Parcours de l' écrivaine Aïssatou Diamanka-Besland


Rédigé le Lundi 10 Février 2014 à 12:18 | Lu 222 fois | 0 commentaire(s)



VIPEOPLES.NET - Fille de tirailleur sénégalais, Aïssatou DIAMANKA-BESLAND est née en 1972 à Pikine au Sénégal. Après un BSTC(BTS) en Information Communication à l'ISSIC (l'Institut Supérieure de l'Information et de la Communication), elle arrive en France en 1999 et y entreprend des études de Sciences Politiques en Licence, en maîtrise puis en DEA (Diplôme d'Études Approfondies) qu’elle obtient avec brio. Elle travaille actuellement sur sa Thèse portant sur les Immigrés Peuls en France, à l’Université Nanterre Paris X.
Depuis son enfance, elle a toujours eu le goût de l'écriture à laquelle elle s'est consacrée. C’est dans son pays natal qu’elle a commencé à écrire à l’âge de 12-13ans. Sa mère, disait d’elle, qu’elle était «un petit corps rempli de questions». Son père, ancien «Tirailleur sénégalais», a fait les Guerres d’Indochine et d’Algérie pour la France. A cet homme, elle dédie la plupart de ses écrits. Elle dit de lui qu’il a «un cœur grand comme le monde».
 
Elle est co-auteur du livret du " Requiem noir", un texte sur l’esclavage joué et chanté sur Scène à Dakar et en Ile de France entre 2006 et 2007. Son premier roman «Le pagne léger» porte sur la condition de la femme, est publié en 2007. Le deuxième «Patera», édité en 2009, traite le sujet de l’immigration. Ce dernier est salué par la presse et a reçu plusieurs bonnes critiques. Il est parmi les finalistes d'un prix littéraire : "Prix continental 2010". Le troisième « Fracture identitaire ! A Baltazare, il n’y a pas d’ascenseur dans la cité. » est paru en 2010. Elle est actuellement en train de travailler sur son prochain roman.
Si l’écriture reste une passion indiscutable pour Aïssatou DIAMANKA-BESLAND, elle est journaliste de profession, un métier qu’elle voue également un amour singulier.
 
 http://aissatoudiamankabesland.net/

Son œuvre

2010 : Fracture identitaire ! À Baltazare, il n'y a pas d'ascenseur dans la cité

Résumé du livre : Écrit sous forme de chorale, « Fracture identitaire ! À Baltazare, il n’y a pas d’ascenseur dans la cité. », est l’histoire de Sambel, Yama, Biram, Alboury, Bougouma, Idy, des Français d’origine étrangère. Leur père est venu en France à la fin des années 1960 pour y travailler et qui, grâce au regroupement familial, fait venir leur mère Khady. Le mythe du retour au pays et la ténacité à la tradition hantent ces deux derniers. La discrimination et la recherche de repères identitaires sapent la vie de leur progéniture, ces Français de « couleur », avec des prénoms venus d’ailleurs. « Fracture identitaire ! À Baltazare, il n’y a pas d’ascenseur dans la cité. » est truffé d’humour tout en mettant la vérité à nue. Il dépeint la vie au quotidien d’une famille d’immigrés et de leurs enfants dans la société française.
 

2009 : Patera

Résumé du livre: Au moment où l’Europe ferme ses frontières et qu’en France le flambeau de l’immigration « sosie » est en vue, à la porte de l’Afrique, les jeunes volontaires à l’immigration prennent l’assaut, armés de leurs pirogues en bois pour s’attaquer aux dents de la mer. L’Europe à tout prix ! L’Europe jusqu’à la mort ! « Barça » ou « Barsax » ! À la frontière du réel, Soukeyna touchée par ce phénomène meurtrier, ne répond plus aux cries de cœur de son ancien amour. Elle utilise sa voix pour les sans-voix, sans-voie pour un monde plus juste. Aïssatou Diamanka-Besland signe avec ce parallèle entre destin individuel et souffrance collective, son second roman.
 
1 Extrait du livre [… L’imaginaire de la France avait toujours été quelque chose de mythique… Le pays du blanc est tellement prospère que dans les supermarchés, des rayons entiers sont destinés à la nourriture pour animaux. À la télé, on trouve de la publicité pour les chats et les chiens « wiskas », « ronron », « felix », « césar », « friskies », des noms créés uniquement pour le bonheur de ces « petits chéris »… Des marques de fabrique pour amadouer ces médors et ces minous-minous !… La télévision française s’invitait dans les foyers sénégalais, et la France y était montrée sous ses plus belles couleurs et avec ses plus beaux endroits, au point de créer des envies pour ces adeptes du « voyage interdit ». Elle imposait ses règles aux populations du tiers-monde sans discontinuité. Ses grandes villes, ses belles voitures, ses monuments, et ses immeubles à perte de vue, suscitaient le désir de partir. Voir l’Europe ! Voir la France ! Ce grand pays qui les avait toujours faits rêver… On sait ce qui se passe en Somalie, en Éthiopie et dans certains villages reculés où la sécheresse a gelé les terres et où on ne mange jamais à sa faim. Si l’on sait aussi que le prix du riz, de l’huile et des denrées de premières nécessités ont augmenté de manière fulgurante. Tous ces clichés font rêver ou fortifient davantage les rêves déjà bien ancrés dans la tête de ces jeunes gens au cœur flibustier. Partir devient ainsi la seule et unique solution…] 2 Extrait du livre [… Au seuil de l’Europe, des Sénégalais étaient entassés pendant des jours et des jours dans de fragiles pirogues en bois avant de gagner les terres espagnoles. Des morts, des blessés, un cocktail de vie sans vie. Ils étaient partis des plages de la Capitale pour aller de l’autre côté de la vie. L’Europe jusqu’à la mort ! L’Europe à tout prix ! L’Europe au point de renier son peuple, son pays, son identité. Ils jetaient leur passeport dans l’eau dès qu’ils commençaient à apercevoir la terre de leur rêve, la terre de leurs pièges !…]

2006-2007 : Requiem noir

Elle l'a coécrit avec Pierre Lunel, ancien Président de l’Université Paris 8 et actuellement Délégué interministériel pour l’orientation et l’insertion professionnelles des jeunes, rend hommage à l’occasion du centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor et du deuxième centenaire de la loi anglaise de mars 1807 portant abolition à la traite des noirs. Le projet de pouvoir honorer la mémoire des victimes de l’esclavage et de rendre hommage à la vitalité des cultures issues de cette histoire.

 

2007 : Le Pagne léger

Résumé du livre: Elle raconte l'histoire de Soukeyna excisée à l’âge de six ans, tiraillée entre la tradition et la modernité. Elle fait des études de droit à l'université de Dakar et aspire à une autre vie que celle de sa mère. Elle se pose des questions sur sa vie, le statut des femmes dans une société où l'autorité masculine est très présente. Elle s'interroge sur celle-ci qui l'emprisonne dans un moule. La bonne volonté de son père l'inquiète. Cet être qui fait tout pour que chacun s'en sorte. Elle est soucieuse de son avenir, ainsi que celui de ses siens. Soukeyna ne comprend rien de cette société si folle ! Si intrépide et si fausse, car les gens autour d'elle le sont à l'exemple de son cousin qui abuse de la gentillesse et des « services sociaux » de son père. Babacar est son amoureux. Elle cache cette relation à ses parents, mais met ses sœurs dans la confidentialité. Cet amour l'amène à passer outre tous les interdits. Elle commet l'irréparable : perdre sa virginité, un crime d'honneur comme on pourrait le qualifier en Orient. Les choses s'accélèrent dans sa vie mais dégénèrent. Babacar doit partir pour la France pour finir ses études. Elle se retrouve seule face à sa détresse. Personne pour la consoler ! Babacar de son côté, découvre Paris. La découverte de la métropole le pousse à se poser des questions sur l'immigration, le sous-développement, la pauvreté, la misère et la mauvaise gouvernance des choses politiques de son pays d'origine. Par la suite, il tombe amoureux d'Hélène qui lui donne une métisse. Cet amour fou et passionnel l'oblige à se séparer de Soukeyna qui se retrouve toute seule face à son destin. Tout lui échappe, elle ne sait plus comment faire ni quoi faire, face à cette société qui lui impose des règles et des interdits et face à cet amour qui s'émiette… elle décide de se battre, la tête haute !
 


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