journalistes du « Témoin » étaient encore des écoliers. D’aucuns, d’ailleurs, n’étaient pas encore nés. Ceux qui étaient à l’école se souviennent que chaque semaine, le maître leur faisait absorber de la nivaquine. Deux comprimés par élève, les uns après les autres. Une prophylaxie en milieu scolaire entrant dans le cadre des campagnes de prévention contre le paludisme initiées par le ministère de la Santé. 

A cet effet, la « Nivaquine » était connue de tous pour son goût amer et pratiquement insupportable. Les malades, eux, recevaient des médicaments antipaludiques à base de chloroquine puisqu’ils appartiennent tous à la famille « quinine » : Nivaquine, Flavoquine, Primaquine, Méfloquine, etc. Des noms commerciaux qui renvoyaient tous à la quinine. Hélas ! En 2003, cette grande famille des « Quinine » a été chassée par la grande porte comme un malpropre voire un « malsoignant » par la bande des « Atc », à savoir les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine considérées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms), comme étant plus efficaces pour traiter le paludisme. Exit, oust la nivaquine ! 

Selon Dr Cheikh Mbacké Thiam, étudiant en pharmacie, les « Atc » sont les antipaludiques efficaces dont disposent aujourd’hui les officines pharmaceutiques. « Mieux, les Atc regroupent trois ou quatre molécules pour rendre le traitement beaucoup plus efficace. Ce, contrairement à la chloroquine retirée du circuit, après l’apparition de résistances du parasite à l’origine du paludisme » explique notre interlocuteur. « Aujourd’hui, la plupart des antipaludiques (Atc) à base d’Artémisinine ont pour noms : Artequin, Coarinate, Coartem, Co-Arinate et autres. Donc, les antipaludiques à base de chloroquine n’existent plus dans les pharmacies », précise notre pharmacien en année de doctorat. 

20 ans après, la chloroquine prend sa revanche ! 

Vingt ans après ce congédiement sans gloire, les médicaments membres de la famille « Quinine » à base de chloroquine reviennent par la fenêtre. Un retour jugé triomphal pour voler au secours de l’humanité ravagée par une terrible pandémie nommée : coronavirus ! « Remède miracle » ou « mirage » ? 
Toujours est-il près de 20 ans après son retrait du marché, la chloroquine prend sa revanche sur les Atc. Son retrait avait été officialisé en 2003 au cours d’une réunion organisée par le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), sous l’égide de l’Oms. A cette occasion, la quinine avait été enterrée sans fleurs ni couronnes. Après quoi, raconte Dr. Assane Ka, pharmacien, chaque médecin-chef de district avait la charge d’effectuer une réunion de coordination avec l’ensemble des infirmiers chefs de poste (Icp), pour une présentation de la nouvelle thérapie. 

Les rares stocks de chloroquine d’alors s’épuisant, les pharmacies régionales, suivies par les districts sanitaires et les postes de santé, ont progressivement commencé à utiliser les Atc. A l’époque, certains avaient déploré l’absence d’une campagne d’information à l’intention des patients. « Il a seulement été demandé de retirer les dépliants et affiches sur la chloroquine dans les hôpitaux et centres de santé », déplore notre pharmacien. Plus tard, après le retrait de la chloroquine, des séminaires de formation ont été organisés à Dakar pour les responsables d’Ong, les journalistes, les délégués médicaux et autres acteurs de la santé pour une campagne d’information sur les Act. « Aujourd’hui, Dame chloroquine renaît en pèlerin ! », ironise Dr. Assane Ka. 

La guerre des industries pharmaceutiques… 

Molécule de base avec laquelle sont conçus des traitements préventifs et curatifs contre le paludisme, telles que la Nivaquine, la Flavoquine etc., la chloroquine est en train de faire ses preuves dans le traitement contre le coronavirus. Testée en Chine, et partiellement en France et aux Etats-Unis, la chloroquine, une substance antipaludique, est prudemment administrée en Suisse et autres pays, comme l’unique traitement contre cette pandémie. 

Selon certains spécialistes des maladies infectieuses, l’effet clinique est plutôt encourageant puisque la sévérité de la maladie a diminué sur l’échantillon de plusieurs malades atteints du coronavirus. D’où les applaudissements d’espoir déclenchés dans le monde pour soutenir la position de l’infectiologue Pr. Didier Raoult, l’un des promoteurs de ce traitement en France. Malheureusement, des observateurs, parmi lesquels de nombreux scientifiques, dénoncent des méthodes peu rigoureuses et jugent les annonces de M. Raoult prématurées, voire trompeuses. Comme quoi, le Pr Raoult, né au Sénégal, serait en train de faire la promotion du laboratoire pharmaceutique Sanofi, le principal fabriquant de cette molécule dite chloroquine. 

Un médécin-colonel de l’Armée s’en explique : « Bien que la chloroquine ait déjà fait ses preuves avec des avantages et des inconvénients mais, avec la position controversée du Pr Raoult, la société « Sanofi » presque en faillite, est en train de renaitre. Vous voyez, au-delà des enjeux thérapeutiques, il y a d’énormes enjeux financiers. Dommage que cette guerre pandémique provoque une autre bataille souterraine, celle des industries pharmaceutiques pour le contrôle du marché mondial du coronavirus. Car, des multinationales de l'industrie pharmaceutique profitent du désarroi sanitaire de l'humanité, pour atteindre des objectifs commerciaux », déplore notre médecin-officier préférant garder l’anonymat, pour ne pas frustrer des délégués médicaux. 

« Attention ! Ce n'est ni l'instrumentation, ni la discipline qui font la science mais bien la démarche intellectuelle qui se base sur des faits. La Science se fait avec les faits comme on construit une maison avec des pierres mais une accumulation des faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Cela nous amène au sacro-saint principe de la médecine basée sur le niveau de preuves ou évidences base de médecine des anglosaxons. On a dépassé l'ère de la médecine où les opinions des grands maîtres étaient la base de nos décisions médicales. Maintenant, ce sont les faits, établis sur la base d'une rigoureuse et appropriée méthodologie qui doivent déterminer les décisions thérapeutiques. C'est dans ce contexte qu'il faut placer tous les délires qu'on attend sur la supposée efficacité de la chloroquine ou de ses dérivés sur le Covid19. Souhaitons que l'Oms ne va pas tarder, par une méthodologie appropriée, à aboutir à des conclusions valides à partir desquelles, la religion devrait être définitivement faite », philosophe-t-il, histoire de faire des réserves sur la sortie du Pr. Moussa Seydi en phase avec Pr Didier Raoult sur l’efficacité de la chloroquine contre le Covid19. 

Dr. Mbacké, un pro-chloroquine ! 

Une opinion prise à contre-pied par Dr. Mame Anta Sally Mbacké, selon qui le retour de la chloroquine perturbe les mandarins et les industries pharmaceutiques dans leurs certitudes dépassées. « D’abord, il faut rappeler que la chloroquine amino-4 quinoléine a été découverte il y a 70 ans comme antipaludéen préventif et curatif. Les soins de santé primaires en ont beaucoup bénéficié jusqu'en 2003, avant le retrait du médicament des officines. Ce, après la reconnaissance d’Artémisine utilisée depuis par les Chinois pour révolutionner le traitement du paludisme. A mon avis, la chloroquine reste le médicament de choix qui peut être très efficace si elle est associée à l'Azithromycine. Par conséquent, rien ne doit empêcher le Sénégal d’essayer la chloroquine sur les malades atteints du Covid 19. Car l’heure n’est pas à la recherche, mais au traitement rapide ! », soutient Dr. Mbacké, ancien médecin-chef du district sanitaire de Rufisque, totalement en phase avec le Pr. Moussa Seydi de l’hôpital de Fann. 

Toujours est-il qu’en guise d’anecdotes, certains pharmaciens se souviennent d’un séminaire où le défunt Pr. Salif Badiane, ancien chef de Service à la clinique des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann de Dakar, disait ceci : « Pour des raisons inconnues, vous avez chassé la chloroquine ! Mais dans quelques années, cette molécule fera son retour au chevet des malades du paludisme ! ». Aujourd’hui, l’histoire semble lui donner raison avec le Covid19. Car la chloroquine fait son retour en zone pandémique. Mais pour combien de temps et avec quelles chances de succès ? 





Le Témoin


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