PRÈS DE 23.000 PERSONNES PAYÉES PAR L'ÉTAT À NE RIEN FAIRE


Rédigé le Mercredi 17 Juillet 2013 à 11:53 | Lu 309 fois | 1 commentaire(s)


Les résultats de la mission d’audit biométrique de la Fonction publique ont été présentés hier. Cet audit a permis de constater des milliers de cas d’irrégularités. Sur 123.093 agents audités, 22 898 cas de contentieux ont été notés. Il s’agit d’agents disparus qui continuent de percevoir des salaires, de doubles rémunérations et des assistants techniques expatriés qui continuent pourtant d’être payés. Le ministre de la Fonction publique promet des sanctions.


PRÈS DE 23.000 PERSONNES PAYÉES PAR L'ÉTAT À NE RIEN FAIRE
L’audit physique et biométrique de la Fonction publique a fait sortir de gros cafards. Lancée entre novembre 2012 et mars 2013, cet audit physique destinée à la maîtrise des effectifs de la Fonction publique et à la rationalisation des salaires, estimés 460 milliards a révélé de graves irrégularités. Sur 123.093 agents audités, on a noté 112.789 réguliers. Toutefois, la Commission nationale de gestions des contentieux a diligenté 22.898 cas de contentieux. Selon le ministre de la Fonction Publique, Mansour Sy, parmi les contentieux, il y a d’abord les contentieux de terrain qui s’élèvent à 10.450 cas constatés en plus de 9276 cas d’absences non justifiées d’agents qui sont payés « à ne rien faire».
Parcourant le rapport de la mission d’audit, le ministre apprend que les contentieux relèvent de beaucoup d’irrégularités. Ainsi, dans le fichier de la solde, des agents de l’Etat décédés continuent à bénéficier de salaires régulièrement mandatés et beaucoup d’agents en abandon de poste continuent de recevoir leur salaire. Il y a des agents de l’Etat qui résident à l’étranger depuis des années pour leur propre compte qui sont régulièrement payés. Le ministre de la Fonction Publique étonné, explique que curieusement des assistants techniques expatriés qui n’exercent plus leurs activités depuis des années, perçoivent des salaires.


Toujours dans cette jungle d’irrégularités, beaucoup d’agents sont payés mais inconnus de leur ministère et des services déconcentrés; des agents percevant une double rémunération en étant en service dans des agences d’exécution. C’est le cas d’inspecteurs de l’éducation qui continuent de percevoir des indemnités de directeur d’école. Les résultats de la mission ont démasqué dans cette logique des agents de l’Etat incarcérés et qui continuent d’avoir leur salaire, ce qui est contraire aux dispositions en vigueur.
Concernant la rubrique des enseignants où on a noté pas mal de pratiques peu orthodoxes, le ministre s’est dit écœuré que de 1997 à 2012, 865 enseignants se sont déclarés «malades sans aucune décision du conseil de santé, et ne viennent pas travailler tout en percevant leur salaire». Dans ce même corps, 197 enseignants se sont déclarés être à la disposition des foyers religieux. Pour ces derniers, le ministre assure qu’il y aura une vérification ultérieure.


Des poursuites pénales en vue 
A cette étape de l’audit, le ministre fait savoir qu’il y a déjà 2.378 contentieux confirmés pour lesquelles il est demandé la suspension des salaires et le déclenchement d’une procédure pour le recouvrement des salaires indument perçus et l’engagement de poursuites pénales.
Il y aussi 9.892 cas contentieux qui ne sont pas encore tranchés et qu’il faut soumettre à des vérifications ultérieures. Pour ces cas, les modes de paiement seront changés et les salaires vont être domiciliés au trésor et payés. «Les concernés ne pourront accéder à ces salaires que s’ils viennent se présenter physiquement et aussi que s’ils fournissent à leur ministère les éléments justificatifs. Après trois mois au billetages ces salaires vont être suspendus et les procédures engagées», prévient Mansour Sy. A en croire ce dernier, toutes les mesures seront prises pour savoir qui percevaient ces salaires indus et des procédures pénales seront aussi enclenchées après une vérification à la direction des soldes et même dans les banques.


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