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« En Afrique je me sens à ma place, car c’est le continent absolu de l’oralité »


Rédigé le Samedi 22 Juin 2013 à 11:01 | Lu 96 fois | 0 commentaire(s)


Ce vendredi 14 juin 2013, Grand Corps Malade tout comme le public dakarois, l’attendaient avec impatience. Les cultures urbaines à l’honneur avec un concert inédit de GCM, c’est ainsi une clôture en apothéose de la phase-aller du tandem Dakar-Paris. Ce programme d’échanges culturels entre les deux capitales, a été lancé en mars dernier par les deux maires respectifs : Bertrand Delanoë et Khalifa Sall, en collaboration avec l’Institut français. Sur la scène de la Biscuiterie, le plus célèbre slameur français a bouclé la boucle et en beauté. Il y a déclamé ses grands classiques, partagé la scène avec les artistes sénégalais et communié avec le public…« magique » de Dakar.


« En Afrique je me sens à ma place, car c’est le continent absolu de l’oralité »
« Quand j’écris sur ma petite feuille, sur ma petite table, la route est longue avant d’arriver à Dakar. Déjà c’est une vraie victoire que ce texte soit sur un disque, après c’est une autre récompense de pouvoir le jouer devant un public. En plus quand on va jouer à 6000 kilomètres de cette petite feuille, c’est presque incroyable. Donc c’est bien de laisser une belle trace, un beau souvenir, un moment de partage avec le public de Dakar », nous confiait à la conférence de presse d’avant spectacle, GCM alias Fabien Marsaud. Le bout de papier a atteint son terminus et le rêve…devenu réalité, le soir du 14 juin. Moments forts de son passage dans la capitale sénégalaise, ce porte-étendard de la musique slam, est d’abord allé à la rencontre des élèves du lycée Limamoulaye en banlieue dakaroise, à qui il dira « Merci aux chants de bienvenue. Très émouvant…Comme une chorale dans mon moral ».
Ensuite, étape incontournable, il s’est prêté à des ateliers d’écriture où il va coucher quelques lignes avec ses collègues slameurs de Dakar. Et last but not least…GCM a enflammé la scène de Biscuiterie au cours d’un partage entre un artiste qui a de l’encre plein la bouche et un public qui avait des oreilles plein les yeux ! « Je pense que nous ne mettrons pas de temps pour revenir, car ce que j’ai vécu ici était magique », dira-t-il après son spectacle. Quelques heures avant son spectacle, La Gazette a rencontré pour vous cet artiste hors pair, qui repart de Dakar très « flatté » et avec l’envie de recommencer.

GCM, c’est votre première visite à Dakar ? Qu’est ce que ça vous fait d’être là ?

Je suis très très content et très honoré d’être là. J’étais impatient de venir parce que de tous les pays d’Afrique, c’est au Sénégal que j’avais eu le plus de sollicitations. J’ai reçu plein de courriers et de mails de gens me disant : quand est-ce que tu viens jouer chez nous ? Je sais qu’ici il y a une vraie scène slam et, du coup, j’ai l’impression que ça fait longtemps qu’on aurait dû passer ici déjà. On a mis un peu de temps pour venir, avec des questions de planning, de tournées… mais cette fois, on est bien là et j’étais impatient.

Vous « Enfant de la ville », Dakar vous fait-il le même effet que d’autres villes ? Est-ce que ça grouille ?

Exactement ! C’est vrai que ça grouille. Je ne peux pas dire que je connais Dakar. J’ai déjà fait des ateliers slam, on a un peu déambulé dans la ville, mangé dans quelques restos. On a aussi traversé la ville pour aller en banlieue au lycée Limamoulaye faire des ateliers slam. Oui je l’ai vue, la ville ! Et c’est vrai que, moi, j’aime les vraies villes, là où on sent qu’il y a de l’énergie, où ça grouille. Et là-dessus, c’est sûr que Dakar c’est une vraie capitale. Le premier ressenti, il est positif. On sent qu’il se passe plein de trucs, ici, c’est dynamique, il y a de l’énergie.

Vous avez une petite expérience en terre africaine. Comment trouvez-vous le slam sur le continent ?

J’aime vraiment beaucoup l’Afrique. Il y a une vague particulière, ça vibre. Et je sens que le slam a une place de plus en plus importante, ici. Le premier pays africain que j’ai visité, c’était le Mali et les slameurs me disaient : « le slam c’est gratuit, on peut tous le faire ». C’est vrai que pour un jeune artiste c’est difficile de trouver des studios, de trouver les moyens de s’enregistrer, de trouver des scènes. Alors que le slam, à la base, c’est a capella, y’a pas besoin de moyens. Tu regroupes juste avec une petite bande et tu vas dans un café et hop, tu fais ta soirée slam. Du coup, j’ai senti que forcément, le slam avait tellement sa place en Afrique, qui est quand même le continent absolu de l’oralité. Pour toutes ces raisons, mes petites expériences africaines en Rdc à Kinshasa, au Mali et, cette fois à Dakar, je me sens à ma place. Parce que moi, je fais de l’oralité et je suis sur un continent qui aime tellement cela. Donc ça répond bien.

On vous a trouvé en atelier d’écriture avec des jeunes sénégalais (le 13 juin ndlr). On sent aussi qu’à côté de vos albums, vous donnez beaucoup d’importance à ces travaux d’écritures, aux collaborations, échanges, etc. Pourquoi ?

Oui, c’est primordial ! J’ai la chance et un privilège incroyable de voyager pour mon métier. Je n’étais jamais venu en Afrique, avant. C’est grâce à mon métier si je suis là. Donc, si tu viens la veille, tu fais juste ton concert et tu repars le lendemain matin, alors c’est que t’as rien compris, t’as tout loupé ! J’ai la chance d’être là, alors prenons un peu de temps, restons quatre ou cinq jours sur place, pour comprendre un peu ce qui se passe ici, rencontrer les gens, les artistes, les jeunes, etc. Je sais qu’à Dakar il y a une vie culturelle qui est tellement riche. J’ai eu la chance de faire des ateliers slam dans ce lycée, parce que c’est important de ne pas rencontrer que des artistes. Il faut aussi voir des enfants, des ados, on les a fait parler, slamer. Du coup, on touche un peu de leur réalité, ça c’est très important. Après, j’ai fait des ateliers avec le collectif « Vendredi Slam » (Vslam) qui est très actif ici. Sur scène on a eu deux slammeurs et Awadi, qui nous ont rejoints aussi. C’est vraiment super important pour moi de mixer tout ce que je fais avec les gens d’ici.

Une tournée africaine peut-être à l’horizon ?

Oui c’est possible. Et j’aimerais bien. On a la chance d’être sollicités dans plein de pays. Je ne suis pas encore allé au Gabon, au Cameroun, au Burkina Faso… Dans tous ces pays je sais qu’il y a du slam, qu’ils connaissent un peu mon travail et je sais que j’irai les voir tous. C’est vrai qu’une vraie tournée africaine bien cohérente, (peut-être un jour) ce serait bien.

En octobre 2012 vous avez publié votre premier livre « Patients ». Parlez-nous-en un peu…

C’est la première fois que je sors un livre. Ça parle d’une année très spéciale que j’ai vécue, qui est celle d’après mon accident. J’ai eu un grave accident et je me suis retrouvé tétraplégique, c’est-à-dire paralysé des quatre membres. Je me suis retrouvé pendant une année dans un centre de rééducation et le livre parle de cette expérience. Evidemment « Patients » c’est aux deux sens du terme : Patient parce que j’étais le patient dans un cadre hospitalier, mais c’est aussi le patient de la patience. Quand tu es paralysé des quatre membres et que tu n’es pas autonome, il faut être très patient. Ce n’est pas un livre que sur moi, c’est vraiment sur l’univers de la rééducation, sur l’univers des gens qui ne sont pas du tout autonomes et qui ont besoin d’une autre personne pour faire les gestes les plus élémentaires. Donc, dans ce livre j’ai voulu mettre pas mal d’humour et pas mal d’autodérision. Parce que le contexte de l’histoire est assez dramatique, alors que le ton ne l’est pas du tout. J’ai essayé de faire sourire les gens, même sur des situations compliquées.

Parlant d’humour, vous avez un projet « Rire en slam » à Paris pour fin juin. Vous aimez bien amener le slam dans d’autres sphères. Pourquoi ?

Intrinsèquement, le slam est déjà très varié. C’est-à-dire que quand tu vas sur une scène slam, tu vas entendre des textes très durs, très graves, mais tu vas aussi entendre des textes très légers et super drôles. Moi-même sur mes propres albums, j’essaie de faire cela, d’écrire des textes qui parlent de choses sérieuses, mais derrière il y a des textes drôles et le plus léger possible. Sur scène en fin juin avec un humoriste à Paris, nous allons juste lier le slam et un plateau d’artistes derrière. Depuis longtemps j’essaie de montrer que le slam ce n’est pas juste de la poésie grave et sérieuse. Au contraire, c’est une poésie super vivante et dans la vie il y a beaucoup d’humour, donc il faut qu’il y en ait dans le slam.

On parle de quatrième album pour 2013. La rumeur fait aussi état d’un album à duos, entièrement. Qu’en est-il réellement ?

Il y a un quatrième album qui sortira à l’automne. Mais, ce n’est pas tout un album de duos. Il y en a dessus. Il y a eu quelques rumeurs c’est vrai parce que c’était aussi quelques idées. Il y aura au moins quatre duos, sinon on fera aussi une dizaine de titres en solo. Ce n’est pas album de duos. Tous les textes existent, on est en train de travailler sur la musique et ça sortira en France normalement courant octobre.

A côté de la musique avez-vous des projets pour le cinéma, par exemple, vu que votre écriture est très imagée ?

Non, pas immédiatement. Moi j’ai plein d’envies, plein d’idées. C’est vrai, j’ai l’écriture de dialogues de films, de scénarios. Je l’ai quelque part en tête. Ce n’est pas pour le faire tout seul, mais plutôt pour collaborer dans d’autres projets. Mais, ce n’est pas pour tout de suite, la priorité est le quatrième album et la tournée qui va suivre.

Il faut dire que vous faites quand même beaucoup de choses entre les albums, les tournées, les ateliers. C’est quoi le secret de GCM ? Où trouvez-vous tout ce temps-là ?

(Rires…) J’arrive à trouver 28 heures par jour pour faire mon travail et prendre du plaisir. Le secret, il est simple : ce n’est pas un travail normal. C’est un travail où il y a tellement de plaisir. Dans une journée (le 13 juin dernier) j’ai eu le temps de faire des ateliers à l’autre bout de la ville, après je suis revenu travailler avec le collectif Vslam et rencontrer d’autres personnes. On ne s’ennuie pas, ce n’est que du plaisir. Donc, ce n’est pas grave si on ne se repose pas beaucoup.

Pour revenir à l’Afrique avez-vous un projet concret en tête avec des artistes, peut-être ?

Pour l’instant je n’ai pas de projets, mais chaque fois que je voyage je rencontre des gens, il y a des affinités humaines et artistiques qui se créent. Je sais que je reviendrai pour des concerts. J’ai fait la connaissance d’un collectif de slam (Vendredi slam, ndlr) qui est très dynamique avec plein d’envies et beaucoup d’idées. Les contacts sont établis. Evidemment, après c’est compliqué, car j’ai envie de faire beaucoup de choses, mais j’ai déjà mes tournées, ma famille et d’autres slameurs que je connais dans pleins de pays. On ne peut pas tout faire, mais en tout cas, ici, les contacts ont l’air d’être solides. Donc, c’est sûr qu’on va revenir.

La Gazette



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