La Gambie a reçu 2,5 millions de dollars issus de la liquidation aux Etats-Unis d'une propriété du président déchu Yahya Jammeh, fonds qui serviront à indemniser ses victimes, a annoncé mardi la Commission nationale chargée des réparations.
L'ancien dictateur Yahya Jammeh est accusé d'avoir détourné des millions de dollars des caisses de l'État pendant ses années au pouvoir (1994-2017), affectant des fonds publics à des fins personnelles, tout en se rendant coupable de graves violations des droits humains.
Dans un communiqué, la Commission informe "les victimes, les survivants et le public qu'elle a reçu 2,5 millions de dollars (2,2 millions d'euros) issus de la confiscation et de la vente de la propriété de l'ex-président Yahya Jammeh à Potomac", près de Washington.
"Ces fonds ont été directement déposés sur le compte du Fonds de réparations (de la commission Vérité, réconciliation et réparations, NDLR) à la Banque centrale de Gambie et seront uniquement utilisés pour le paiement des réparations" aux victimes de M. Jammeh, selon ce communiqué.
Le texte souligne que cela marque un "pas important dans l'avancement de la mise en oeuvre des recommandations" de cette commission, qui s'est penchée sur les atrocités de l'ère Jammeh et que le gouvernement gambien a endossées en 2022.
Parmi ces crimes : exécutions de 240 à 250 personnes par des agents de l'État, disparitions forcées, viols, actes de torture, détentions arbitraires et même administration contrainte d'un faux traitement contre le sida.
Les fonds reçus des Etats-Unis "serviront à de rapides et complètes réparations des victimes éligibles" en conformité avec le mandat de la commission, ajoute-t-elle, assurant qu'ils seront gérés "de manière transparente".
La commission a recommandé un versement total de 3,7 à 4 millions de dollars pour couvrir intégralement les cas de réparations identifiées.
Le très populaire mouvement de jeunesse "Gambians Against Looted Assets" (GALA, "Gambiens contre les avoirs détournés") avait le 8 octobre appelé le président Adama Barrow, au pouvoir depuis 2017, à réagir publiquement à un rapport publié en mars qui faisait le point sur la vente et la cession des avoirs de Yahya Jammeh.
L'actuel chef de l'Etat est candidat à la présidentielle prévue le 5 décembre pour un troisième mandat, ce qui est décrié.
En exil en Guinée équatoriale depuis janvier 2017, après sa défaite face à Adama Barrow au scrutin de décembre 2016, Yahya Jammeh conserve d'importants soutiens en Gambie et pourrait influencer l'élection.








