TARIQ RAMADAN : "CE N’EST PAS PARCE QU’ON EST HOMOSEXUEL QU’ON N'EST PAS MUSULMAN"


Rédigé le Dimanche 7 Juillet 2013 à 13:56 | Lu 395 fois | 0 commentaire(s)



En prélude au Colloque international musulman dans l’espace francophone (Cimef) prévu du 23 au 26 août prochain à Dakar, un panel composé de Alioune Ndiaye du Forum civil, du Professeur Penda Mbow, de Tarek Ramadan avec comme modérateur Mamoudou Ibra Kane, s’est penché sur le thème : «Ethique, gouvernance et citoyenneté». Il s’agit de réfléchir sur des problématiques contemporaines à la lumière des enseignements de la religion musulmane.


TARIQ RAMADAN : "CE N’EST PAS PARCE QU’ON EST HOMOSEXUEL QU’ON N'EST PAS MUSULMAN"
La question de l’homosexualité s’est invitée au débat. Ce qui a permis à l’universitaire genevois Tarek Ramadan de jeter un pavé dans la mare : «ce n’est pas parce qu’on est homosexuel qu’on n’est pas musulman.»
Au Sénégal, pays à plus de 95 % de croyants, promouvoir l’homosexualité est un crime. A défaut d’être pourchassés, les homosexuels font l’objet des quolibets et sont bannis de la société. Les fondamentalistes religieux se défendent même de leur serrer la main. Pourtant, si l’on en croit Tarek Ramadan, l’homosexualité, aussi repoussante soit-elle, n’est qu’un péché : «Tous les savants sont unanimes sur la question. L’islam interdit l’homosexualité à l’instar de toutes les religions monothéistes. Mais, être homosexuel ne veut pas dire qu’on n’est pas musulman. Il n’y a pas de chasse aux sorcières. Il faut avoir le discours de la responsabilité, en réaffirmant le principe avec courage et responsabilité et éviter de juger».
Pour le philosophe, l’islamologue et l’intellectuel musulman originaire d’Egypte, l’homosexualité est un péché, mais elle n’entraîne pas ipso facto l’exclusion de la religion musulmane. C’est pourquoi il pense qu’un médecin musulman ne doit pas refuser de soigner une personne sous prétexte qu’elle est homosexuelle.
En clair, il recommande l’abstraction sur l’orientation sexuelle, sur la race ou sur la religion d’un patient. Ce qui permet au médecin d’être en phase non seulement avec le serment d’Hippocrate, mais aussi pour le respect de la dignité humaine.
Penda Mbow écarte toute idée de dépénalisation de l’homosexualité ou d’autorisation du mariage gay au Sénégal
Répondant à l’interpellation de Mamoudou Ibra Kane sur l’éventualité d’une dépénalisation de l’homosexualité ou l’autorisation du mariage gay au Sénégal, Penda Mbow se veut catégorique : «La société sénégalaise ne peut pas digérer cela. L’homosexualité existe dans toutes les sociétés, mais j ai dit à des amis occidentaux, si on veut aider à instaurer des régimes islamistes en Afrique, il faut agiter le débat sur l’homosexualité».
«Promotion de la bonne gouvernance : Attention à l’effet de mode»
Auparavant, le débat a porté sur l’éthique de gouvernance et la citoyenneté.  Les intervenants ont appelé  à la vigilance citoyenne avant d’inviter à la mise en place d’un modèle musulman, un cadre universel de partage de l’éthique, puisque le modèle occidental a atteint ses limites. Les conférenciers ont également attiré l’attention sur l’effet de mode que peut faire l’éthique de gouvernance. 
«Il faut éviter la banalisation et l’effet de mode, car certains peuvent s’ériger en champion dans la lutte contre la corruption, mais qui, dans les faits, posent des actes en porte-à-faux avec l’éthique de gestion» consent-on. Aussi, dit Tarek Ramadan, la temporalité met en mal l’éthique de gestion, car les hommes politiques deviennent populistes pour demeurer au pouvoir. Dès lors, il est judicieux qu’un équilibre soit trouvé entre droit et devoir du citoyen. Ce qui a le don d’autonomiser la pensée musulmane, dit-il.
Cette conférence a été organisée par le Cimef en vue d’une levée de fonds pour la préparation du colloque international qui regroupera des sommités intellectuelles du monde francophone de toutes obédiences confondues au mois d’août prochain.
 




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