Mimi Touré ministre impopulaire : la revanche de Abdoul Mbaye


Rédigé le Samedi 2 Février 2013 à 17:56 | Lu 174 fois | 0 commentaire(s)



Mimi Touré ministre impopulaire : la revanche de Abdoul Mbaye

Aminata Touré Mimi ! Mimi Touré ! Mimi-la-tempête ! La dame de fer ! Le ministre des Audits. La femme de l'année. Mimi Touré, l'homme de l'année. L'(im)popularité est toujours arrimée à un gros camion de sobriquets ou de pseudonymes. Au sixième mois de pouvoir, Aminata Mimi Touré s’était définitivement imposée aux yeux des Sénégalais comme étant le numéro deux du gouvernement. Le garde des sceaux, ministre de la Justice a été la principale figure de la naissante république so(m)bre et -pas - encore vertueuse. Cela n’était pas sans conséquence dans ses rapports passablement heurtés avec le Premier ministre Abdoul Mbaye. 

Au dixième mois, on observe une pointe de lassitude dans l'opinion nationale, des mouvements de menton des chancelleries occidentales dus à la sur-médiatisation et à la théâtralisation des auditions à la gendarmerie et à la police dans le cadre de la traque des biens supposés mal acquis. A l'orée du premier anniversaire de l'accession de Macky Sall à la magistrature suprême, les Sénégalais paraissent épuisés et déçus de constater que 90 % de l'activité gouvernementale est tourné vers la judiciarisation outrancière des enquêtes sur l'enrichissement illicite et 10 % seulement consacré à l'amélioration de leur condition. Résultat : Aminata Mimi Touré vient d'être consacrée "femme la plus impopulaire du gouvernement" selon un sondage de l'Agence dakaroise d'études stratégiques et de recherches (Adesr).

Pourtant Mimi Touré avait paru comprendre qu'en politique la perception compte beaucoup plus que la réalité. Macky Sall publiait-il la liste de son patrimoine, qu’aussitôt Mimi Touré en faisait de même. Et s’inquiétait de voir Abdoul Mbaye traîner des pieds. « Il ne le fera jamais », se serait-elle émue dans un salon privé. Premier couac. Abdoul Mbaye commençait à "monter" des commissions que Mimi Touré s’en allât se plaindre auprès de son mentor, dont elle fut Directrice de cabinet, pendant les brèves années d’opposition. Deuxième couac. Abdoul Mbaye lui demandait-elle des dossiers techniques qu’elle décidât, à son tour, de traîner des pieds. Troisième couac. Abdoul Mbaye s’exprimait-il en Conseil des ministres que la salve aigre-douce était toujours déclenchée par Mimi Touré. Lorsqu’elle l’écoutait, elle était prodigieusement assommée et « regardait le plafond ». Quatrième couac.

 

Alors c’est peu de dire que ces deux-là ne s’aiment pas, écrivions-nous dès le départ. Madame verrait en Monsieur, un technocrate épuisant et suffisant, sans prise réelle avec la dure réalité du pouvoir. "Pour ne rien arranger, le gars est d'une froideur sibérienne". Monsieur moquerait l’angélisme trostkiste de Madame, son inculture économique et financière. Elle veut être une femme d’Etat, au moment où celui qu’elle considère simplement comme le Premier des ministres, veut devenir un professionnel de la politique. En vérité, cette femme à l’autorité verticale sait porter des convictions fortes et des opinions dissidentes. Il ne viendrait à l’idée de personne de douter de la sincérité, de la franchise et même de la puissance de son engagement auprès de Macky Sall. Pour cette raison, le chef de l’Etat paraît comme un arbitre qui tape, de temps en temps, dans le ballon. Mais le public s'attend à trois buts dans le match ultime du peuple : emploi, logement, baisse du coût de la vie.


Comment la tempête nommée « Mimi » aurait-elle le profil d’un bon chef de gouvernement de "seconde rupture" si avant même la course, elle est sifflée par le public dans son propre couloir ? Intrépide, elle garderait une solide ambition, une énergie incroyable et un sens aigu des rapports de force. N'est-elle pas en train de se griller avec le temps ? Ne pas être aimée est un comble en politique. Etre mal-aimée est une torture Habré-cadabrantesque !





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