PROFIL: Colonel Abdoulaye Oumar Dieng: L'anti blanchisseur


Rédigé le Vendredi 24 Mai 2013 à 23:08 | Lu 395 fois | 0 commentaire(s)


Le Colonel Abdoulaye Oumar Dieng, auteur du livre sur le blanchiment intitulé «La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme : présentation et analyse du dispositif sénégalais», vit une retraite tranquille, après avoir rendu de loyaux services à l’Etat du Sénégal plus précisément dans la Douane. Retour sur l’itinéraire d’un soldat de l’économie qui est parti en croisade contre le blanchiment de l’argent sale.


PROFIL: Colonel Abdoulaye Oumar Dieng: L'anti blanchisseur
Né à Saint Louis le 23 Mai 1950, ses parents sont venus s’installer à Dakar à la Médina. Il y passe son enfance et y grandit. Ensuite son père qui était contrôleur économique a été affecté à Khombole où le jeune Abdoulaye fait l’entrée en 6ème. Après le cycle moyen, il part poursuivre ses études au lycée Blaise Diagne. Puis, le CFPA, section commerciale en 1972-73. Il s’inscrit immédiatement, après  à la Faculté de Droit en 1973. Quatre années plus tard, il décroche sa maîtrise en Droit en 1977. Pour la petite histoire, confie le soldat de l’économie à la retraite, il est de la même promotion que Serigne Diop, actuel médiateur de la république et Kader Sow, ancien directeur de cabinet de l’ex Président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade. Après sa maîtrise, il passe le concours de l’Enam. Option Douane. Il sort en 1979. Il fera par la suite, le cursus d’un inspecteur de douane. D’abord vérificateur à Yoff, à Dakar Port, ensuite il sert dans les services centraux en 1988. Il a été également chef de subdivision régionale à Diourbel, puis chef de bureau à Kaolack. Il est revenu à Dakar en 1992 pour être chef des sections d’écritures au Bureau des douanes de Dakar Nord. Par  la suite, il a été affecté aux enquêtes douanières, puis à la direction générale des douanes, où il s’est occupé  du bureau des stupéfiants. C’est à cette occasion qu’il a acquis une expérience solide  sur la criminalité transnationale. L’ascension de M. Dieng ne s’arrête. Il sera nommé quelques années plus tard chef de bureau des poursuites et du recouvrement pendant 5 ans de  2004 à 2008. En  2009, il est devenu directeur régional de Dakar Port jusqu’en 2010, année à laquelle il est parti à la retraite.

Livre sur blanchiment ? Quand on demande au colonel Dieng, d’où lui est venue l’idée sur le blanchiment, il laisse entendre qu’au départ, il n’y pensait pas. En 2011, il a écrit un livre sur les « la typologie des infractions douanières et la compétence des agents des douanes ». Les gens ont beaucoup apprécié ce livre. Il y avait des thèmes dans ce livre qu’il comptait approfondir dans un nouvel ouvrage. Mais c’est lors d’un séminaire qu’il animait en Mauritanie, séminaire portant sur une étude comparative entre  le contentieux douanier sénégalais et mauritanien, que l’idée lui a été suggérée d’écrire un livre sur le blanchiment. Une idée qui a fait tilt dans sa tête. Cela d’autant plus qu’il a été correspondant du Giaba pendant plusieurs années au niveau de la Douane et correspondant de la Centif. En plus de cette expérience, il a participé en tant qu’expert à plusieurs réunions et a fait des stages dans ce domaine. Il a dit pourquoi pas. En plus c’est un sujet porteur qui accroche. On commencait à en parler beaucoup au Sénégal.

La Douane, pur hasard ? A la question de savoir, comment il, s’est retrouvé dans la Douane, le Colonel à la retraite explique : « Je voulais faire magistrature, mais j’y ai renoncé parce que tout simplement au concours d’entrée, on a donné deux sujets, un à caractère juridique et un à caractère économique. Le sujet à caractère juridique réservé pour le concours des magistrats portait sur  le droit public alors que moi j’avais fait droit des affaires, tandis que le sujet à caractère économique était réservé aux autres corps  » dit-il.  «  Bien que juriste de formation, j’ai du prendre le sujet à caractère économique qui portait sur le financement du commerce extérieur, un domaine que je maitrisais, en ma qualité de secrétaire d’administration à vocation commerciale, ayant travaillé pendant 4 ans à la Division « Négociations commerciales » de la Direction du Commerce Extérieur. Classé 11ème au concours d’entrée et les options se faisant en fonction du classement, il a fini par opter pour la Douane. Qui lui a réussi : « J’ai opté pour la Douane et je ne l’ai pas regretté ».

Élève en Islam. Marié et père de cinq enfants, M. Dieng met à profit sa retraite pour rattraper ses connaissances sur la pratique de la religion musulmane : « Quand j’étais jeune, je n’ai pas eu le temps d’approfondir mes connaissances en l’Islam. Aujourd’hui je passe mon temps à apprendre le Coran. Je rattrape le temps perdu. Parce que j’ai beaucoup de lacune dans ce domaine. Je suis devenu un élève en Islam » avoue-t-il Tout en rendant grâce à Dieu. Amateur de télé et sport, plus précisément  le basket, le Colonel Dieng pour  la petite histoire, avait été le dirigeant de l’Asc Bopp dans les années 80. A ce titre, il était chaque samedi au stadium Marius Ndiaye. C’est seulement quand il a été affecté à Diourbel qu’il a cessé d’aller au stade. Côté gout musical, le colonel Dieng a dans sa jeunesse beaucoup aimé les « Beatles ». D’ailleurs, confie-t-il «On m’appelait Ringo Star ». Il a également beaucoup aimé aussi Bob Marley comme tous les jeunes de cette époque. Sans fausse modestie, soutient M. Dieng, « je peux dire que je suis l’un des premiers sénégalais à découvrir Bob Marley en 1975. Je suis parti en stage en Belgique en 1975. J’ai amené un Cd de Bob « No woman no cry ». Il aimait à l’époque se rappelle-t-il encore, aller au « Sahel » avec son disc pour permettre au Dj de le mettre. Aujourd’hui depuis sa belle villa nichée sur les hauteurs de la Patte d’Oie, l’auteur du livre sur le blanchiment, est nostalgique de son enfance à Khombole. «Je garde de bons souvenirs de mes amis d’enfance de Khombole. Les soirées dansantes, les match de Navétane ». Durant sa riche carrière de soldat du feu, il y a deux directeurs généraux de la Douane qui ont marqué l’homme. L’un c’est Moustapha Tall, l’autre c’est Matar Cissé. Malheureusement, semble-t-il regretté, « je n’ai travaillé avec ce dernier que pendant huit mois. Il est nommé en Novembre 2009, moi je suis parti à la retraite en août 2010 » avec tous les honneurs. Bonne retraite mon Colonel.




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