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IDE : à contre-courant de la tendance mondiale, les flux à destination de l’Afrique en hausse [CNUCED]


Rédigé le Vendredi 14 Juin 2019 à 23:32 | Lu 27 fois | 0 commentaire(s)



Alors que les IDE ont baissé de 13% en 2018, les flux en destination de l’Afrique ont cru de 11% la même année. C’est ce que relève l’édition 2019 du rapport du « World Investment Report » qui vient d’être publié par la CNUCED et qui a mis l’accent cette année, sur le potentiel des Zones économiques spéciales (ZES), très en vogue sur le Continent.


IDE : à contre-courant de la tendance mondiale, les flux à destination de l’Afrique en hausse [CNUCED]

Bonne nouvelle pour le Continent où les Investissements directs à l'étranger continuent à faire de la résistance selon l'édition 2019 du rapport annuel « World Investment Report », que vient de publier la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Selon le rapport, les IDE à destination de l'Afrique ont cru de 11% en 2018 pour s'établir à 46 milliards de dollars, alors qu'au niveau mondial, les investissements ont baissé de 13%. Selon la CNUCED, cette bonne dynamique des IDE en Afrique s'explique par « la hausse de la demande et des prix de certains produits de base ainsi que la croissance des investissements non liés à l'exploitation des ressources naturelles dans d'autres économies africaines ». En dépit des turbulences qui affectent l'économie mondiale notamment la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les perspectives pour le Continent restent prometteuses surtout avec l'entrée en vigueur de l'accord portant instauration d'une Zone de libre échange africaine et continentale africaine (Zlecaf).

« L'accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) renforcera la coopération régionale. Ceci, conjugué aux perspectives de croissance optimistes, est de bon augure pour les flux d'IED vers le continent », a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

Selon la CNUCED, bien que les multinationales des pays en développement étendent de plus en plus leurs activités en Afrique, ce sont les investisseurs des pays développés restent les principaux acteurs. D'après les données recueillies jusqu'en 2017, la France est le plus gros investisseur en Afrique, même si son stock d'investissements est resté pratiquement inchangé depuis 2013. La France est suivie par les Pays-Bas, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine. « Bien que les investissements dans le secteur manufacturier et les services soient susceptibles de se maintenir, ils devraient se limiter à quelques pays d'Afrique du Nord et du Sud et aux nouveaux usines de fabrication que sont les pays d Afrique de l'Est", a estimé la CNUCED.

Lire aussi : [IDE : sous l'effet Trump, les flux baissent même en Afrique [CNUCED]]url:https://afrique.latribune.fr/finances/investissement/2018-10-16/ide-sous-l-effet-trump-les-flux-baissent-meme-en-afrique-cnuced-794125.html

L'Egypte, premier bénéficiaires des IDE

C'est l'Egypte qui se maintient à la première place des destinataires des IDE en Afrique avec 6,8 milliards de dollars en 2018, malgré une baisse de 8 % par rapport à 2017. Le pays des pharaons est talonné par l'Afrique du Sud qui a enregistré 5,3 milliards de dollars d'entrée en 2018, soit le double des IDE perçus par la nation arc-en-ciel une année auparavant. La République du Congo vient en troisième position du classement avec 4,3 milliards de dollars d'IDE en 2018, devançant ainsi le Maroc avec 3,6 milliards de dollars et l'Ethiopie avec 3,3 milliards de dollars.

Selon le rapport, les pays d'Afrique du Nord ont reçu des IDE estimés à 14 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 7% par rapport à 2017, grâce notamment aux bonnes performances de l'Egypte et du Maroc. De son coté, l'Afrique subsaharienne a perçu 32 milliards de dollars d'IDE, en hausse de 13% par rapport à 2017.  En Afrique de l'Est, les flux sont restés stables avec des IDE de 9 milliards de dollars. Dans cette sous-région, c'est l'Ethiopie qui est le premier pays destinataire des investissements étrangers. En Afrique de l'Ouest, le montant global des IDE a accusé une baisse de 15 % en 2018 par rapport à son niveau de 2017 avec une estimation de 9,6 milliards de dollars. Cette baisse de régime pour les pays de la CEDEAO s'explique en grande partie et selon la CNUCED, par les mauvaises performances du Nigeria où les IDE ont chuté de 43%, avec un montant de 2 milliards de dollars en 2018, et aussi du Ghana qui n'a capté en 2018 que 3 milliards de dollars, soit une baisse de 8% par rapport à 2017.

Zones économiques spéciales

Cette année, le rapport de la CNUCED s'est intéressé aux "Zones économiques spéciales" (ZES), qui ont pignon sur rue en Afrique. Selon les auteurs du rapport, le nombre croissant des zones économiques spéciales pourrait devenir un facteur supplémentaire pour attirer les investissements sur le continent au cours des prochaines années. On estime aujourd'hui à 237 le nombre de ZES en Afrique, dont certaines sont encore en construction, ainsi que plus de 200 zones à entreprise unique dites « zones franches ». D'après le rapport, 38 des 54 économies du continent disposent de Zones économiques spéciales avec le Kenya qui dispose du plus grand nombre d'entités (61). Le rapport note aussi que si les principales grandes économies du continent disposent toutes de programmes de ZES bien développés, beaucoup de pays ont seulement établi des cadres de ZES au cours de la dernière décennie et ont tendance à avoir moins de zones.

Lire aussi : Africa Investment Forum : à Johannesburg, la BAD inaugure son «marché des investissements»

La tendance actuelle qui se dégage sur le Continent, c'est une coopération régionale plus étroite entre les Etats, ce qui ouvre également la voie à des zones régionales et transfrontalières plus ambitieuses. En 2018, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Mali ont lancé une ZES couvrant les régions frontalières des trois pays. De même, l'Éthiopie et le Kenya ont récemment annoncé leur intention de convertir la région de Moyle en une zone de libre-échange transfrontalière. Selon le rapport, «bien que l'objectif de ces zones sur le continent, surtout en Afrique subsaharienne, soit d'améliorer le secteur manufacturier et les exportations dans les industries où la main-d'œuvre est peu qualifiée, comme le textile et le prêt-à-porter, certains pays ciblent des secteurs diversifiés ayant une plus grande valeur ajoutée ».
 



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