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Dans l’intimité des Catholiques polygames


Rédigé le Mardi 7 Décembre 2021 à 17:43 | Lu 147 fois | 0 commentaire(s)




Dans l’intimité des Catholiques polygames
Sujet tabou dans le Christianisme, la polygamie est pourtant bien présente dans cette religion.  Au Sénégal, ce régime banni par l’Eglise et formellement interdit, est pratiqué par certains Catholiques. Au nom de la coutume. 
 
Il est l’exception de toute une communauté. Celui qui va à l’encontre des règles et valeurs établies du Christianisme. Originaire de la région d’Oussouye, Christophe Badiane* appartient à l’ethnie «Diola Bandial». Et chez lui, la polygamie est bien une réalité. Tous les matins, depuis 7 ans, c’est le même rituel pour Christophe. L’homme de 65 ans prépare un petit sac avec quelques vêtements de rechange. Ce soir, il dormira chez sa 2e femme. Enseignant à la retraite, ce Catholique polygame partage sa vie entre deux foyers, deux épouses. La première, Yvette* 50 ans, épousée il y a douze ans, est la mère de ses sept enfants. Et puis, il y a Marie Angelle*, âgée de 40 ans. Une situation qui est loin de le déranger. Bien au contraire. Pour ce père de famille, la polygamie est un fait reconnu et adoubé par sa coutume et sa société. «Chez les Diola Bandial, originaire d’Oussouye, un homme peut épouser plusieurs femmes. D’ailleurs, dans certaines familles, c’est même une exigence. Donc, je l’ai fait pour me conformer à ma tradition», embraie Christophe. Dès lors, dans ce foyer de polygame, c’est comme s’il y avait une règle admise et une réalité. Catholique pure souche, Christophe s’est marié à l’Eglise, devant Dieu et les Hommes, avec sa première femme, Yvette. Et pour suivre la tradition établie par la coutume, au plan social, il a pris comme seconde épouse, Marie Angelle. «Je ne pouvais pas choisir entre la religion et la tradition, donc, j’ai opté pour les deux», ironise-t-il. Comme pour se dédouaner, l’enseignant à la retraite confesse. «Nous sommes en Afrique et nous avons nos réalités. Nous tenons à vivre comme nos ancêtres, même si nous sommes Chrétiens croyants.» La voix rauque, il poursuit : «Le Tout-Puissant est l’unique être apte à nous juger. Certes, je suis Chrétien, mais je n’ai totalement pas oublié les pratiques de mes ancêtres. J’ai hérité, en quelque sorte, de ce statut de polygame de ma tribu, où chaque homme doit prendre deux ou trois femmes. Mais, je suis très régulier aux messes et même aux activités de ma paroisse.» Son statut de polygame, Christophe le vit le plus normalement du monde. «Je suis à l’aise dans ce que je fais. Je n’ai pas de problèmes ni avec mes femmes, ni avec mes enfants», explique l’enseignant à la retraite avec un large sourire aux lèvres. Tiraillé, il se dit conscient que «s’approcher et communier au Corps et au Sang du Christ sauve et libère tout homme des vices de ce monde», mais il n’a pas le choix…
 
La polygamie chez les Chrétiens, où le fait est interdit, au risque d’être excommunié, est bien une réalité sous nos cieux. Dans certaines ethnies profondément traditionnalistes, elle passe crème. Et les arguments pour la justifier reposent fondamentalement sur la coutume. Partant de ce postulat, Christophe, François et P. Dieng ont décidé de sauter le pas.    
 
«Tout Chrétien qui s’adonne à cette pratique sera excommunié»
 
Pourtant, l’Eglise catholique est formelle sur ce point. Dans cette religion, la conception du mariage concerne un homme et une femme pour toute la vie. D’ailleurs, la nature biblique du mariage est monogamique et indissoluble. D'après les références de la Genèse, «l'homme doit épouser une seule femme et les deux doivent devenir une seule chair» (Genèse 2:18-24). C’est ce qu’affirme le Prêtre de la Cathédrale de Dakar, Abbé Jacques Seck. «Depuis le début de l’Eglise jusqu’au jour d’aujourd’hui, il n’y a que la monogamie qui est acceptée. Nous pouvons nous rappeler de quelques cas historiques comme Napoléon 1er qui était tenté d’avoir plusieurs femmes. Mais l’Eglise s’est montrée catégorique et inflexible par rapport à la monogamie. D’ailleurs, pour notre communauté, seul ce régime est reconnu.» Le choix de la monogamie tire ses explications, d’une part, de l’origine du Monde. «L’Eglise a choisi la monogamie parce que, selon la Sainte écriture, Dieu a créé Adam et Eve. Il aurait pu donner à Adam deux femmes, lors de sa création, mais il ne l’a pas fait», assure Abbé Seck. Et, d’autre part, de la société. Pour l’homme d’église, la polygamie a des conséquences néfastes. Il explique : «Dans certains foyers, il était difficile de concilier les humeurs et les caractères, si bien que les disputes, voire les bagarres, y surviennent fréquemment. Par conséquent, il est difficile de trouver l'harmonie et la concorde au sein des enfants qui prennent souvent conseil auprès de leurs mères respectives.»  Au vu de toutes ces appréhensions, si un Chrétien s’adonne à cette pratique bannie par le Christ et la religion, il sera tout simplement excommunié. Et dans l’Eglise, la procédure d’excommunion d’un fidèle est simple. «Il faut d’abord que l’Archevêque soit informé de la situation. C’est par la suite que le Prêtre va faire la rencontre du concerné pour lui rappeler les principes de l’Eglise. A la suite de cette discussion, l’autorité va informer le fidèle qu’il est excommunié. C’est-à-dire qu’il ne va plus prendre le corps du Christ. Mais il peut venir à l’Eglise», explique-t-il. Pour l’Abbé de la Cathédrale de Dakar, la coutume ne peut en aucun cas justifier le choix de la polygamie. «Un bon fidèle doit être en phase avec les interdictions de l’Eglise. Il doit totalement bannir le syncrétisme religieux, car ce que le Tout-Puissant et la religion préconisent, doit primer sur toute autre culture.»  
 
«Avoir deux femmes ne fait pas de moi un mauvais Catholique»
 
Son statut de polygame, Francois Diatta* l’arbore fièrement depuis 40 ans. Chrétien, ce père de huit enfants s’est très tôt initié à cette pratique bannie et punissable par sa religion. Mais, fier de lui, François justifie son acte par l’éducation sociologique et culturelle qu’il a reçue. Car, selon lui, la tradition ne lui interdit pas de prendre plusieurs femmes. «Certes, je suis Chrétien et j’en suis fier. Mais avant tout, je suis Africain et Diola. Et nous savons tous que les Diolas sont très attachés à la culture. Mon éducation culturelle me permet d’avoir plusieurs femmes et puis, je ne suis pas le seul dans le village. Donc, il ne faut pas dramatiser la polygamie.» Et adopter ce statut ne fait pas de lui un mauvais pratiquant, loin de là. «Je suis un Catholique, car je suis baptisé à l’Eglise. Mais actuellement, j’ai deux femmes et cela ne fait pas de moi un mauvais Catholique ou une mauvaise personne», indique-t-il. Polygame depuis 1980, Francois Diatta, 70 ans, malgré l’interdiction de l’Eglise, a convolé en secondes noces surtout pour bénéficier d’une main-d’œuvre dans les travaux champêtres. Ainsi, en période d’hivernage, en moins de deux mois, ils arrivent à cultiver tous ses champs. «Nous sommes des cultivateurs et nous avons besoin de main-d’œuvre pour cultiver la terre. Mais je pense que cette dimension échappe à l’Eglise. Le plus difficile c’est que l’Eglise ne reconnaît pas le divorce. De ce fait, si tu as la malchance de tomber sur une mauvaise femme, au nom de quoi tu dois rester avec cette femme toute ta vie ?», se défend François Diatta. Malgré tout, il n’arrive toujours pas à supporter son excommunion auprès de son Eglise. Un fait qui l’a marqué et qu’il ne parvient toujours pas à oublier. Ce, 40 après. «L’Abbé m’a juste appelé et m’a dit que je ne pouvais plus communier, car j’étais polygame. Ce n’est pas facile de l’accepter, car le Sacrément de la première communion est importante dans la vie d’un Catholique. Ainsi, je ne recevais plus le Corps du Christ. Cela constitue une énorme déception pour ma foi catholique, mais aussi pour ma personne qui est en perpétuel conflit avec le Seigneur. Aujourd’hui, je vis mal mon excommunion», explique le polygame, la voix nouée par l’amertume. Du coup, il évite de se rendre à la messe et aux activités de sa paroisse pour ne pas réveiller sa douleur. «Je ne vais à l’Eglise que durant les fêtes religieuses et les enterrements. Car ne pas recevoir le Corps du Christ lors des messes, c’est comme ne pas avoir communié. Donc, je n’y vais plus.» Le phénomène de la polygamie dans le milieu chrétien s’amplifie malheureusement de plus en plus. Ce, surtout dans les villages diolas, sérères, manjaks… Et, selon le vieux Francois, il est important que l’Eglise fasse des concessions. «Il faut prendre en compte l’aspect culturel, sociologique et environnemental dans lequel se trouvent les gens. Essayer de comprendre que nous sommes Afrcains et que nous avons nos coutumes et traditions.»    
 
«Polygame par choix»
 
Son cri du cœur trouve tout son sens à Gassane. Dans ce chef de lieu de commune, niché au cœur du Djolof, dans l’arrondissement de Barkedji (département de Linguère), les différentes ethnies, unies par des liens de sang, vivent dans une parfaite harmonie. Ces dernières ont réussi à transcender les appartenances religieuses. Certains parmi eux, bien qu’ils soient de fidèles pratiquants, continuent de préserver toujours quelques aspects de leurs coutumes non recommandés par leur religion. P. Dieng, responsable du Comité ecclésial de base (Ceb) de la chapelle de Gassane, fait partie de cette liste de croyants catholiques qui ont transgressé les interdits de la religion chrétienne pour avoir épousé une deuxième femme. Joint au téléphone, il a pris son courage à deux mains pour expliquer les raisons ayant motivé l’option «courageuse» qu’il a prise.  Le débit lent, il déclare : «Ici à Gassane, je ne suis pas le seul Chrétien qui a opté pour le régime de la polygamie. Nous sommes au total trois ou quatre hommes à avoir fait ce choix. Pour ce qui est de mon cas, j’avais épousé une femme musulmane. Ma première épouse qui est de confession chrétienne continuait à assister aux communions, car notre mariage a été célébré selon les recommandations de notre religion, laquelle ne reconnaît pas ma deuxième union. Donc, même si ma deuxième épouse avait accepté d’intégrer notre religion, elle ne serait pas baptisée. Puisque j’avais choisi une femme musulmane, l’équation a été résolue. Elle est restée dans sa religion qui n’interdit pas la polygamie. Cependant, puisque j’ai outrepassé les recommandations du Christianisme, je n’avais plus le droit de prendre part aux communions. Tout le contraire de mes enfants issus de mon deuxième mariage. Ils ont été tous baptisés à l’Eglise. Ils sont de fidèles Chrétiens. D’ailleurs, tous les deux ont obtenu leur Baccalauréat et suivent des formations à Dakar. Cependant, quand ma deuxième femme est décédée, le Prête m’a demandé de revenir assister aux communions, puisqu’il ne me restait qu’une seule femme. Ce que j’ai accepté. Aujourd’hui, je suis très fréquent à l’Eglise. D’ailleurs, je suis le responsable du Comité ecclésial de base (Ceb) de la chapelle de Gassane.» Juste retour des choses. 



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