Thierno Seydou Pam a été jugé, hier mercredi, au tribunal des flagrants délits de Dakar pour des faits d’acte contre nature et de transmission volontaire du VIH. Au terme du procès, le prévenu a été relaxé du délit de transmission volontaire du VIH. Mais il a été reconnu coupable pour acte contre nature et condamné à 3 ans de prison ferme. Seneweb vous révèle les détails de l’affaire.
Selon le procès-verbal d’exploitation technique du Centre de lutte contre la criminalité numérique de la Gendarmerie nationale, le 6 mars 2026, la Brigade de recherches de Dakar a sollicité l’exploitation d’un téléphone portable dans le but de trouver des éléments de preuve liés à l’affaire judiciaire n°102 du 6 mars 2026. Le dossier concernait le nommé Aliou Badara Dieng et consorts, poursuivis pour association de malfaiteurs, transmission volontaire de VIH, mise en danger de la vie d’autrui, trafic de drogue et blanchiment de capitaux. Ainsi, la mission des gendarmes consistait à relever toutes les discussions et tous les médias en rapport avec les faits incriminés ainsi que toutes les personnes ayant un contact avec la personne incriminée.
Le téléphone placé sous scellé est un appareil de marque Tecno Pop 10C appartenant à Thierno Seydou Pam. Suite à l’exploitation du scellé, des informations en rapport avec les faits incriminés ont été relevées. Selon le rapport, il ressort de cette investigation qu’à la suite de l’exploitation des applications de messagerie installées sur le téléphone, des communications WhatsApp ont été relevées.
Au cours de l’analyse, deux comptes WhatsApp ont été retrouvés. Le premier est enregistré sous le pseudonyme « Eva », associé au numéro 788…, identifié chez l’opérateur sous le nom de Bineta Niang, âgée de 31 ans. Elle est également propriétaire du numéro 776…. Le second est un WhatsApp Business enregistré sous le pseudonyme « Ceerno », associé au numéro 789…, identifié chez l’opérateur téléphonique sous le nom de Fatimata Kane, 23 ans. Elle est également propriétaire des numéros 775… et 784….
Ainsi, il a été constaté à travers des audios que le compte WhatsApp se trouvant au nom du mis en cause était utilisé par une autre personne. Néanmoins, des échanges entre le mis en cause et les contacts 782…, 781…, 776… et 775… ont été trouvés sur son compte WhatsApp Business.
À la date du 24 décembre 2025, aux environs de 00 heure 02 minutes, dans une discussion avec le pseudonyme « Baye Kill », associé au numéro 782…, enregistré chez l’opérateur sous le nom de Sokhna Thiam, 40 ans, portant sur une rencontre sexuelle. En effet, au cours de leur discussion, Thierno Seydou Pam a passé un appel vidéo avec son interlocuteur, lui montrant ses parties intimes afin de le pousser à programmer une rencontre.
Le 31 décembre 2025, aux environs de 12 heures 32 minutes, des discussions avec le pseudonyme « Grec Nicolson », associé au numéro 781…, identifié sous le nom de Mamadou Aliou Ba, 29 ans, à propos d’actes contre nature ont été relevées. Au fil de leur discussion, ils ont échangé des vidéos d'actes contre nature, tout en s’exprimant sur la situation des homosexuels du pays. C’est ainsi que T. S. Pam a affirmé à son interlocuteur qu’il n'allait pas arrêter la pratique de l’homosexualité.
À la date du 20 décembre 2025, aux environs de 03 heures 26 minutes, une discussion avec le pseudonyme « Rambi O Foire », associé au numéro 706…, non identifié, porte sur la programmation d’une rencontre sexuelle. Le jeune Pam a fait savoir à son interlocuteur qu’il avait partagé son numéro avec un autre partenaire. Ainsi, il lui a confirmé que ce dernier est un habitué des faits. De plus, il lui a conseillé de le rencontrer pour une séance de sexe tarifiée à 15 000 francs CFA. Par ailleurs, le mis en cause a affirmé qu’il consommait de l’alcool et de la drogue.
Trois célébrités citées…
Le 11 février 2026, aux environs de 19 heures 33 minutes, une discussion avec le pseudonyme « sma dija », associé au numéro 775…, identifié sous le nom de Khadijatou Samb, 35 ans, parle de l’artiste nommé « SIIR ». Il est également propriétaire des numéros 774… et 788…. En effet, au cours de leur discussion, l’interlocuteur a demandé au mis en cause de faire preuve de vigilance, indiquant que l’artiste SIIR pourrait être contacté compte tenu de la situation actuelle. En réponse, le mis en cause a exprimé son inquiétude à l’égard de cet artiste, évoquant notamment la situation liée aux homosexuels et faisant état d’une relation amoureuse entre SIIR et un nommé B.N., que Thierno Seydou Pam a présenté comme l’ex-compagnon de l’animateur M.W.
Au cours de l’exploitation du téléphone, des images et vidéos en rapport avec les faits ont été relevées. Les enquêteurs ont conclu que l’exploitation du téléphone de Thierno Seydou Pam a permis de découvrir des éléments utiles à l’enquête en cours.
En effet, l’analyse des données extraites a permis de connaître l’existence d’échanges et de fichiers susceptibles de présenter un lien avec les faits incriminés. Ces éléments dévoilent des discussions portant sur l’organisation de rencontres à caractère sexuel ainsi que le partage de contenus audiovisuels relatifs à des actes contre nature avec certains partenaires. Les investigations ont permis d’identifier plusieurs interlocuteurs ayant entretenu des échanges avec le mis en cause, notamment SIIR, B.N. et M.W.
Les détails de l’audition de Thierno Seydou Pam
Lors de sa garde à vue, Thierno Seydou Pam a fait des aveux lors de son interrogatoire. Il déballe : « Je suis d’origine saint-louisienne et je suis venu à Dakar après mon baccalauréat afin de poursuivre mes études. À mon arrivée, j’ai commencé à pratiquer du sport, notamment le basket-ball. Cependant, chaque fois que je voyais mes camarades de sport dans les vestiaires porter leurs boxers, j’éprouvais des sensations bizarres et j’avais des érections. J’ai essayé de comprendre ce qui se passait, mais je n’y parvenais pas. Même lorsque je rentrais à la maison, je repensais à ces images, ce qui me perturbait beaucoup. J’ai donc fini par éviter les vestiaires et je préférais m’isoler pour pratiquer mon sport. Après deux années passées à l'ENSUP, j’ai décidé de voyager au Maroc afin de poursuivre mes études en licence. Au Maroc, je travaillais en même temps dans la restauration. C’est là -bas que j’ai rencontré un Camerounais nommé Stéphane, avec qui je sympathisais et partageais presque la même chambre. De temps en temps, nous sortions ensemble dans des boîtes de nuit. Un jour, lors d’une fête organisée par des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, Stéphane est venu avec un de ses amis nommé Russel. Pendant la fête, ils consommaient de l’alcool et de la drogue (MD)".
Poursuivant, il déclare : "Comme j’avais refusé de consommer de la drogue, Stéphane en a mis dans ma boisson à mon insu. Après cela, j’ai perdu le contrôle de moi-même et, cette nuit-là , ils ont eu des rapports sexuels avec moi pratiquement toute la nuit. Le lendemain matin, à mon réveil, j’avais des douleurs partout dans le corps et il y avait du sang sur moi. J’en ai parlé à un ami nommé Malak, qui m’a conseillé d’aller à l’hôpital et ensuite de porter plainte. Je me suis donc rendu à la police pour déposer plainte, mais Stéphane avait déjà déménagé. Cela s’est passé en 2023. En 2024, je suis revenu à Dakar, où je travaillais au niveau du Casino du Cap-Vert comme assistant à la clientèle. C’est là que j’ai rencontré un homme nommé Hubert, un architecte originaire du Gabon. Nous avons entretenu une relation entre 2024 et 2025, durant laquelle nous avons eu des rapports sexuels seulement trois fois, car il n’était pas souvent au Sénégal et voyageait beaucoup. En février 2025, j’ai fait la connaissance d’un certain Rambi sur Snapchat. Il se présentait comme professionnel du massage. J’ai pris rendez-vous avec lui et, lorsqu’il est venu, après le massage, nous avons eu un rapport sexuel avant qu’il ne reparte. Entre-temps, Hubert était revenu au Sénégal et nous avons encore eu un rapport sexuel avant qu’il ne retourne au Gabon. Je suis passif (Oubi). Je n’ai pas de petite amie. Mon dernier test de VIH datait de 2019, lorsque j’étais au lycée. J’ai appris que j’avais la maladie lorsqu’on m’a fait le test le jour de mon arrestation. Je pense que c’est Hubert qui m’a contaminé, car avec Rambi nous étions protégés », a-t-il déclaré aux enquêteurs.







