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USA: Voici comment refuser d’intégrer l’armée a fait de Mohamed Ali une icône


Rédigé le Mardi 28 Janvier 2020 à 13:24 | Lu 167 fois | 0 commentaire(s)



« Ma conscience ne me permet pas d’aller tirer sur mon frère, ou sur des noirs, ou sur des pauvres affamés dans la boue, pour la grande et puissante Amérique. Et les tuer pour quoi ? Ils ne m’ont jamais traité de nègre, ils ne m’ont jamais lynché, ils n’ont pas lâché les chiens sur moi, ils ne m’ont pas volé ma nationalité, violé et tué ma mère et mon père. …Les tuer pour quoi ? Comment puis-je tirer sur ces pauvres gens ? Emmenez-moi juste en prison. »
Mohamed Ali était clair dans ses propos quant aux raisons pour lesquelles il ne voulait pas rejoindre l’armée américaine.


Beaucoup avaient refusé la conscription, mais aucun d’entre eux n’était aussi courageux et audacieux comme Ali. Il est vrai que lorsque l’offre lui a été faite en 1967, il était déjà champion du monde de boxe poids lourd. Sa personnalité et sa politique étaient déjà bien connues à l’époque alors qu’il n’avait que 25 ans. 

Pour un personnage aussi controversé qu’Ali, ne pas participer aux efforts militaires américains n’était pas simplement parce qu’il était pacifiste. 

Bien sûr, il était contre la guerre au Vietnam avant même que les mouvements anti-guerre ne soient rassemblés par les gens de la contre-culture. Mais Ali n’était pas du genre à encourager les gens à tendre l’autre joue. 

En ce qui concerne l’intégration, il a dit un jour : « Je ne vais pas me faire tuer en essayant de m’imposer à des gens qui ne veulent pas de moi. L’intégration est une erreur. Les blancs n’en veulent pas, les musulmans n’en veulent pas. » 

Lorsque les conséquences pénibles de son refus se sont abattues sur lui, l’objection de conscience d’Ali n’a pas fait appel au pacifisme. 

« C’est à la lumière de ma conscience de ministre musulman et de mes convictions personnelles que je prends position en refusant de rejoindre l’armée. Je le fais en ayant pleinement conscience de ses implications. J’ai fait un examen de conscience », a-t-il déclaré en avril 1967. 

Cela ne veut pas dire qu’Ali ne voulait pas un peu de paix. Ce serait ridicule. En fait, après quelques temps de désaccords avec le leader des droits civils Martin Luther King Jr, King a résumé le problème de l’impérialisme américain, en vantant les points communs qu’il partageait avec le boxeur : « Comme le dit Mohamed Ali, nous sommes tous – noirs, bruns et pauvres – victimes du même système d’oppression. »
 
 
Ali se rendra compte plus tard que le problème n’est pas simplement blanc contre noir. Des intérêts capables de se cacher derrière des tensions raciales étaient à l’origine des guerres. 

Le plus grand défi pour Ali était que l’Amérique ne lui a jamais donné l’impression qu’il faisait partie du pays. 

Le boxeur avait jeté la médaille d’or qu’il avait gagnée aux Jeux olympiques de Rome en 1960 lorsque la pensée lui est venue que le pays pour lequel il s’était battu ne voulait pas vraiment de lui. 

Et lorsqu’il a été condamné à la prison pour avoir refusé de rejoindre l’armée, Ali a dit : « Et alors ? Nous (les noirs) sommes en prison depuis 400 ans. » 

Il ne se sentait pas chez lui aux États-Unis, et pourtant on lui ordonnait de prendre le risque ultime. D’une certaine manière, c’était l’occasion de se défouler et de rappeler à ce pays la colère qu’il avait fait naître en lui. 

Demander à son pays de tenir sa part du marché n’était pas trop demander. Pour Ali, la moralité de ce contrat social reposait sur la réciprocité. Et quand le pays ne tient pas sa promesse, on désobéit.
 
 


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