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Profil de l' artiste disparu: Jacob, le peintre de la femme et de l' amour


Rédigé le Mardi 7 Janvier 2014 à 17:58 | Lu 471 fois | 0 commentaire(s)


Évacué à plusieurs reprises en France, pour des soins intensifs, la faucheuse a finalement eu raison de Jacob Yacouba, à l'âge de 67 ans. Le peintre international sénégalais, de son vrai nom Yankhoba Diallo, repose depuis dimanche au cimetière de Thiaka Ndiaye, entre le fleuve et la mer.


Profil de l' artiste disparu: Jacob, le peintre de la femme et de l' amour

Jacob Yacouba est arrivé à Saint-Louis du Sénégal à l’âge de 23 ans, sa guitare en bandoulière. Mais, il avait déjà la peinture dans les veines. Au terme d'une brillante carrière, ses toiles, connues de la vieille ville du Sénégal et des quatre coins du monde, sont là pour témoigner de la fécondité de son inspiration. A Saint-Louis, le visiteur qui emprunte les marches du centre hospitalier régional peut avoir un aperçu de son talent. Les belles gravures suspendues aux façades sont de lui, Jacob, à l’humour étincelant et au pinceau coquin, qui taquinait la beauté des jeunes femmes gracieuses et bien faites. Il s'est fait connaître du grand public vers les années 1990, avec ses tableaux “Femme voilée”.

Le peintre était l’époux de Marie Madeleine Diallo, ancienne journaliste à la RTS et comédienne à la troupe Bara Yeggo de Saint-Louis.
 

Très taquin, le jovial artiste aimait peindre les signares et retracer, à travers ses tableaux, l’histoire de Saint- Louis. Artiste, peintre, décorateur Jacob, a été formé à l’École des beaux-arts de Reims (France). Parti de son Tamba natal, il allait se faire un nom à partir de sa ville adoptive, Saint-Louis. Au sommet de son art, il a été immobilisé par une maladie qui a sonné le glas de sa carrière. Abandonné par une partie de ses amis, il a cherché avec courage à donner un nouvel élan à sa carrière, à la Cité Niakh où il vivait avec sa femme.
 

Golbert Diagne : “Jacob est éternel”

“Jacob était adorable. Il m’a toujours adorée, façonnée”, témoigne avec peine Marie Madeleine. La comédienne n'arrive pas à accepter cette perte. Les larmes ne cessent de ruisseler sur son visage. Assis dans le salon, Alioune Badara Diagne Golbert, profite de ce moment d'émotion pour placer un mot. “Jacob était fils de Saint-Louis. Il a ressuscité par ses mains l’histoire de sa ville adoptive”. “Jacob est éternel”, martèle Golbert, a voix étreinte par l'émotion. Un silence pesant règne dans la maison mortuaire. Les tableaux de l’artiste sont présents partout. “Il a été enterré par un beau dimanche, comme il l'a toujours dit. Le ciel, la mer, le sable fin et ses plus proches au rendez-vous. Que de beaux bleus. Il était un amoureux fou de Saint- Louis”, témoigne la réalisatrice Fatou Kandé Senghor dont le documentaire sur le peintre Jacob Yacouba est en voie de finition.
 

Marie Madeleine, la muse

Envoûté par le métissage de sa femme, Marie madeleine Diallo, l’artiste s’inspirait d’elle pour peindre de beaux tableaux de signares qui ont parcouru le monde. Le corps de la femme devient obsession, lieu admirable où s’expriment grâce et volupté. La muse Marie Madeleine, dans sa dernière exposition, avait les allures de Mame Coumba Bang. Jacob, le patriarche ou le prophète, est reconnu aussi bien par le Judaïsme, le Christianisme que par l’Islam. Yankhoba Diallo (Yacoub), en épousant Marie Madeleine, la Saint- Louisienne, se prenait-il pour un patriarche tournoyant son pinceau contre les préjugés religieux, les tabous et autres préjugés à l’égard de la sensualité de la femme ou de sa nudité ?

“On s’est connus en juin 1971, à Saint-Louis, au sein du groupe musical African group”, raconte Marie Madeleine Diallo. Ce fut le début d’un amour légendaire qui a permis à l'artiste de s'imprégner de la sensualité féminine Saint-Louisenne qu’il savait reproduire sur les tableaux.

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