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Lambi demb - Le «ndenguégne» ou les oreilles en champignon : maladie naturelle ou dopage ?


Rédigé le Dimanche 21 Février 2021 à 12:54 | Lu 447 fois | 0 commentaire(s)



Leral revisite la lutte sénégalaise à travers les hauts faits des anciens champions comme Robert Diouf, Mbaye Guèye, Falaye Baldé, entre autres. Le thème est "le ndeguegne ou les oreilles en champignon", cette maladie qui se situe au niveau des oreilles des lutteurs. Et sans un bulletin médical correct, cela peut entraîner d'autres contaminations. Ces extraits sont tirés du livre sur la lutte sénégalaise "Au-delà des millions et des passions", du journaliste Omar Sharif Ndao.


Le «ndenguégne», non, ce n’est pas une technique de combat, mais bien une maladie. Celle des oreilles en champignon. En forme de chou fleur ou de champignon comme son nom l’indique, le «ndenguégne» est interprété comme une maladie naturelle. Mais quand la gangrène est homogène, elle est peut-être l’œuvre de substances interdites comme les corticoïdes.

Technique de lutte

Les oreilles en champignon, communément appelées «ndenguégne», une technique de lutte, sont des anomalies qui touchent les lobes, avec des gonflements plus ou moins homogènes.

Selon le docteur Ababacar Ngom, médecin des sports, les oreilles en champion sont causées de manière générale par le frottement du lobe sur un tatami, surtout pour les lutteurs qui pratiquent la lutte gréco-romaine. «En général, ce sont les lutteurs qui fréquentent régulièrement les tatamis qui contractent les oreilles en champignon. Elles sont causées par le frottis des lobes sur le tatami. Quand le lutteur est au sol, sa tête immobilisée, il veut se défaire de la prise et la tourne régulièrement de gauche à droite. Ce sont ces mouvements qui entraînent de gros hématomes. Le plus souvent, les lobes sont remplis de sang», diagnostique le médecin de l’Académie Aspire. Ayant fait un suivi de deux ans avec ces lutteurs, Doc Ngom certifie que les oreilles en champignon touchent les hommes, ainsi les filles qui pratiquent la discipline. «J’ai suivi ces lutteurs de 2006 à 2008 et les oreilles en champignon touchent les garçons comme les filles. Je connais une Camerounaise et une Ivoirienne qui souffrent de ces symptômes», indique ce dernier.

Utilisation de substances interdites

Le «ndenguégne» est-il seulement causé par le tatami ? «Non !» répond le toubib, Selon son constat, certains lutteurs contractent les oreilles en champignon de façon illicite en utilisant des substances interdites. «De loin, on ne peut pas affirmer que certains lutteurs, avec leurs oreilles en champignon prennent des substances interdites. Mais de près, on peut être catégorique. En prenant des produits comme les corticoïdes, cela cause des oreilles en champignon et la zone atteinte est homogène. Elle est proportionnée par rapport à la quantité prise. De visu, le dopage est manifeste. Par contre, les oreilles en champignon contractées sur le tatami n’englobent pas tout le lobe. Il y a des parties atteintes et d’autres non», ajoute-t-il.

Malal Ndiaye, international de lutte traditionnelle et olympique, est une voix autorisée dans ce registre, d’autant que lui-même a les oreilles en champignon. Apostrophé sur la question, il enfonce le clou. «C’est vrai que les oreilles en champignon sont de différentes natures. Moi qui pratique les trois formes de lutte, je suis assez bien placé pour le dire. Le «ndenguégne» est une maladie très dangereuse. Elle se contracte pour la lutte sur le tatami comme l’a souligné le Dr Ngom. Pour la lutte avec frappe, c’est le sable qui est le principal vecteur de la maladie. Quand les deux lutteurs s’accrochent en position «ndenguégne» (tête, oreille contre oreille), le sable qui s’intercale finit même par crever l’hématome et les saignements sont atroces», s’inquiète Malal.

Ces blessures ne sont pas sans danger car les concernés courent beaucoup de risques. Pour Docteur Ngom, l’oreille en champignon peut entraîner une infection généralisée de la plaie, appelée septicémie. «La septicémie est une infection du sang et le concerné peut courir des risques graves jusqu’à la section de son oreille, si la blessure est mal soignée. Mais dès la manifestation, une ponction du sang est nécessaire et le reste des soins se fera avec du pansement propre», prévient l’ancien médecin du Jaraaf.


Par contre, Malal Ndiaye crève l’abcès : «J’avais contracté cette blessure et il a fallu avoir recours à la ponction, c’était atroce. Il fallait éviter une infection généralisée et autres. Plus grave, il arrive qu’un lutteur, victime des oreilles en champignon voit son abcès crever et que son sang touche son adversaire. Ce sont des risques très graves d’autant que beaucoup de lutteurs ne respectent pas les visites médicales autorisées. Certains soudoient les médecins alors qu’ils ne sont pas aptes. On peut y contracter différents types de maladies comme l’hépatite B ou le VIH, on ne sait jamais. On a la chance de faire toutes nos visites durant nos stages en équipe nationale. Rien n’est laissé au hasard, même les contrôles antidopage», avertit le médaillé de bronze en lutte olympique.


Dans le lot des lutteurs touchés par le phénomène des oreilles en champignon, on peut citer Khadim Ndiaye, Gambien, Balla Gaye N°2, Modou Lô, Assurance, et autres. Les oreilles en champignon, sont-elles considérées (à tort ?) pour certains qui affirment que c’est l’apanage des meilleurs lutteurs. Et ceux qui utilisent des raccourcis ? «Un faux problème», selon Doc Ngom. «Yékini a longtemps pratiqué la lutte gréco romaine et olympique. Pourtant, il ne traîne pas ces séquelles de champignon. On en trouve, des lutteurs qui n’ont pas plusieurs combats et qui ont des oreilles en champignon. Je penche sur les qualités de Yékini qui font qu’il n’a pas ces oreilles en champignon, mais pour les autres, qui les ont, sans passer par le tatami, les questions restent en suspens», révèle ce dernier, sans indexer personne.

Pour certains amateurs accrochés, les avis sont partagés : «Ce n’est pas joli à voir et j’en connais des lutteurs qui doivent aller se soigner. Dès fois, on est ensemble, mais du sang, du pus dégouline le long des oreilles. Je trouve que ce n’est pas salubre et très risqué pour eux», se plaint Ibrahima Diop alias «Kalissa». Ndèye Ndak, elle, est du même avis et exhorte ces derniers à être plus regardant dans leur hygiène intérieure. «Une maladie se soigne, mais j’ai remarqué que certains lutteurs ne sont pas assez propres. Quand on les rencontre dans la rue, ce n’est pas bien et s’ils y ajoutent les oreilles en champignon, excusez moi du terme, c’est sale», se désole-t-elle.



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