"MES CLIENTS ME PERMETTENT DE CONNAITRE LA SITUATION ECONOMIQUE DU PAYS"


Rédigé le Mardi 23 Juillet 2013 à 02:50 | Lu 42 fois | 0 commentaire(s)


Depuis plus de dix ans, elle tient une gargote au marché Sandaga. Petit déjeuner, thé et café, sont servis tous les jours chez Yandé Samb. Qui confie que ses clienst lui permettent de prendre le pouls de l’économie nationale. Entretien.


"MES CLIENTS ME PERMETTENT DE CONNAITRE LA SITUATION ECONOMIQUE DU PAYS"
Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir cette gargote ?
Apres la mort de mon père, ma famille vivait dans des conditions très difficiles. Ma mère n’avait pas les moyens de subvenir quotidiennement aux besoins de ses enfants. Je suis l’aînée de la famille et à l’époque, mes frères et sœurs étaient trop jeunes. Ne supportant pas de voir ma mère se tuer au travail pour nous, j’ai décidé de travailler pour la soutenir. J’avais 15 ans. Mon premier travail, c’était la vente de crèmes glacées pour le compte d’une dame. Chaque jour, j’arpentais les rues de Dakar, glacière bien remplie sur la tête. J’essayais de tout écouler avant 19 heures. Je percevais 15 000 F Cfa par mois. Apres deux années pour le compte de cette dame, une amie m’a conseillée de vendre du jus de bissap pour mon propre compte. Avec mes économies, j’ai lancé mon affaire en 1999. Un de mes clients me suggéra par la suite de vendre du thé en même temps. J’ai suivi ses conseils : je tenais dans une main la glacière et dans l’autre la théière. Je faisais presque toutes les rues du centre-ville, entre le marchée Sandaga et la Poste de médina. Mes bénéfices ont augmenté et j’ai senti la nécessité d’avoir une place fixe pour mieux vivre de mon commerce.
Vous étiez ambulante. Maintenant que vous avez une place fixe, quelle différence avez-vous senti ?
Maintenant, je vends du thé, du café Touba et le petit déjeuner en même temps. Je ne pouvais pas le faire en tant qu’ambulante. Aussi, je gagne plus en temps et en recettes. Avec une place fixe, les clients sont plus fidèles parce qu’ils savent où me trouver.
Votre travail nourrit-il son homme ?
Dieu merci, mon commerce me permet de satisfaire les besoins de ma famille. Je rentre souvent avec un bénéfice variant entre 2500 et 4000 F Cfa  par jour. C’est un travail difficile : je quitte Thiaroye tous les jours à 5 h du matin pour rentrer le soir.
Avez-vous l’impression que l’élection de Macky Sall a changé quelque chose dans votre quotidien ?
La vie est trop chère. Le président Macky doit baisser encore les prix des denrées alimentaires. L’Etat avait baissé les prix de certaines denrées, mais ce n’est pas suffisant. Les Sénégalais souffrent du coût élevé de la vie. Et ça affecte tous les secteurs d’activité. Quand un client qui avait l’habitude de te payer cache tous les jours, te demande aujourd’hui de lui faire du crédit, cela veut dire que le pays va mal. Mes clients sont mes indicateurs pour connaître la situation économique du pays. S’ils sont dans des difficultés financières, à cause de la conjoncture, je le ressens inéluctablement.
Quel est votre plus beau souvenir dans l’exercice de votre métier ?
Mon mari. C’est dans l’exercice de mon travail que j’ai connu mon époux. Nous avons deux enfants et il me soutient dans mon travail.
bbadji@seneplus.com


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