Ouganda : L’Occident peut se garder son aide, le pays va continuer à se développer


Rédigé le Vendredi 28 Février 2014 à 14:43 | Lu 2438 fois | 7 commentaire(s)


Suite à la promulgation lundi par le Président ougandais Yoweri Museveni de la loi anti-homosexualité interdisant sa promotion et en rendant obligatoire la dénonciation de toute personne s’affichant comme gay, la Banque mondiale a reporté sine die jeudi le versement d’un prêt de 90 millions de dollars (66 millions d’euros) à l’Ouganda. « Nous avons reporté le projet pour mener de nouvelles consultations et s’assurer que ses objectifs de développement ne seront pas négativement affectés par l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi », a déclaré un porte-parole de la BM dans un courriel.


Ouganda : L’Occident peut se garder son aide, le pays va continuer à se développer

Suite à la promulgation lundi par le Président ougandais Yoweri Museveni de la loi anti-homosexualité interdisant sa  promotion et en rendant obligatoire la dénonciation de toute personne s’affichant comme gay, la Banque mondiale a reporté sine die jeudi le versement d’un prêt de 90 millions de dollars (66 millions d’euros) à l’Ouganda. «  Nous avons reporté le projet pour mener de nouvelles consultations et s’assurer que ses objectifs de développement ne seront pas négativement affectés par l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi », a déclaré un porte-parole de la BM dans un courriel.

 

Le prêt devrait servir à améliorer le système de santé en Ouganda, un pays qui bénéficie de plusieurs programmes de développement financés par la Banque mondiale.
 

Déjà mercredi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a comparé cette loi à celles en vigueur dans l’Allemagne nazie. Certains sénateurs américains ont, eux, menacé de réduire leur aide au pays qui devrait atteindre 456 millions de dollars (333 millions d’euros) en 2014. Plusieurs pays – dont les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Norvège – sont déjà passés à l’action et ont annoncé le gel d’une partie de leur aide bilatérale. Des gels d’aides qui ne font pas froid aux yeux des autorités ougandaises.

 

Le porte-parole du gouvernement ougandais Ofwono Opondo a indiqué clairement que l’occident peut garder son aide et que son pays pourrait continuer à se développer sans son soutien. Pour le gouvernement ougandais, le pays pouvait aisément se passer de l’assistance intéressée de l’Occident. « L’Occident peut se garder son aide. (…). On peut continuer à se développer sans elle. L’aide occidentale à l’Afrique est un commerce lucratif et rentable, ils ne peuvent pas l’arrêter totalement. Commerce des esclaves, esclavage, colonialisme, impérialisme et exploitation, l’Afrique doit se lever face à la domination occidentale », », a déclaré Ofwono Opondo.

 

Le secrétaire d’État américain John Kerry a comparé cette loi aux législations contre les Juifs dans l’Allemagne nazie et contre les noirs du régime sud-africain d’apartheid. Plusieurs pays – dont les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Norvège – ont de leur côté annoncé le gel d’une partie de leur aide bilatérale.

M. Museveni avait conseillé aux nations occidentales de ne pas interférer dans les affaires ougandaises, accusant l’Occident de tenter d’imposer ses pratiques – dont l’homosexualité – à l’Ouganda, pays où l’homophobie est largement répandue, relayée par les puissantes Églises évangéliques.

 

Les autorités ougandaises ont indiqué il y a quelques jours que la loi est destinée à protéger la moralité du pays même si cela doit se traduire par une réduction de l’aide internationale. M. Museveni, pieux chrétien évangélique affiché, avait déjà début février promulgué une loi antipornographie, interdisant notamment certaines manières de s’habiller « provocatrices », bannissant les artistes légèrement vêtus de la télévision ougandaise et surveillant de près les sites consultés par les internautes. L’Ouganda est pratiquement un pays homophobe. Les hommes et femmes homosexuels y sont fréquemment soumis à des menaces ou subissent des violences. Des militants des droits de l’homme y ont rapporté des cas de viols collectifs de lesbiennes.

Didier Assogba
Oeildafrique.com
Suivre @DidierASSOGBA





Publicité



Facebook