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Zoom sur Bara Tall, PDG de Jean Lefebvre: « Mon premier salaire était de 225 765 Fcfa


Rédigé le Lundi 22 Juillet 2013 à 15:15 | Lu 667 fois | 5 commentaire(s)


VIPEOPLES.NET Bara Tall est un pur produit de l’école sénégalaise, un profil casanier qui n’est pas allé très loin pour construire sa carrière : école primaire de Takhikaw à Thiès, lycée Malick Sy de Thiès, école polytechnique de Thiès… « Dans mon lit, j’attendais d’entendre le son de la cloche de l’école, pour traverser la rue et entrer en classe » sourit Bara Tall au souvenir de ses années d’enfance sédentaire.


Xalima
Xalima
Pendant longtemps, dans ce quartier de la ville du rail, des voisins ont pensé qu’il s’appelait Bara Guèye. Le garçon a en effet été élevé par son père, mais aussi ses oncles du nom de Guèye , le premier étant employé civil à l’intendance militaire à Dakar. Bara Tall traverse donc la rue qui passe devant le domicile familiale pour entrer à l’école en 1962. Le directeur de l’établissement, M. Seck, un nordiste venu de Ndioum, rappelé à Dieu il y a quelques semaines, va beaucoup le marquer.

Bara Tall a pour condisciples, entre autres, Omar Seck de la Rts et Momar Saliou Nguer, directeur de Total/Aviation en France. Ils passeront leur entrée en sixième en 1968, année symbole de la contestation estudiantine. Le môme Tall n’a pas encore des réflexes de révolte : il fait donc quelques centaines de mètres pour intégrer Malick Sy. Là, ses camarades sont Dr Bamba Diop, Momar Talla Kane du Congad, ou encore Sow le Doyen de la faculté des lettres de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Comme tout jeune écolier de l’époque, il a taquiné le ballon, mais moins que les autres, vu quelques films au cinéma (il est allé à sa première séance sur les épaules de son père), et pris part à des bals entre copains de leur club « Adonis ». « Le réceptionniste de mon entreprise est mon ami d’enfance, membre de ce club adonis » nous dit-il avec nostalgie. Bara Tall était aussi féru de lecture, notamment de bandes dessinées, Zembla, Blek le Roc, Zagor Tenay, Tex Willer, la seule publication de ce registre qui était défendue par les copains instruits de son oncle étant « Satanic »…

Conseiller municipal socialiste Dans cette prestigieuse école, BT se lie d’amitié avec Cheikhou Oumar Ndiaye, avec qui il est resté 5 ans, dans la même chambrette : le monsieur est aujourd’hui son principal collaborateur à JLS qu’ils ont été intégré ensemble, et où Bara Tall emploie cinq (05) de ses camarades de promotion à l’EPT. « Mon premier salaire était de 225 765 Fcfa. J’ai commencé à Jean Lefebvre le 2 février 1981, lendemain de l’arrivée d’Abdou Diouf au pouvoir. La première fois que je l’ai rencontré, en 1997, je lui ai dit, en rigolant, que nous étions de la même promotion ». C’est avec le régime socialiste que sa carrière prend un grand envol, et sa proximité avec le PS était connue, lui qui en était un conseiller municipal à Thiès. « C’est Ousmane Tanor Dieng qui m’a convaincu de me présenter, en m’expliquant que je serais plus efficace en intégrant le conseil pour servir ma ville » explique-t-il aujourd’hui. Au sein de Jean Lefebvre, son ascension est fulgurante. Topographe à son premier chantier, celui de Tobor, il abat un gros travail qui le fait remarquer par le boss.

Jean Lefebvre n’était pas un ingénieur, ni même un technicien de la construction. « C’était un juriste qui a hérité d’une entreprise familiale qu’il a modernisée. Un passionné de l’Afrique. Il avait de bons rapports avec Senghor, Houphouët et Sékou Touré. Jean Lefebvre a d’ailleurs beaucoup joué dans le rétablissement des relations entre le Sénégal et la Guinée. Il était le consul de côte d’ivoire en France. Ses enfants ont un passeport ivoirien. Il a fait confiance aux Sénégalais dans son entreprise » témoigne Bara Tall. Après Tobor, le second chantier de Bara Tall est la route Ourossogui-Bakel. L’entrepreneur en garde un souvenir pointu : la piqûre d’un scorpion qui l’a plongé dans l’évanouissement.