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Procès de Lamine Diack : retour sur les origines des présumés éléments de corruption et d’une procédure


Rédigé le Vendredi 18 Septembre 2020 à 12:39 | Lu 132 fois | 0 commentaire(s)



Au cours de l'année 2014, Liliya SHOBUKHOVA, athlète russe de niveau international,
dénonçait, à la suite d'une procédure de sanction pour dopage mise en oeuvre par la Fédération russe d'Athlétisme (ci-après l'ARAF) à son encontre, des faits de corruption auprès de l'AMA et de l'IAAF. Elle expliquait avoir versé, courant 2012, une somme de 450.000 euros en espèces à des dirigeants de l'ARAF pour échapper à cette procédure disciplinaire et pouvoir continuer à concourir, ce qui lui avait permis de participer en 2012, aux Jeux Olympiques de Londres et au Marathon de Chicago.


Procès de Lamine Diack : retour sur les origines des présumés éléments de corruption et d’une procédure
C’est à la suite de cette révélation, que la commission d'éthique de l'IAAF et l'AMA ont ouvert chacune, une enquête.

En décembre 2014, la chaîne allemande ARD diffusait un documentaire intitulé « Comment
la Russie crée ses vainqueurs » de Hajo SEPPEPLT, dans lequel étaient dénoncés non seulement des pratiques de dopage systématique en Russie, mais également des soupçons de corruption au sein de l'IAAF. Une seconde athlète russe, Yulia STEPANOVA, témoignait avoir interrompu en février 2012 le régime dopant qu'elle suivait, lorsque l'entraîneur de l'équipe nationale russe d'athlétisme, Alexeï MELNIKOV, lui avait expliqué qu'elle était suspectée de dopage et que son nom figurait sur une liste d'athlètes dont les passeports biologiques étaient anormaux transmise par l'IAAF à l'ARAF. (D1, D36/15)

Au regard de ces nouvelles révélations, l'AMA décidait de confier la suite de son enquête à
une commission indépendante dont les investigations s'orientaient à la fois vers les athlètes
russes et l'ARAF, mais également vers des actes de corruption en lien avec l'IAAF.


Un pré-rapport était établi en juillet 2015, à partir des témoignages des athlètes russes Liliya SHOBUKHOVA et Yulia STEPANOVA et de leur entourage, mais également des déclarations des personnes travaillant au sein du service antidopage à l'IAAF et de pièces produites au cours de l'enquête.

Il en ressortait que l'IAAF, qui avait mis en place à partir de 2009 le passeport biologique des athlètes dans le cadre de ses contrôles antidopage, avait constaté à compter de novembre 2011 vingt-trois cas de passeports biologiques d'athlètes russes anormaux, pour lesquels les athlètes n'avaient pas été sanctionnés ou les procédures de sanctions avaient été anormalement longues, ce qui avait permis à des athlètes figurant sur la liste de participer aux Jeux Olympiques de Londres de 2012.

Le rapport relevait que ces faits étaient concomitants avec la négociation par l'IAAF de
contrats de sponsoring avec la banque russe VTB et des droits télévisés pour les Championnats du monde qui devaient avoir lieu à Moscou en 2013.

Au cours de son enquête, la commission indépendante avait par ailleurs reçu le témoignage
d'une athlète turque, Asli CAKIR, épouse APTEKIN, médaillée d'or du 1.500 mètres aux Jeux Olympiques de Londres de 2012, qui déclarait avoir été victime d'une tentative d'extorsion de la somme de 500.000 euros en échange de la dissimulation des résultats positifs de son passeport biologique. (D36/22)


Le 4 août 2015, le Président de la commission indépendante de l'AMA dénonçait l’ensemble de ces faits au Procureur national financier. Parallèlement à l'enquête de l'AMA, en juillet 2014, le Comité d'éthique de l'IAAF avait confié à Antony HOOPER, une enquête sur les manquements au code de déontologie de l'IAAF susceptibles d'être reprochés à :

• Liliya SHOBUKHOVA, qui avait révélé avoir accepté de verser des fonds pour ne pas
être sanctionnée à la suite d'une suspicion de dopage ;

• Valentin BALAKHNITCHEV, président de l'ARAF et trésorier de l'IAAF, qui était mis
en cause par Liliya SHOBUKHOVA comme étant impliqué dans les faits de corruption
qu'elle avait dénoncés ;

• et Gabriel DOLLE, directeur du service médical et antidopage de l'IAAF.
26- En décembre 2014, à la suite de la diffusion du documentaire d'Hajo SEPPEPLT, le
périmètre de l'enquête était élargi aux manquements au code de déontologie de l'IAAF
susceptibles d'être reprochés à :

• Papa Massata DIACK, fils du président de l'IAAF, Lamine DIACK, qui avait une
mission de consultant marketing à l'IAAF sur la période en cause ;

• Et Alexeï MELNIKOV, entraîneur de l'ARAF pour les marathoniens et marcheurs.
(D383/2)

27- Le parquet national financier ouvrait d'abord une enquête préliminaire le 18 août 2015
confiée à l'Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales
(OCLCIFF). (D40)



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