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Les dérapages médiatiques de D-Médias par Serigne Saliou Guèye


Rédigé le Dimanche 9 Février 2014 à 23:25 | Lu 686 fois | 2 commentaire(s)


VIPEOPLES.NET - Les organes de D-Média, en l’occurrence la Sen-Tv et la radio Zik FM, n’ont pas manqué, peu de temps après leur naissance, de bousculer la hiérarchie médiatique au point de truster les premières places. C’est donc dire qu’il y a un travail professionnel abattu pour en arriver à un résultat aussi envié. Mais voilà que le succès commence à griser certains journalistes et animateurs, lesquels passent à côté du travail pour lequel ils sont recrutés pour s’adonner à des pratiques peu orthodoxes qui jurent d’ avec la profession.


Les dérapages médiatiques de D-Médias par Serigne Saliou Guèye

Sen Tv et Zik Fm, des tribunes d’encensement ou d’enfoncement
Aujourd’hui la Sen-Tv est transformée en une tribune de louanges et Zik Fm une foire d’encensements adressés au patron de Boygues Bougane Guèye Danny, au politicien Malick Gackou, au chanteur Wally Seck et aux charlatans fantoches Selbé Ndom, Idrissa Ndiaye. D’ailleurs la mise en scène de ces derniers à la veille du combat Modou Lo contre Eumeu Sène a mis à nu les dérives, voire les carences professionnelles du groupe D-Média notamment la télévision. Rien n’est plus grave et anti-professionnelle que de donner le micro à des hurluberlus littéralement foutraques et leur permettre de distiller, sans prudence sans respect des normes de diffusion, des mensonges sur un événement grandiose dont l’issue ne dépend point d’un être surnaturel, mystérieux avec des pouvoirs occultes mais de la vaillance, de la bravoure, de la percussion et de la technicité des deux lutteurs concernés.

 Ce combat, qui a été finalement favorable à l’enfant des Parcelles assainies, ne l’avait pas été chez les menteurs fieffés que sont Selbé Ndom et Idrissa Ndiaye, lesquels avaient juré, à quelques encablures de la confrontation, qu’Eumeu serait le vainqueur blitzkrieg de son adversaire. Le mérite de Modou Lo, c’est d’avoir fait mentir ces deux vendeurs de chimères et d’avoir surtout montré que D-Média souffre dans sa branche télévisuelle et radio d’un manque effarant de professionnels.

Quand Malick Thiandoum a réuni, la veille du combat, le gratin intellectuel de la lutte pour donner leurs avis différenciés sur le déroulement et l’issue du combat, tous les téléspectateurs avaient apprécié leur pronostic prudent même si on sentait en filigrane un léger penchant pour le lutteur de Pikine. Mais finalement ce plateau très professionnel a été complètement anéanti par les plages publicitaires accordées aux deux faux prophètes qui se nourrissent ignoblement de la naïveté des Sénégalais, lesquels prennent pour parole d’évangile leurs pratiques mantiques. Le pronostic lucide des experts détonna avec la prédication mensongère de ces charlatans de la pire espèce.

Sen-Tv a fait preuve de dilettantisme et de désinvolture en voulant capter une forte audience par des mensonges crus distillés savamment par des champions de la mythomanie dont le seul souci est de se remplir, toute honte bue, les poches avec l’argent soutiré des pauvres Sénégalais qui pensent lire leur avenir à travers cauris jaunis et autres fétiches pestilentiels. Se prononcer aussi assurément sur une confrontation sans prendre aucune prudence, c’est risquer sa vie et manquer de respect à ce brave Modou Lo qui a démontré, à tous les Sénégalais sceptiques, qu’il savait lutter, cogner et gagner sans verser dans la triche.

Que serait-il arrivé à la Sen-Tv si le roc des Parcelles avait subi les foudres de Tay-Shinger ? Des supporters survoltés ne se seraient pas privés, à juste raison, de s’attaquer à la télé de Bougane Guèye Danny pour cause de démoralisation de leur lutteur préféré. En sus, les deux faux prophètes de carrefour auraient payé chèrement et funestement de leur impudence et leur imprudence.

Ce manque de professionnalisme est surtout mis en exergue par ces thuriféraires de Zik-Fm qui passent tout leur temps à louer les bienfaits de leur chef Bougane. Dès fois, on se croit dans une cour royale où les valets pensent que leur vie et leur survie sont assujetties au déluge de dithyrambes qu’ils font pleuvoir sur leur mentor-bienfaiteur. La mission essentielle de la radio, c’est informer. A cela peut se greffer le divertissement.
Quel est l’intérêt de décliner sa fiche de paie à travers les ondes ? Quel intérêt y a-t-il de louer à la radio les libéralités du patron de D-Média ? Que les journalistes, animateurs ou autres techniciens reçoivent plusieurs millions, cela ne regarde pas les auditeurs et téléspectateurs car cela est un secret professionnel qui ne doit pas être vulgarisé à travers les ondes. Plutôt que de verser dans la flagornerie outrancière, Ahmet Aïdara et Mansour Diop (que j’estime bien) devaient plutôt faire preuve de plus de retenue et décence au micro en évoquant les questions d’argent. Ahmet Aïdara qui anime quotidiennement une émission à succès régressif, fait lui-même du « teuss » avec ses dérapages discursifs. Que cherche-t-il en parlant du président et de sa dame qui lui ont adressé ses condoléances et de leur « doune diakhal » lors du décès de son père ? Pourtant, d’un point de vue de l’éthique religieuse, il n’y a aucune différence entre cet homme inconnu dépourvu de ressources qui lui présente ses condoléances sincères et le chef de l’Etat qui le fait. Ce qui est malheureux, c’est que même Iran Ndao, le prêcheur bouffon, est contaminé par le virus de l’adoration du seigneur de D-Média.


L’éthique et la déontologie en souffrance à D-Média
Il n’est nullement ici question de remettre jalousement en cause les succès du groupe D-Média dirigé magistralement par Massamba Mbaye, un professionnel chevronné, sérieux et rompu à la tâche journalistique. Mais il serait bon de noter que ses collaborateurs versent dans des outrances anti-professionnelles qui n’ont rien à voir avec le métier de journalistes. Connaissant le parcours du self made man Bougane, cela ne lui agréerait pas d’entendre régulièrement certains de ses employés verser dans le griotisme ou de les voir courber l’échine pour rester dans ses bonnes grâces. Le culte de la personne et le culte de la personnalité ne font pas les bons employés et le bon patron. La morale qu’ils devaient tirer de leur chef est d’essayer de prendre des leçons de son parcours tumultueux, lui qui a réussi, en peu de temps, à réaliser des choses extraordinaires avec des choses ordinaires. Avec moins que leur salaire mensuel qu’ils colportent sur la place publique, Bougane a su construire un empire. C’est en cela qu’ils devaient louer ses qualités et essayer de le dépasser un jour plutôt que de se fondre dans des éloges obséquieux dont la sincérité est sujette à caution.
Jamais on n’entendra les journalistes et animateurs bien payés de la 2STV évoquer à l’antenne des salaires ni abreuver de panégyriques leur patron El Hadj Ndiaye. Jamais on n’entendra le talentueux et célèbre DJ Boub’s de la TFM parler d’argent à travers ses émissions alors qu’il est de notoriété publique qu’il gagne plus que n’importe quel journaliste et animateur du Sénégal.

Quand les commérages et médisances mesquins de Tanje Tandian ont été mis sur la place publique par Ahmet Aïdara, un journaliste de Zik FM jouant au bodyguard du maître des céans s’est déchaîné à travers les ondes de sa radio pour déclarer urbi et orbi que « qui touche à son patron le touche ». Comble d’hypocrisie ! D’abord c’est anti-professionnel et ensuite c’est illégal de mettre publiquement à la radio le contenu d’échanges téléphoniques privés sans l’aval de son auteur. Et puis où sont l’éthique et la déontologie de mettre à nu les exactions d’un animateur qui travaille dans le même groupe que soi ?
Pour la revue de presse, c’est encore pire. On verse dans l’ironie vexante et les règlements de compte vindicatifs contre des personnes avec qui on n’est pas en odeur de sainteté. Fabrice Nguéma, qui mélange piteusement la langue de Molière avec celle de Kocc, croit que faire la revue de presse, c’est verser dans la satire bête et méchante et nuire à des adversaires. Quel est finalement l’objectif visé dans tout cela ? Informer ou faire rire les gens ? Finalement il se crée une originalité factice avec ses clowneries rebutantes plutôt que de fidéliser un auditoire accroché à la pertinence et cohérence des faits saillants de l’actualité.

La liberté de la presse n’est pas synonyme de licence. La presse est une affaire trop sérieuse pour qu’on puisse se permettre impunément des dérapages itératifs. On ne doit pas l’utiliser pour porter au pinacle ses amis et descendre en flamme ses présupposés ennemis. Il y a de ces journalistes ou animateurs qui sont systématiquement épinglés par les rapports du CNRA. Au lieu de servir de remise en cause et d’introspection, les concernés se mettent en transe et ruent dans les brancards pour parler d’acharnement et de jalousie. C’est le mal qui a atteint certains supposés journalistes et animateurs du groupe D-Médias qui sont en train de couler le groupe qui les emploie.

Serigne Saliou Guèye
Le Témoin