Miss Sénégal invitée de Yahya Jammeh


Rédigé le Samedi 26 Octobre 2013 à 22:24 | Lu 179 fois | 0 commentaire(s)



Miss Sénégal 2013 est passée tel un éclair. Marie Thérèse Ndiaye a ébloui les Sénégalais par sa beauté avant de s’éclipser comme jamais une miss Sénégal ne l’avait fait. Pas d’émission télé, ni d’œuvres caritatives, là où ses devancières à la couronne s’en donnaient à cœur joie. Pour la trouver, il a fallu aller à sa rencontre dans sa ville natale : Mbour. Dans sa boutique de prêt-à-porter au quartier Grand Mbour, la nymphe s’essaie au business. D’une simplicité remarquée Thésou, comme l’appellent ses proches, s’est départie de tous les artifices pour rester elle-même : la jeune étudiante en management et gestion. Mais elle n’en demeure pas moins une miss, vu sa beauté relevée par sa noirceur d’ébène. Le verbe facile, «la plus belle fille du Sénégal en 2013» se confie. Pour aborder sa vie après le sacre, la contestation qui l’a suivi… Elle met sa timidité au placard et apporte la réplique à ses détracteurs. Sans détour.


Miss Sénégal invitée de Yahya Jammeh

Depuis votre élection on ne vous a pas entendue, ni sentie dans des œuvres de bienfaisance. Pourquoi ?  

En fait si on ne m’a pas sentie comme vous le dites, c’est parce que Miss Sénégal n’a pas les moyens pour dérouler son programme. Je n’ai reçu le soutien d’aucune autorité. Je peux dire même que Miss Sénégal 2013 a été délaissée. Mais je me débrouille pas mal. Avec l’aide de ma famille, j’ai entrepris quelques actions même si c’est de manière assez restreinte. Par exemple, j’ai commencé des œuvres de bienfaisance dans un village qui s’appelle Nguédiane. J’ai aussi prévu d’organiser des journées de dépistage gratuit du cancer du sein et du col de l’utérus, en collaboration avec Mme Rose Wardini. Je suis également ambassadrice de bonne volonté de Médisol international et je compte effectuer une visite à la pouponnière «Vivre ensemble» de Mbour. 

Vous avez évoqué un manque de soutien de la part des autorités. Cela n’est-il pas dû à la polémique qui a suivi votre couronnement ? 

Non, je ne dirai pas. 
Alors pourquoi, si on sait que d’habitude les Miss Sénégal bénéficient de soutien ? 

Personnellement, je ne comprends pas trop. J’ai eu à faire des démarches au niveau des autorités locales d’abord et au niveau national ensuite. Mais c’est comme si les autorités sont sourdes à mon appel. A commencer par les autorités de Mbour. J’ai aussi écrit au ministère de la Culture, mais jusque-là, je n’ai pas eu de réponse. Donc tout ce que je fais c’est grâce au soutien de ma famille. Au passage, je voudrais personnellement remercier le Président Yahya Jammeh, qui m’a invitée en Gambie après mon élection. D’ailleurs, je dois caler un autre rendez-vous pour le rencontrer. Je tiens vraiment à le remercier pour cette marque de considération qui devrait commencer, je le pense, par les autorités de mon pays. 

Qu’est-ce que cela vous a fait qu’on remette en cause votre couronne à la suite de votre élection ? 

Je ne suis pas la première à être critiquée. Si vous voyez, les Miss précédentes ont été critiquées et c’est ainsi à chaque fois. Sauf que cette année, ça a beaucoup fait de bruit, mais bon ça ne me dérange pas trop. Ça passe comme on dit. Car ça fait ma promotion. Même si tout le monde ne me connaît pas, tout monde a entendu parler de Marie Thérèse Ndiaye à cause de la polémique. 
 

Pensez-vous que ces critiques soient fondées ? 

(Elle rit) je dirai que c’est insensé. Je me dis qu’il n’y a vraiment pas intérêt à parler de tout cela, parce qu’on le veuille ou non, je suis Miss Sénégal 2013 et l’histoire retiendra que je l’ai été. 
On dirait que tout votre passage à Miss Sénégal a suscité des contestations, à commencer par la présélection où il se dit que vous avez pris la place de Miss Somone… En réalité, je n’avais pas envie de défiler. J’étais en stage dans un hôtel à Saly quand j’ai vu les banderoles. J’en ai parlé à ma grande sœur qui m’a encouragée à me présenter. J’ai appelé l’organisation au niveau de Mbour qui m’a dit que la liste des candidatures était close. Mais à ma grande surprise, elle m’a appelée le lendemain pour me dire que Miss Somone avait eu des problèmes et qu’elle ne pourrait finalement plus participer. Donc, elle m’a demandé de venir la remplacer. Quand j’ai commencé les répétitions pendant deux à trois jours, Miss Somone est revenue pour dire qu’elle pourra participer. Et comme j’avais déjà débuté, les organisateurs n’ont pas voulu me faire arrêter. Finalement, on a été six à convoiter la couronne de Miss Mbour. J’ai défilé et j’ai gagné. 

On dit aussi que gagner Miss Sénégal a un prix. L’avez-vous payé ? 

C’est vrai qu’avant ma participation, j’entendais les filles dire : pour être Miss Sénégal, il faut accepter de faire ceci ou cela. Mais je dis que cela n’existe pas. Du moins moi, à l’élection Miss Sénégal 2013, il n’y avait pas ça. Je n’ai pas eu à rencontrer ces genres de problème ou faire des choses compromettantes. Il suffit juste de remplir les critères demandés, car la beauté n’est pas le seul critère.   

Vous n’avez pas, dit-on, dit la vérité sur ce que vous avez reçu après votre sacre. Qu’en est-il ? 

(Elle pouffe de rire) Je suis un peu surprise par la question, mais je l’aime bien, car elle me permettra d’éclaircir certains points. Je tiens d’abord à dire que cette information a été rectifiée par le journal qui l’avait écrite. En fait, ce sont des mots qu’ils ont écrit et que je n’ai pas dit en réalité. J’ai fait un entretien avec un premier média pour dire qu’il y a des gens qui ont écrit que j’ai gagné 10 millions. Or, je n’ai pas eu cette somme. Alors, ils ont commis l’erreur de dire que Marie Thérèse Ndiaye a dit qu’un journal de la place a mentionné 10 millions. J’ai appelé le journaliste qui avait écrit l’article pour lui rappeler ce que j’avais dit. C’est ainsi que le journal accusé a repris pour dire que c’était juste un malentendu. 

Alors, que vous a-t-on offert en réalité ? 

J’ai reçu 500 000 francs Cfa, une voiture, un billet d’avion Dakar Maroc que je n’ai actuellement pas en ma possession. En fait, je ne sais pas si je ne l’ai pas reçu ou si je l’ai perdu le jour de l’élection. Mais ce n’est pas trop grave. Je vais le récupérer après. J’ai aussi reçu un salon en cuir d’une valeur de 1,5 million.

Depuis votre couronnement, qu’est-ce qui a changé dans votre vie ? 

Rien. (Elle rit et se répète). Je reste moi-même. Je continue mes études et je vie ma vie tranquillement avec ma petite famille. Voilà ! Au niveau relationnel, la couronne m’a permis de côtoyer des personnalités. Sinon il n’y a pas eu de changement. A l’école, il y a certains qui s’amusent à m’appeler Miss Sénégal. Mais je leur dit : «Non, je ne suis pas Miss Sénégal pour vous. Je suis Thésou Ndiaye.» Je suis toujours cette étudiante timide et taquine. 

Avec votre statut de Miss Sénégal, vous ne devez pas manquer de prétendants…? 

(Elle hésite… et puis rit). Bon, les prétendants ne manquent pas. Mais je suis sage dans mon coin. Il y a certains qui n’osent pas franchir le pas vu que je ne leur en donne pas l’occasion. Mais j’avoue que le nombre de dragueurs a quand même augmenté.
Mais il y a quand même un officiel… 
(Elle éclate de rire). Que dois-je dire (elle rigole encore) ? Marie Thérèse Ndiaye aime un homme correct, casanier, qui n’aime pas trop faire la fête, qui est fidèle et pas vantard. En somme, je ne me plains pas trop. 

Qu’est-ce que vous avez retenu comme leçon du concours de Miss Sénégal ? 

(Elle cherche pendant un instant) J’ai appris que rien n’est impossible. Certains étaient certes confiants que j’allais gagner, mais d’autres non. Au finish, j’ai vraiment marqué le coup. J’en étais confiante. 

Pourquoi étiez-vous sûre de vous ? 

Je savais que j’avais des atouts avec la langue. J’ai alors misé sur la prise de parole. Quand j’ai pris la parole, j’ai fait un discours qui a été apprécié par les membres du jury. 
Mais sur le plan esthétique, ne pensiez-vous pas qu’il y avait des candidates plus belles ? 
Non ! (catégorique).

Même Miss Dakar ? 

Je ne vais pas citer de nom. Mais j’étais convaincue que je méritais la couronne. Si je n’avais pas le niveau aussi bien intellectuel que physique, je ne crois pas que j’aurais été élue Miss Sénégal 2013. Au passage, j’encourage les filles qui me critiquent à participer, pour voir si elles pourront décrocher le

trophée. Parce que ce n’est pas n’importe quelle fille qui pourrait être Miss Sénégal ?

Donc, vous êtes choquée par les critiques… 
Non du tout. Peut-être au début, parce que je n’avais pas l’habitude d’être indexée. Mais maintenant je gère mieux. J’ai vu et entendu pis sur les sites people. Mais je les laisse parler, car je ne peux pas faire l’unanimité. Comme on dit, le chien aboie, la caravane passe. 

Depuis votre élection comme Miss Sénégal, avez-vous plus ou moins de problème ?

Ah je dirais plus ! (sur un ton sérieux, avant de pouffer de rire). Je ne peux pas tout dire, mais je sais que c’est trop difficile. Comme je l’ai dit tantôt, Miss Sénégal n’a pas de soutien, du coup je dois me prendre en charge toute seule et ce n’est pas évident. Vous imaginez avec mes sorties, Marie Thérèse Ndiaye sans bon d’essence, sans sponsor… (Elle rigole). C’est pourquoi, je ne pourrais suffisamment remercier ma famille. J’aurais bien aimé soutenir certains projets, mais vraiment je n’ai pas les moyens. Je suis étudiante et je paie pour aller à l’école. Heureusement pour cette année, quand j’ai gagné le concours de Miss Sénégal, mon école m’a offert une bourse.

Est-ce que le statut de Miss est compatible avec les études ? 

En tout cas moi je continue mes études. J’ai débuté mes cours depuis le 9 septembre et je prépare la licence cette année. Je dois écrire mon mémoire d’ici quelques mois. Après mes études, j’aurais aimé créer ma propre entreprise. Mais après la licence, je pense commencer à travailler. 

Et le mariage, c’est pour quand ? 

Je ne sais pas trop, car ce n’est pas dans mes projets pour le moment. Avant Miss Sénégal, je me disais dans un ou deux ans, je compte me marier. Mais plus maintenant. A moins d’une surprise. 

Pourquoi ? 

C’est dû à quelques problèmes personnels. 

Le copain vous a-t-il larguée ? 

Non pas du tout. C’est juste que … (elle coupe). Je veux prendre mon temps. Je suis jeune, je viens de fêter mes 24 ans et j’ai mes études à côté, en plus le mariage n’est pas chose facile. 

Qu’avez-vous comme projets en tant que Miss Sénégal ?

Je travaille sur l’organisation d’une soirée de Gala avec au moins un artiste. Cela entre dans le cadre de la recherche de fonds pour pouvoir financer mes activités. Vu que je n’ai pas de sponsors pour le moment. J’ai entamé des démarches avec la direction générale de la Poste. Je suis en train également de voir avec les boutiques Palen’s. Sur le plan professionnel, j’aurais aimé participer au concours Miss monde, mais Miss Sénégal n’a pas les moyens pour verser la caution. J’ai eu a contacté le président du comité d’organisation qui m’a dit que le Sénégal n’a pas les moyens. Je lance alors un appel à la population sénégalaise de soutenir Marie Thérèse Ndiaye, parce qu’elle a des projets qui ne sont pas pour elle, mais pour toute la population. Il y a eu une rupture dans mon programme, parce que j’avais des problèmes que je ne souhaite pas évoquer ici. Actuellement, je viens de recommencer le boulot et pense revenir en force. Je vais bientôt faire des sorties télévisées, car je crois que j’ai beaucoup de choses à dire… Je suis en train de préparer cette sortie. 

Au vu de toutes ces péripéties, est-ce que vous regrettez d’avoir participé à ce concours ? 

(Elle hésite). Bon je ne sais pas. On me dit souvent qu’il ne faut pas regretter. Mais à vrai dire, je regrette vraiment le suivi. Miss Sénégal c’est juste un titre, c’est très difficile. Alors que les filles qui sont là à se plaindre parce qu’elles ne sont pas élues Miss Sénégal, c’est juste qu’elles ne savent pas. Si je sortais avec un jean de 15 000 francs, aujourd’hui il faut un jean de 100 000 francs. Il faut se prendre en charge sur le plan vestimentaire, la coiffure. Avant je pouvais rester avec une coiffure pendant un mois, alors que maintenant il faut changer de tête à chaque sortie. Donc c’est trop difficile. 





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