Le bonheur est-il inaccessible à l'homme ?


Rédigé le Samedi 26 Octobre 2013 à 23:54 | Lu 516 fois | 2 commentaire(s)



Le bonheur est-il inaccessible à l'homme ?
Nous désirons tous vivre heureux. C'est même notre grand rêve, le dénominateur commun anime toutes nos occupations et toutes nos préoccupations. La force de cette aspiration à mener une existence épanouie est telle que l'on ne se pose pas, d'ordinaire, la question de savoir s'il nous est donné ou non de pourvoir y parvenir. On se focalise plutôt sur les voies et moyens.

Mais, ce désir de tous les désirs se heurte immanquablement à la triste et brutale réalité. De fait, les difficultés que nous rencontrons sur le chemin de la vie peuvent être considérables au point de paraître insurmontables. Faut-il, alors, désespérer du bonheur?
Réfléchir sur la question du bonheur c'est ainsi se confronter au problème de savoir si nous disposons de ressources véritables pour franchir le fossé qui sépare le rêve de la réalité.

Examen de l'énoncé.
* Le bonheur: notion complexe où se mêlent des aspects contradictoires. L'étymologie amène à penser le bonheur comme un don de la fortune et comme un état passager non maîtrisable. La notion est pourtant définie comme un état durable de pleine satisfaction. De quelle nature est cette satisfaction ? Quelle y est la place du plaisir ?

* Inaccessible: à quoi l'on ne peut accéder, que l'on ne peut atteindre, comme un idéal où se projettent les phantasmes individuels et collectifs.

* Inaccessible à l'homme: il y aurait incompatibilité entre la condition de l'homme et l'accession au bonheur. Serait-ce du fait que l'homme ne peut maîtriser les conditions du bonheur ?
Reformulation.
Bien que le bonheur soit une aspiration partagée par tout homme, quelles raisons nous amèneraient à penser qu'il est inaccessible ? Quelle part faut-il donner à l'initiative de l'homme dans la poursuite du bonheur ? Et s'il est inaccessible, doit-on en faire la fin suprême de l'existence ???

Carpe diem ! Voilà un des slogans les plus controversés de la tradition philosophique. Prônant le plaisir de l'instant comme principal vecteur du bonheur, il est critiqué de toutes parts au nom d'une vision plus globale du bonheur à l'échelle de l'existence tout entière. Peut-on alors dire qu'il n'y a de bonheur que dans l'instant ? Pour étudier cette question, nous nous demanderons tout d'abord pourquoi on peut désigner l'instant comme le moment du bonheur ; nous verrons ensuite pourquoi l'on peut chercher à dépasser l'instant pour fonder le bonheur sur la continuité ; enfin nous verrons comment le bonheur compris comme joie peut réconcilier l'instant et l'éternité.

Dans présent Le bonheur comme rencontre.

Si c'est dans l'instant que l'on trouve le bonheur, c'est aussi que souvent ce dernier est le fruit d'une rencontre avec autrui ; or la vie est ainsi faite que les rencontres sont souvent fortuites, épisodiques, éphémères. Le bonheur et l'ennui. Une rencontre se transforme-t-elle en relation durable, un flirt en mariage? Alors s'installe bien souvent non pas un bonheur continu mais l'ennui de l'uniformité. C'est souvent cette crainte de ne pas réussir la conversion à la durée qui fait dire qu'il n'y a de bonheur que dans l'instant. L'instant serait alors non seulement le « lieu » (si l'on peut dire) privilégié du bonheur, mais même le seul. C'est ici l'image de Don Juan qui s'impose : le catalogue qu'il tient de ses amours est celui des instants de bonheur qu'il collectionne et oppose à l'ennui du mariage légitime.

La quête du bonheur ne suffit pas à fonder l'acte moral. L'une est subjective, l'autre est rationnel. De plus, le bonheur n'est pas un idéal de la raison mais de l'imagination. Chercher son bonheur est le plus sûr moyen d'être immoral.
Le bonheur est ce que désire l’ensemble des hommes : ce à quoi il aspire. Dès lors, si l’éthique se définit comme un modèle de vie, où le chemin, la manière d’atteindre cet idéal, le bonheur devrait alors constituer l’idéal moral comme but. C’est en ce sens que le Souverain bien s’est souvent exprimé comme étant le bien le meilleur c’est-à-dire assurant un bonheur complet et définitif à l’homme : en somme l’ataraxie et l’aponie. Pourtant, le bonheur n’est-il pas un idéal de l’imagination ? S’il est propre à chacun ne va-t-il pas à l’encontre de la pureté de la morale et de la loi morale comme le signale Kant. Il s’agit donc de s’interroger sur la finalité de la morale et de l’éthique à travers le prisme du bonheur.

paraît elle constituer
Une des constances de la philosophie d'Epicure est de vanter le plaisir. On retrouve la formule « Le plaisir est notre bien principal et inné » dans la « Lettre à Menacée ». Mais l'épicurisme ne correspond guère à l'image populaire que l'on en garde : celle du « bon vivant ». Dans cette lettre, on lit : « Tout plaisir est de par sa nature propre un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ». C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d'Epicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d'Alexandre le Grand. La « Lettre à Ménécée » est une description de la méthode apte à nous procurer le bonheur. Car si tous les hommes cherchent le bonheur, ils sont, selon le mot d'Aristote, comme des archers qui ne savent pas où est la cible, incapables de la définir et de l'atteindre. En ce qui me concerne, je suis à la recherche du bonheur simple