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Mbour : Un émigré espagnol manque de perdre sa villa de 100 millions après un prêt de 10 millions de FCFA


Rédigé le Mercredi 7 Octobre 2026 à 20:46 | Lu 65 fois | 0 commentaire(s)




Une affaire d’usure, de faux et usage de faux et d’abus de confiance oppose Moustapha Dieng à Djiby Faye autour d’une maison située à Saly Carrefour Extension. Les deux protagonistes ont fait face aux juges du Tribunal de grande instance (TGI) de Mbour.

​À l’audience des flagrants délits, ils sont revenus sur les faits. Moustapha Dieng, qui réside en Espagne, explique avoir sollicité, en novembre 2024, un prêt de 10 millions de francs CFA après avoir renoncé à vendre sa maison à 70 millions de francs CFA. Mis en relation avec Djibril Faye, il aurait obtenu la somme contre la remise des documents de son domicile en garantie, avec des intérêts initialement fixés à cinq millions de francs CFA.

​Après deux reports de paiement, le montant réclamé par le créancier aurait fortement augmenté. De 15 millions de créance, Djibril Faye lui aurait réclamé 35 millions. Face à cette situation, Moustapha Dieng explique avoir introduit une opposition sur sa parcelle à la mairie de Saly avant de retourner en Espagne.

​Djiby Faye soutient, de son côté, qu’il ne s’agissait pas d’un prêt, mais d’une vente de la maison pour 15 millions de francs CFA, conclue le 26 novembre 2024. Il affirme avoir versé 11 millions en espèces et remis un chèque de 4 millions.

​L’enquête relève toutefois plusieurs irrégularités dans l’acte de vente, notamment l’absence d’authentification notariale et de plusieurs mentions relatives au bien immobilier. Les témoignages recueillis auprès de Bassirou Guèye et de Mame Sémou Diouf vont, eux, dans le sens de l'existence d'un prêt de 10 millions garanti par les documents de la maison.

​Pour Me Élimane Amar Kane, l’objectif véritable de l’usurier n’était pas le remboursement du prêt, mais de mettre la main sur le gage.

​« L’intérêt de l’usurier, ce n’est pas le remboursement. L’intérêt de l’usurier est de s’accaparer du gage », a-t-il soutenu. L’avocat estime que la maison, dont la valeur pourrait atteindre 80 à 100 millions de francs CFA, ne pouvait raisonnablement être vendue pour 15 millions.

​Selon lui, la transaction était profondément déséquilibrée. Il considère l’acte de vente comme un faux, estimant qu’au moment où Moustapha Dieng aurait voulu rembourser, Djibril Faye aurait refusé avant de chercher à s’approprier la maison. L’avocat de la partie civile réclame ainsi 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

​Le procureur a, lui aussi, sévèrement chargé le prévenu.

​« Je ne pensais pas qu’on pouvait être aussi cynique envers une personne qui avait besoin d’aide », a-t-il déclaré. Selon le parquet, Moustapha Dieng avait besoin de 10 millions de francs CFA et s’était tourné vers des connaissances pour trouver un prêteur.

​Le représentant du ministère public a insisté sur le caractère réglementé du prêt d’argent au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Pour le parquet, ces éléments caractérisent un prêt usurier et Djibril Faye doit être déclaré coupable.

​Le procureur lui reproche également d’avoir commis un faux en écritures, en référence à l’acte présenté comme une vente de la maison.

​De son côté, Me Oumar Sène a tenté de démontrer tant bien que mal que son client, Djibril Faye, avait bel et bien acquired la maison dans le cadre d’une vente et non d'un prêt.

​Le tribunal rendra son délibéré le mardi 13 octobre 2026.



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