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Mathydy : Un couple d’expatriés sénégalais réinstallés à Dakar, crée la première montre 100% africaine


Rédigé le Mercredi 12 Juin 2019 à 22:59 | Lu 117 fois | 0 commentaire(s)




Mathydy : Un couple d’expatriés sénégalais réinstallés à Dakar, crée la première montre 100% africaine

Créée par un jeune couple d’expatriés sénégalais réinstallés à Dakar, la marque a fait fureur à la Foire de Paris avec son design qui s’inspire des cultures du continent.

Que son mari lui offre sa première montre pour fêter leur union aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Si Mathy Lô n’a pas compris ce jour de janvier 2013 que son idylle avec Idrissa serait aussi une histoire de montres, leurs premiers mois de mariage l’ont vite ramenée à l’évidence. Depuis, la jeune femme a toujours l’heure au poignet. Mais plus rien à voir avec son cadeau de mariage. Ce sont ses propres créations qu’elle porte : les premières montres de luxe africaines.Lire aussi 

 

Pourtant, tous deux rentrent sans business plan ni idée très claire de ce qu’ils veulent faire. Au départ, c’est la grande aventure avec comme seul financement leurs économies personnelles et comme seule force de travail, leur cerveau et leurs mains

Mathy commence par ouvrir un magasin de bijoux dans Dakar. « De jolis bijoux, entre la fantaisie et l’or. Des choses plus fines que le classique collier africain de nos mères, des chaînes, pendentifs, bracelets un peu pensés pour la jeunesse qui regarde vers l’Occident, mais qu’on a aussi envie d’offrir à nos mamans pour changer un peu », aime à décrire la Sénégalaise de 33 ans. Ses créations locales et autres importations trouvent vite leur marché, au point qu’elle ouvre rapidement une deuxième boutique dans un second quartier de Dakar. Très vite aussi, on lui demande des montres qui iraient avec les bijoux qu’elle vend. Mais là, le couple sèche. Il cherche, importe, mais n’est jamais vraiment satisfait. « Les produits étaient trop lourds, trop massifs, pas assez subtils et puis il manquait toujours cette petite touche d’Afrique que nous aimons », se souvient Mathy. Germe alors l’idée de faire venir les mécanismes, et de créer avec des artistes locaux un design africain.

L’aventure les séduit et ils se lancent, faisant appel à des artisans en bogolan capables de créer un fond de montre aux motifs et aux couleurs de leur continent, des spécialistes du cuir capables de préparer des bracelets de belle qualité, d’autres en métal pour « changer de style sans changer de montre », résume Mathy, sourire aux lèvres. « Au départ, on avait pensé à un graphisme wax, mais c’était une idée à dépasser parce qu’il nous fallait quelque chose de plus raffiné, de plus recherché, un peu moins attendu », poursuit le couple à l’unisson.

DR

Aujourd’hui une dizaine de personnes participent à l’aventure Mathydy. A Dakar, on importe des mécanismes japonais, choisis pour leur précision et leur rapport qualité-prix plus intéressant que les suisses, on dessine et on assemble. De nouvelles équipes vont rapidement rejoindre la marque qui déjà s’internationalise. « Nous sommes en train de passer de deux à cinq boutiques au Sénégal. L’aéroport de Dakar nous a demandé d’être présents et nous sommes quasi prêts à ouvrir en Côte d’Ivoire », observe la trentenaire ravie « de faire travailler des jeunes créateurs et designers pour leur donner une première chance et qu’ils n’aient pas envie de quitter le pays ».

A les entendre, la clé de cette réussite repose sur l’adéquation entre le produit, ce qu’il représente et les envies du consommateur. « Vous ne pensez pas que les gens en ont assez de se ruiner pour acheter une fausse montre de marque ? », interroge Idy. « La plupart des produits qui circulent en Afrique sont des copies de grandes marques, vendues très chères et sans aucune garantie parce qu’elles sont fausses »,déplore-t-il.

« L’Africain aime autant le luxe que l’Européen. Mais nous faisons le pari de le mettre à la portée d’un maximum de consommateurs d’ici »,ajoute Mathy. Le prix d’une montre oscille entre 79 euros et 89 euros, pour que le jeune cadre africain puisse s’en offrir une, ou l’offrir en cadeau. « Beaucoup de nos clients cherchent un produit à la fois beau et original », ajoute Idrissa, qui reconnaît que, pour l’heure, cette gamme de produits manque encore trop sur son continent que la Chine a inondé de pacotille.

Service haut de gamme

Pour le couple, le luxe passe aussi par un service haut de gamme, qui veut trancher avec le standard dakarois. « Dans nos boutiques, le client doit trouver un service impeccable, de haut niveau ; comme sur Internet. D’ailleurs, nous adaptons ce mode d’achat émergent aux attentes locales », précise Idy. « Chez Mathydy, le paiement d’un achat Internet peut se faire à la livraison, ce qu’adore le consommateur sénégalais, et cette livraison est opérée par coursier, de façon hyper rapide », ajoute le jeune patron. Une façon aussi de rappeler qu’il peut exister d’autres modèles que les géants de la livraison immédiate.



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