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Association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté de l’Etat, terrorisme : pourquoi Imam Dianko a été acquitté


Rédigé le Mercredi 14 Août 2019 à 00:35 | Lu 138 fois | 0 commentaire(s)



Le 10 avril 2019 à Dakar, s’est tenue à Dakar, l’audience publique pour le délibéré dans l’affaire de l’imam Boubacar Dianko et de son neveu Mohamadou Bamba Dianko. Le verdict tombe à la surprise générale. L’imam est acquitté au bénéfice du doute, alors que le procureur avait requis les travaux forcé à perpétuité pour le maitre coranique pour les faits d’association de malfaiteurs et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, en relation avec une entreprise terroriste.


Le 8 janvier 2013, l’imam Boubacar Dianko est arrêté à Kédougou par les éléments des renseignements généraux de Tambacounda, en même temps que neveu Serigne Ahmadou Bamba Dianko. 
Une arrestation à la suite d’une dénonciation des services secrets maliens qui aveint communiqué à leurs homologues sénégalais un numéro basé au Sénégal qui était en communication permanente avec l’émir du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), Ahmmad Al Khairy, installé à Gao et avec ses lieutenants. Un numéro qui correspondait à celui de l’imam Boubacar Dianko. 
Le maître coranique a été arrêté en possession d’une clé USB, d’un CD et de deux téléphones portables qui contenaient des images d’entraînement de jeunes combattants jihadistes. Des documents retrouvés sur lui, ont également attesté qu’il avait effectué un voyage à Gao, pour aller rencontrer l’émir de Gao, en passant notamment le Burkina. 

Le transfert de 200 000 francs et le voyage de Gao 

Les enquêteurs vont découvrir que Boubacar Dianko avait quitté le Sénégal dans la nuit du 3 au 4 janvier pour se rendre au Mali, en compagnie de son neveu, Ahmadou Bamba Dianko. Ils arriveront au Mali dans la nuit du 10 au 12 janvier après être passés par la Mauritanie et le Burkina Faso. 
Avant cela, il avait reçu 200 000 francs de l’émir du Mujao pour les frais de son voyage. L’imam Boubacar Dianko avait caché jusqu’à sa propre famille la destination de son périple, déclarant à ses proches qu’il se rendait en Mauritanie. A son neveu Ahmadou Bamba Dianko, il intima l’ordre de ne jamais révéler le lieu où ils s’étaient rendus. 
Une position qu’il va maintenir face aux enquêteurs, niant s’être rendu à Gao 

Perdu par le témoignage de son neveu 

Mais l’imam Dianko sera perdu par son neveu qui avoua aux enquêteurs que son oncle et lui s’étaient bel et bien rendus à Gao, au Mali. Mais ils étaient d’abord passés par la Mauritanie avant d’arriver à Ouagadougou. De là-bas, Imam Dianko est alors entré en contact avec l’émir du Mujao qui le mis en rapport avec un individu chargé de le guider jusque chez lui à Gao. 
A Gao, Ahmadou Bamba Dianko affirme que lui et son oncle ont été accueillis avec faste. Il souligne aux enquêteurs que c’est l’émir lui-même qui est venu à la rencontre de son oncle et les deux hommes qui parlaient tout le temps, avaient des relations très cordiales. 
Mais, indique-t-il, au lendemain de leur arrivée, son oncle et l’émir sont partis dans un lieu qui lui était inconnu. Lui était restait dans la maison qui servait de camp d’entraînement à de de jeunes jihadistes. 
Mais le lendemain, la maison sera bombardée par les forces françaises, alors que l’imam Dianko et l’émir étaient absents. Les deux hommes étaient partis à Darou Salam où Hammad Al Khairy tenait à présenter sa femme à l’imam Dianko. 
De retour à Gao, Ahmadou Bamba Dianko demanda à son oncle de rentrer sur Dakar. Ce qui sera fait, après que l’émir eut remis la somme de 100 000 à l’mam Boubacar Dianko pour le billet du retour. 
Toutefois, Ahmadou Bamba Dianko qui est resté constant dans ses déclarations, a affirmé aux enquêteurs que son oncle ne lui jamais demandé de prendre part à une quelconque formation pour devenir jihadistes 

L’imam Dianko avoue et s’explique 

Réentendu à la suite de son neveu, l’imam Boubacar Dianko avoue effectivement s’être rendu à Gao. Interrogé sur le pourquoi il avait tenté de cacher sa destination finale à sa famille et même aux enquêteurs, il déclare que c’est parce qu’en Afrique, les gens n’ont pas l’habitude de dire le lieu de leur destination exacte, de peur qu’il ne leur arrive malheur. 
Sur le motif de son voyage à Gao, l’imam Boubacar Dianko affirme qu’il était parti rencontrer l’émir qui lui avait promis de lui trouver un financement pour moderniser son école coranique. Mais la condition était qu’il lui amène un de ses disciples pour une séance de récitation du Saint Coran afin qu’il juge de la quitté de son enseignement. C’est pourquoi, dit Imam Dianko, il était parti avec son neveu qui devait faire un récital du Saint Coran. 
Toutefois, se défend le maître coranique, jamais il n’a été question d’enrôler son neveu dans les corps de combattants jihadistes. 

L’émir du Mujao avait séjourné à Dakar 

L’imam Dianko a confié aux enquêteurs qu’il avait rencontré l’émir du Mujao, qu’il connaissait bien avant, dans une mosquée, à Pikine. L’émir était en effet, venu se replier à Dakar, alors qu’il était recherché et poursuivi en Mauritanie pour terrorisme. 
L’imam Dianko affirme aux enquêteurs qu’il lui avait proposé de venir habiter dans sa maison, à Pikine. C’est après son départ de Dakar, en 2012, que l’imam appelle l’imam Dianko pour lui proposer de venir de Gao afin de bénéficier de ce financement. 
Mais le maître coranique jure devant les enquêteurs qu’il n’était nullement au courant des activités criminelles de l’émir et c’est une fois à Gao, qu’il s’est rendu compte qu’il était devenu un véritable chef de guerre. 
Sur les images d’entraînement de jeunes jihadistes retrouvées sur son téléphone, il confie que c’est l’émir qui le lui avait emprunté pour filmer les jeunes combattants, mais qu’il n’avait pris le soin de les effacer. 

Le procureur requiert les travaux forcés à perpétuité 
Mais pour le ministère public, l’imam Dianko ne pouvait pas ignorer les activités criminelles de l’émir du Mujao, surtout qu’ils entretenaient des relations très anciennes. 
Le procureur a souligné que si l’imam Dianko a pu parcourir des zones occupées par des jihadistes et même les filmer pendant leur entraînement, c’est parce qu’il avait adhéré à leur cause. Les jihadistes ne faisant confiance qu’à ceux dont ils sont sûrs de partager la même idéologie et la cause jihadiste, qui est de mener le jihad en Afrique de l’Ouest. 
Par ailleurs, le procureur avait souligné qu’en tentant de cacher sa vraie destination, l’imam Dianko avait commis un acte répréhensible. Révélant également que dans le répertoire de Boubacar Dianko figuraient des numéros de lieutenants de l’émir du Mujao, dont Mouhamed Ould Bella, avec qui l’imam avait eu des entretiens téléphoniques, le procureur soutient que Boubacar Dianko a agi et toute connaissance de cause. 
Selon le procureur, les faits sont constants, l’imam Dianko est auteur de crime d’association de malfaiteurs d’atteinte à la sûreté de l’Etat, en relation avec une entreprise terroriste. 
A la lumière de tout cela, il le déclare coupable et requiert une condamnation à une peine de travaux forcés à perpétuités 

La défense sème le doute 

Mais pour la défense constituée par Mes Malick Fall, Ahmet Sall et Aly Fall, toute l’accusation contre l’imam Dianko reposait sur des présomptions de suppositions. 
Aucun acte préparatoire de terreur ou terroriste n’a été établi de manière formel contre Imam Dianko. 
De plus, ont-ils soutenu, la faiblesse dont a fait montre le maître coranique, quand il a appris que le lieu où se trouvait son neveu avait été bombardé, montre qu’il n’était nullement préparé pour un être un combattant jihadiste. En effet, dit la défense, sur la route de Darou Salam à Gao, l’imam a pleuré de chaudes larmes quand il a appris le bombardement, croyant que son neveu était décédé dans l’attaque. Et dès qu’il est arrivé sur Gao, il a demandé à rentrer sur Dakar. 
Au total, souligne la défense, l’imam Dianko n’est resté à Gao que 4 à 5 jours. Une preuve suffisante, ont-ils dit que le maître coranique n’était pas disposé à être un combattant jihadiste, mais qu’il était simplement parti récupérer un financement qui lui avait été promis pour la modernisation de son école coranique. 
Soulignant que l’imam Dianko ne connait nullement Mouhamed Oul Bell ou les autres lieutenants de l’émir qui l’appelaient simplement pour transmettre des commissions, les avocats de la défense, ont soutenu qu’il existe un doute sérieux sur l’existence de l’élément moral de l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste. 
Par ailleurs, ont-ils dit, concernant l’atteinte à la sureté de l’Etat, en relation avec une entreprise terroriste, il ne ressort du dossier aucun élément matériel de nature à établir que Boubacar Dianko a orienté ou tenté d’orienter les terroristes vers un complot contre les autorités, ou à inciter les populations à s’attaquer les unes aux autres. 
Sur cette base, ont-ils dit, le crime pour atteinte à la sureté de l’Etat, en relation avec une entreprise terroriste, n’est pas établi. 

Statuant publiquement en sa séance du 10 avril 2019, le tribunal a finalement prononcé l’acquittement de Boubacar Dianko des crimes d’association de malfaiteurs et d’atteinte à la sureté de l’Etat en relation avec une entreprise terroriste, au bénéfice du doute. 


Leral.net
 
La rédaction de leral.net
 


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