Lampedusa : la vidéo de la honte qui scandalise l’Europe


Rédigé le Jeudi 19 Décembre 2013 à 01:12 | Lu 490 fois | 2 commentaire(s)


es images filmées en caméra cachée scandalisent l’Italie : on y voit des migrants faisant la queue pour être douchés à l’aide d’un produit désinfectant, nus, dans le froid.


“Un camp de concentration”. C’est ainsi que la chaîne italienne Rai2 décrit le centre d’accueil de migrants de Lampedusa. La chaîne publique a diffusé, lundi 16 décembre, une vidéo montrant les mauvais traitements infligés à des migrants dans le centre de rétention de l’île italienne. On y voit des migrants, dans une cour en plein air, dans le froid et les courants d’air, au milieu d’une foule de personnes, faire la queue pour “être douchés” par des employés du centre. Ils se déshabillent les uns après les autres devant des femmes et des hommes et attendent leur tour, nus.
Les images ont été filmées en cachette par un réfugié syrien, Khalid. “Nous sommes le 13 décembre, mais Khalid nous dit que cela arrive toutes les semaines pour lutter contre les maladies comme la gale”, écrit la Raï, qui a a interviewé l’auteur des images. Les hommes sont soumis aux jets d’un produit désinfectant.
Tollé en Italie
Ce reportage a suscité l’indignation de plusieurs organisations et personnalités à propos des conditions d’accueil de ce centre surpeuplé, situé sur cette petite île du sud de la Sicile, où des milliers de réfugiés venus de toute l’Afrique et du Moyen-Orient affluent depuis des mois.
Pour la maire de Lampedusa, Giusy Nicolini, l’image que donne cette structure est digne d’un “camp de concentration”.
La Commission européenne a dénoncé mercredi 18 décembre les “traitements épouvantables” infligés et a menacé Rome de sanctions. “Nous avons ouvert une enquête sur les traitements épouvantables dans beaucoup de centres de rétention, dont celui de Lampedusa et nous n’hésiterons pas à lancer une procédure d’infraction”, a affirmé la commissaire européenne aux Affaires intérieures Cecilia Malmström dans un message signé sur son compte Twitter.
Le premier ministre Enrico Letta s’est dit “choqué”. Il a promis qu’une enquête “approfondie” serait ouverte et que le gouvernement “sanctionnerait les responsables”. La présidente de la chambre des Députés, Laura Boldrini, a elle estimé que ces conditions étaient “indignes d’un pays civilisé”.
Interrogé par le “Corriere della Sera”, le responsable de la coopérative qui gère la structure d’accueil, Cono Galipo, a répondu que son personnel suivait “les protocoles médicaux en vigueur”, fournis par les autorités sanitaires, estimant que la “réalité est autre” que celle vue en images.
Le Nouvel Observateur avec AFP


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