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Le juste retour des choses…par Papa Mandialbère MBOUP


Rédigé le Mercredi 8 Mai 2013 à 13:53 | Lu 143 fois | 0 commentaire(s)


Comme par ironie, l’arrestation et l’inculpation de Karim Wade interviennent à un moment où l’opinion nationale et internationale se demande si Macky Sall ira jusqu’au bout dans la traque des biens mal acquis, et si la sortie de Idrissa Seck, qui a ravi la vedette à l’événement qui lui a servi de prétexte - le premier anniversaire au pouvoir du nouveau président - est opportune ou pas.


Le juste retour des choses…par Papa Mandialbère MBOUP
L’ironie réside également dans le fait que les deux derniers nommés, anciens Premiers ministres de Wade, doivent leurs tribulations si durement vécues à la volonté du père de leur substituer son fils biologique. Un fils que pratiquement personne ne connaissait avant l’alternance en 2000, devenu «ministre du ciel et de la terre» comme on l’a surnommé par la suite, sur un ton sarcastique.  
Le mauvais rôle joué par le fils,  en faisant fi du tort que les excès du  père ont fait subir aux deux fils d’emprunt aux fortunes insoupçonnées, est symptomatique de son inculture en politique. N’aurait-il pas mieux fait de bâtir avec ces derniers un empire qui rendrait possible la prophétie du père de faire garder le pouvoir pendant 50 ans à un parti, hier encore puissant, aujourd’hui pris par  le vertige de la défaite.
La «Génération du concret» qui voulait servir de doublure au Pds a été étouffée dans l’œuf par la cécité politique de ses animateurs et leur désapprobation grandissante par une opinion publique qui n’apprécie guère l’amateurisme des constructions improvisées.
En vérité, Karim Wade aurait bien pu éviter à son père, opposant historique, de sortir par la petite porte, tout en redonnant au Pds sa cohésion perdue et à ses courtisans mielleux, si tentés par les maroquins, la possibilité de garder leur sérénité et/ou leurs avantages mal acquis.
Mieux encore, il aurait comblé le déficit culturel qu’il traîne comme un boulet s’il avait réussi à faire revenir Idy et Macky au sérail, et eu  l’intelligence de s’opposer au projet de dévolution monarchique du pouvoir qui n’augurait rien de bon, ni pour lui ni pour notre démocratie toujours en construction.
Pendant que le nouveau régime semble accorder plus d’importance à la traque des biens mal acquis, encore dans ses balbutiements, qu’à la prise en charge des priorités du citoyen ordinaire, sans qu’on sache jusqu’où il ira, Idy a lui choisi de prononcer le discours de l’An zéro de la politique – un concept fondateur pour marquer la fin des tribulations du régime de Wade. Un discours qui, même s’il se distingue des autres par son réalisme, n’est pas tout à fait nouveau.
 Il ne fait que reprendre des positions précédemment défendues par le président de Rewmi, mettant en évidence les pénibles péripéties de cette autre traque contre un homme accusé à tort d’atteinte à la sûreté de l’Etat, dans ce qu’il a lui-même qualifié de «plus gigantesque complot d’Etat de l’histoire politique du Sé­né­gal au cours de la décennie écoulée».   
Ce qui est nouveau par contre, c’est l’option faite de ne dire que la vérité malgré son ancrage, réitéré, dans la coalition Benno bokk Yaakaar dont la raison d’être était de mettre fin à la tyrannie «wadienne» et, par voie de conséquence, de conduire ensemble les affaires d’un pays meurtri par la mal gouvernance, et menacé d’instabilité dans un contexte sous-régional peu apaisé.
La nouveauté ne s’arrête pas là. Elle réside aussi dans l’art consommé avec lequel la victime, que ses  adversaires affublent de tous les noms par ombrage à son charisme déroutant, a démontré son innocence et annoncé son projet de se reconnecter avec l’électorat qui lui reconnaît ses attributs d’homme d’Etat à tous crins.
C’est sur fond de cet exercice de communication de haute voltige, qui marque le début d’une nouvelle ascension de l’homme qui dérange toute la classe politique,  qu’intervint la mise sous mandat de dépôt de Karim. Une décision de justice tombée comme un juste retour des choses, tant il est vrai que, comme le dit le proverbe, «qui sème le vent récolte la tempête».
Cette nouvelle attitude, quoique gênante aux entournures, jure d’avec les pratiques encore vivaces de la Cap 21 qui s’est fait l’avocat du diable pendant toute la durée du régime de Wade qui a emporté avec lui tous ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du Pds, avaient pris le pari de rester avec le prince en tournant le dos au Peuple qui a attendu son heure pour prendre sa revanche.   
C’est ce mutisme de complaisance, qui a faussé l’esprit et la configuration de la deuxième alternance, que cherche à conjurer à jamais la nouvelle démarche de Rewmi qui postule une analyse froide de l’action gouvernementale, après une période de grâce d’une année, à l’aune des préoccupations majeures des populations, le seul partenaire qui mérite dévotion totale.
De la même manière, au sein de Rewmi en tant que parti, l’heure est au débat serein sur les vrais enjeux de la conquête du pouvoir, plutôt qu’à ergoter sur le sort des dissidents qui, ici comme ailleurs, devront assister impuissants à la mise en œuvre d’orientations et de mesures qu’ils désapprouvaient hier sans mot piper, sans compter que si les choses se gâchent ils poursuivront leur aventure incertaine ou formeront un parti de plus pour sauver la face.
Sans doute, le désir de garder des fonctions explique-t-il la transhumance de mauvais goût dont le premier pas vient d’être franchi. On peut toujours changer de convictions ou faire passer son ambition personnelle avant un engagement collectif, mais cela ne changera, s’ils en rêvent, le cours de l’action de Idrissa Seck et de Rewmi, encore moins les choix futurs de Macky Sall et de l’Apr.
 Tout au mieux, ce reniement de soi ne fait que mettre en valeur l’attitude différenciée de Idrissa Seck en comparaison avec les autres leaders de la coalition, toujours dans l’euphorie de la cinglante défaite de Wade qu’il ne faut pas confondre avec les urgences du  pays. Ce qu’il faut au pays, c’est de donner une réponse concrète à la demande sociale et mettre en branle sans délai les réformes institutionnelles promises, pour rendre notre démocratie plus forte.
Foin donc de toutes les critiques et mises en garde qui fusent de ces mêmes milieux qui feraient mieux de balayer devant leur propre porte ! La frappe de Idy est tellement dure et les accusations portées contre Karim tellement sérieuses pour que de simples mots suffisent à les anéantir. Les chiens de l’hypocrisie continueront d’aboyer, mais la caravane du courage passera.
Contrairement aux Cassandre, le grand public apprécie fortement les hommes politiques connus pour leur franc-parler, leur honnêteté et leur courage et qui agissent sur principe, toutes qualités que le président de Rewmi incarnent bien, lui qui clame partout que toutes ses sorties sont programmées à l’avance et n’attendent que leur heure, tels les versets du Coran, pour faire leur apparition.
Maintenant, même si dans certains milieux on s’acharne à protéger aveuglément le gouvernement, il n’en reste pas moins que Rewmi et le Pds peuvent bel et bien envisager de se coaliser, ne serait-ce que pour les futures élections locales, pour démontrer à l’Apr qu’il n’est pas majoritaire dans le pays, avant de mettre le cap sur une coalition plus forte pilotée par Idy pour l’horizon 2017.
Ceci ne constitue-t-il pas une bonne perspective pour sauver ce qui reste des meubles de la première alternance qui, comme la deuxième d’ailleurs, n’est l’apanage d’aucun homme, d’aucun parti politique, mais du Peuple sénégalais majeur ?


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