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70 millions siphonné à l’Etat : Global Witness dénonce la rouerie des Sassou-Nguesso


Rédigé le Mardi 6 Août 2019 à 22:32 | Lu 158 fois | 0 commentaire(s)



Ce sont avec neuf pages d’enquête illustrées et documentées que Global Witness porte la charge de la dénonciation. Après avoir mis au jour un montage financier de Claudia Sassou Nguesso, fille de Denis Sassou Nguesso et chargée de communication de la présidence, l’ONG spécialisée dans les dénonciations sur les pillages des ressources naturelles s’intéresse, dans le deuxième volet de son enquête, à son frère Denis Christel Sassou Nguesso. Global Witness accuse le fils du président congolais d’avoir utilisé un homme de paille, l’homme d’affaires portugais Jose Veiga pour siphonner 50 millions de dollars à l’Etat congolais.


70 millions siphonné à l’Etat : Global Witness dénonce la rouerie des Sassou-Nguesso

Une société-écran dans un paradis fiscal assorti d'un montage financier opaque pour camoufler le système de rouerie financière du clan Sassou Nguesso. L'enquête de l'ONG Global Witness qui permet d'établir ce circuit financier opaque est pompeusement intitulée : Blanchisserie Sassou-Nguesso, une affaire d'Etat congolaise - Partie II. Basée à Londres et Washington, l'ONG désemmêle les fils du système de blanchiment d'argent de la famille de Denis Sassou Nguesso , président de la République du Congo.

50 millions de dollars évaporés des caisses de l'Etat

Surnommé «Kiki le pétrolier», c'est Denis Christel Sassou Nguesso  qui se trouve cette fois-ci au centre des révélations. «Le fils du président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso aurait vraisemblablement extorqué plus de 50 millions de dollars au Trésor congolais, en mettant en place une structure d'entreprise complexe et opaque dans plusieurs pays», affirme l'enquête de Global Witness rendue publique ce mardi 6 août. Comment en est-on arrivé à l'évaporation de cette importante somme des caisses du 3e Etat producteur de pétrole en Afrique subsaharienne ?

Sous ses dehors de directeur de la filiale congolaise du groupe brésilien Asperbras (spécialisé dans les infrastructures), c'est José Veiga, un homme d'affaires portugais qui joue l'homme de paille du clan. En 2013, c'est cet «homme-araignée» du clan présidentiel congolais qui tisse la toile des sociétés-écrans du clan en préparation d'un contrat de 675 millions de dollarspassée en 2013 entre l'Etat congolais et le groupe brésilien, établi dans l'Etat américain du Delaware, paradis fiscal réputé. Une myriade d'autres sociétés-écrans vont ensuite se greffer au contrat d'infrastructures et agir comme des pompes financières.

Deux semaines après ce contrat scellé en marge de l'annulation de la dette du Congo envers le Brésil, José Veiga crée à Chypre la société Gabox pour le compte du groupe Asperbras, puis une autre, Energy &Mining, aux Iles Vierges. En 2014, cette nouvelle filiale chypriote est ensuite mandatée pour recevoir un virement de 50 millions de dollars en plusieurs versements à travers d'autres sociétés basées au Cabo-Verdeet aux Iles Vierges. L'argent a ensuite été réparti dans plusieurs comptes en Suisse, au Portugal, en Espagne, jusqu'en Pologne.

Le filet anti-corruption de Denis Sassou Nguesso ne prend pas les poissons familiaux

«Selon des documents étudiés par Global Witness, le véritable propriétaire du réseau chypriote d'entreprises qui a reçu les 50 millions de dollars du Trésor congolais était Denis Christel Sassou-Nguesso. Lorsque Gabox a été incorporé et inclus dans le réseau des entreprises chypriotes sous le nom de José Veiga, l'homme d'affaires portugais avait déjà secrètement transféré la propriété du réseau au fils du président». Vraisemblablement selon l'enquête, la «revente» de Gabox à Denis Christel Sassou Nguesso ne servirait qu'à donner un cachet légal à une transaction avant laquelle le fils cadet du président congolais était déjà de fait, le véritable propriétaire de la société écran.

En avril dernier, dans le premier volet de son enquête, Global Witness mettait au jour un système similaire en tout point par lequel Claudia Sassou Nguesso, fille de Denis Sassou Nguesso et chargée de communication de la présidence, aurait siphonné près de 20 millions de dollars des caisses de l'Etat. Ce pompage financier s'est fait via les circuits opaques de José Veiga et via plusieurs sociétés-écrans. La justice congolaise ne s'était pas encore intéressée à ce cas de détournements de deniers publics.

Paradoxalement, fin décembre 2018, lors de son discours de fin d'année, Denis Sassou Nguesso avait enfourché le cheval de la lutte contre la corruption dans son pays. Dans une métaphore dont ce sont délectés les médias, il affirmait que ni les gros poissons ni les petits n'échapperaient au gros filet anti-corruption qu'il allait lancer. Il va sans doute lui falloir mieux mailler ses filets afin qu'aucun poisson adepte de la corruption ne lui échappe. A commencer par ceux qui naviguent dans les eaux familiales.



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