Les charges familiales et le paiement du loyer, casse tête pour le chef de ménage


Rédigé le Mardi 2 Février 2021 à 16:02 | Lu 334 fois | 0 commentaire(s)



L’état d’urgence assorti d’un couvre-feu décrété dans les régions de Dakar et Thiès a eu un impact négatif terrible dans le panier de la ménagère. La réduction des heures de travail fait que les gens qui s’activent dans l’informel et particulièrement les petits métiers voient leurs activités au ralenti. Du coup, la dépense quotidienne ainsi que le paiement du loyer deviennent insupportables pour les chefs de famille qui cherchent le diable pour lui tirer la queue, tant ils ne vivent pas, mais survivent !


Les charges familiales et le paiement du loyer, casse tête pour le chef de ménage
A quand le retour à la situation normale ? C’est la question que se posent beaucoup de nos compatriotes considérablement affectés par les conséquences de la pandémie du Covid19 sur les plans social et économique. Entre assurer la dépense quotidienne et le paiement du loyer, de nombreux chefs de ménage s’adonnent à une gymnastique arithmétique qu’ils ne parviennent pas à résoudre. Joindre les deux bouts pour tous ces gens se révèle être un véritable casse-tête, un saut d’obstacles à franchir sans jamais voir la ligne d’arrivée. Déjà, ceux qui cumulent des arriérés de loyers ont été délogés sans ménagement ou sont sur le point de l’être par leurs bailleurs. Des bailleurs qui tirent eux-mêmes leurs revenus de ce business locatif. L’effet du covid, qui a tant affecté le secteur informel, est passé par là.

Abass Lam, un père de famille habitant au quartier Abdou Ndiaye de Darou Salam Diamaguène, ne digère toujours pas la manière avec laquelle il a été délogé de son atelier de couture par son bailleur après huit mois d’arriérés. La voix pudique, il raconte son histoire qui a été pour lui la honte de sa vie. L’émotion est forte quand il déroule le fil de l’histoire. « Cette pandémie nous a carrément affectés. Même en temps normal, c’est-à-dire avant le covid 19, les affaires ne marchaient pas. Mais c’est devenu pire depuis que le président de la République a décrété l’état d’urgence l’année dernière. Du coup, tout le monde est affecté par cette crise économique et sanitaire.

Les clients se sont faits rares pendant fêtes religieuses Korité, Tabaski et Gamou. Conséquence : je n’arrivais plus à payer le loyer. Un jour, un huissier de justice a débarqué pour nous notifier que nous devions quitter les lieux le jour même. J’ai essayé en vain de joindre le bailleur. On a jeté tous nos bagages dehors. Il y avait du spectacle. Vous imaginez ce que cela fait d’être humilié de la sorte devant des voisins ! Je n’ai jamais refusé de payer, mais je n’avais pas de quoi le faire, ma priorité étant ma famille.

D’ailleurs, bien qu’expulsé, tant que je n’aurais pas payé à mon bailleur son argent, je ne serais pas en paix avec ma conscience. Encore une fois, je suis bien conscient que je lui dois huit mois d’arriérés de loyer », raconte ce père de famille tout désespéré et qui s’est, du jour au jour, retrouvé sans travail. Ses machines à coudre, il soutient les avoir vendues pour nourrir sa famille.

Quand on tire le diable par la queue pour survivre !

Quant à la deuxième vague, qui a entraîné un rétablissement de l’état d’urgence avec couvre-feu de 20h à 5h à la clef, pour les régions Dakar et Thiès, elle a déjà fait de lourds dégâts dans le quotidien des ménages vivant dans ce périmètre. Beaucoup d’entre ces compatriotes qui s’activent dans l’informel ont vu leurs activités se ralentir. Si elles ne se sont pas arrêtées tout simplement. Ramata Ndiaye, une brave gargotière, vend le jour le petit déjeuner près de l’arrêt de bus Diamaguene. Les clients ne fréquentent plus sa gargote comme avant. Le soir, elle est obligée de transférer son activité devant sa concession. Veuve à l’âge de 45 ans, elle compte sur son business pour payer son loyer et assurer ses dépenses. « En temps normal, je vendais jusqu’à 1h. Maintenant avec le couvre-feu, je plie bagages à 20h 30. On essaie de faire avec pour s’en sortir malgré la conjoncture qui sévit dans le pays à cause de cette maladie. Souvent, je suis obligée de recourir à la vente de tissus pour m’en sortir. C’est compliqué. Les temps sont durs surtout en cette période. La vie est chère. On se démène pour les charges familiales. Cette pandémie nous mène la vie très difficile. On prie pour qu’elle prenne fin et que les choses redeviennent comme avant. Je prie également pour que tous les malades du covid19 guérissent très rapidement et retournent chez eux » confie la chef de famille. La covid19 a également fait des dégâts au niveau de certaines entreprises en termes d’emplois. Etant du lot de ceux qui ont été remerciés dans une société de la place lors de la première vague de la Covid, S. Nd, père de famille, est resté digne. Cependant le rôle de chef de ménage qu’il incarne ne l’autorise pas à rester sans rien faire. Ce, d’autant plus il a deux enfants à nourrir.

Conscient que tout ne s’offre pas sur un plateau d’argent, il s’est mis dans la vente de friperie en cette période de froid. Et les choses semblent marcher pour lui. Et ce même-si, la cicatrice de la perte de son emploi reste béante. « On nous avait promis de reprendre nos emplois après la fin de l’état d’urgence. Mais la promesse n’a pas été tenue mais je m’y attendais. J’ai essayé la maçonnerie au niveau de quelques chantiers. Mais là également, c’était le parcours du combattant pour se faire payer. Je m’étais également investi dans la vente de poulets pendant trois mois avant de me tourner vers la friperie » raconte notre interlocuteur qui a requis l’anonymat.

Les mécaniciens pas épargnés des dures réalités du moment !

Debout sous un soleil de plomb, le jeune mécanicien répare le moteur d’une voiture garée dans un atelier à Thiaroye AZUR (Thiaroye sur mer). Son apprenti qui est au volant essaie de faire démarrer la voiture. Après plusieurs tentatives, ce dernier soutient qu’il vaut changer le moteur. A en croire ce chef de garage, les clients, même s’ils font réparer leurs voitures, peinent à s’acquitter de la facture alors pourtant que l’atelier consomme beaucoup d’électricité. Ce qui fait que les charges deviennent insupportables. Aussi, ces mécaniciens disent-ils figurer parmi les impactés de la covid19 car étant des pères et soutiens de famille, surtout que l’état d’urgence a ralenti leurs activités. « Vous voyez vous-même qu’il y a peu de voitures à réparer. Parfois, le garage est vide comme pas possible. On peut rester une journée sans travailler » confie Alla Faye.

2021, une année qui s’annonce mal pour le secteur informel !

L’espoir d’une reprise des activités était permis avec la tendance baissière notée entre les mois de juin et octobre avant que les cas repartent à la hausse à partir de novembre. Les Sénégalais espéraient que la situation allait revenir à la normale en fin d’année et que 2021 constituerait une année de relance économique. Hélas, cette relance tant attendue tarde à arriver. Et avec l’état d’urgence décrété à Dakar et Thiès, beaucoup de nos compatriotes sont pessimistes et doutent de la volonté des autorités de relancer l’économie. Ils ne comprennent surtout pas la pertinence d’un couvre-feu de 21h à 5h, tout en laissant les bus continuer d’effectuer des surcharges. Sans compter les cérémonies familiales qui continuent d’être organisées comme si de rien n’était. « Aucune mesure sérieuse n’est prise jusque-là allant dans le sens d’arrêter la propagation du virus », maugrée une dame qui contient mal sa colère. Moustapha Diakhoumpa, habitant au quartier Médina Marène 1, abonde dans le même sens qu’elle. « Nous avons un Etat qui tient un discours paradoxal. On nous impose un couvre-feu qui n’a aucun sens, si ce n’est de tuer le secteur informel et particulièrement les petits métiers ou le petit commerce. Ceux-là comptent sur ces activités pour subvenir à leurs besoins. Avec la restriction des heures de travail, ces gens qui s’activent dans le secteur informel rencontrent de plus en plus des difficultés. Alors que le jour, des rassemblements s’opèrent un peu partout. Les transports en commun sont bondés de monde. Je dirais même que c’est la méthode de nos autorités qui favorise plutôt la propagation de la maladie.

Le fait d’instaurer ce couvre-feu à partir de 21 heures, fait que tout le monde se presse pour renter. De ce fait, l’Etat encourage les rassemblements dans les arrêts de bus et les moyens de transports. On devrait insister sur le port obligatoire du masque et le respect des mesures barrières au lieu de ce couvre-feu », préconise le jeune homme qui se montre réticent par rapport au vaccin annoncé dans le pays fin mars.
Le Témoin



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