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"Mourir dans la dignité": Face à une maladie incurable, une femme intente un procès pour mettre fin à ses jours


Rédigé le Vendredi 14 Février 2020 à 13:53 | Lu 241 fois | 0 commentaire(s)



Après plusieurs mois dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital pour traiter sa maladie incurable, Ana Estrada a décidé qu’à un moment donné, elle voudrait mourir avant que la situation ne s’aggrave


Estrada, 43 ans, est clouée au lit avec une maladie qui atrophie ses muscles depuis la puberté. Elle ne veut pas se suicider mais son corps est déjà très affaibli. 

Selon la loi péruvienne, ce serait un crime de l’aider à mourir. Tous les auteurs d’aide au suicide et de meurtre d’un patient en phase terminale, appelé « meurtre compassionnel », sont paisible d’une peine d’emprisonnement. 

Aujourd’hui, Estrada poursuit l’État en justice, espérant qu’un juge la laissera mourir, ce qu’elle appelle « mourir dans la dignité. » 

« Je voulais le faire illégalement », a déclaré Estrada à Reuters vendredi, depuis son lit d’hôpital. 

« Mais il y a un risque… parce que je ne peux pas laisser quelqu’un m’aider à mourir. Je ne peux pas demander à un parent de commettre un crime. » 

Dans ce pays à majorité catholique, où l’avortement et le mariage homosexuel restent illégaux, Estrada et ses avocats considèrent cette bataille judiciaire comme un premier pas vers la légalisation de l’euthanasie au Pérou. Selon Estrada, la bataille pour mourir a dynamisé sa vie.
 
 
L’euthanasie n’est pas autorisée dans de nombreux pays, et l’Église catholique reste un adversaire acharné. En Amérique latine, la Colombie l’a autorisée sous certaines conditions. 

Depuis son adolescence, Estrada vit avec une polymyosite, une maladie inflammatoire qui atrophie ses muscles et n’a pas de remède. Elle est alitée et respire la plupart du temps par un ventilateur, si bien que sa voix est réduite à un murmure. 

Les avocats du bureau du médiateur public du Pérou se sont saisis du cas d’Estrada, soulignant que le fait de ne pas la laisser mourir est inconstitutionnel, violant ainsi son droit à vivre dans la dignité. Une cour constitutionnelle devrait examiner son cas, qui a été déposé la semaine dernière. 

« Nous façonnons l’histoire de notre vie avec nos décisions, et il n’est pas logique que dans le dernier chapitre de notre vie nous ne soyons pas autorisés à prendre la décision (de mourir) », a déclaré le médiateur public du Pérou, Walter Gutierrez, lors d’une conférence de presse. 

Estrada ne sait pas quand elle voudra mourir, seulement que son état va continuer à s’aggraver et qu’elle aimerait mettre fin à sa vie lorsqu’elle ne pourra plus le supporter. 

« Pourquoi mourir dans la dignité ? Parce que je veux éviter la souffrance. Mais surtout parce qu’il s’agit de la façon dont je vis ma vie, de la liberté. Je ne me sens pas libre en ce moment. Je n’ai pas la liberté de choisir. »


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