DEBBOUZE sur les propos racistes du magazine de l’extrême droite : "LAISSONS LES IMBÉCILES DIRE N'IMPORTE QUOI"


Rédigé le Mercredi 13 Novembre 2013 à 12:08 | Lu 352 fois | 6 commentaire(s)


Le comédien ne veut pas tomber dans l'indignation. Interdire le journal ? "Ce serait dommage, on pourrait pas se rendre compte qu'ils sont cons."


DEBBOUZE sur les propos racistes du magazine de l’extrême droite  : "LAISSONS LES IMBÉCILES DIRE N'IMPORTE QUOI"

Pour Jamel Debbouze, l'actualité fait écho au film qu'il défend. Malheureusement. En plein débat sur le racisme en France, relancé par la dernière une de l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute", le trublion et génial improvisateur (mais bosseur) jouera dans "La Marche" : allusion à la marche des Beurs lancée en 1983 par des jeunes de la cité des Minguettes à Lyon. En attendant la sortie, fin novembre, c'est l'heure de la promo. Mais avec Jamel Debbouze, rien n'est prévisible et ce mercredi 13 novembre surEurope 1, le comédien l'a prouvé en répondant aux questions de Thomas Sotto.

Le journaliste lui demande son impression sur la une du journal "Minute", qui titre cette semaine : "Maline comme un singe, Christiane Taubira retrouve la banane". Jamel répond : 

Ça me conforte dans l'idée que ce sont des débiles mentaux. Je n'ai même pas d'avis tant j'estime que ça ne mérite pas qu'on en parle. Je sais que la France n'est pas raciste, même s'il y a du racisme. Il y a une vraie nuance."

Sotto demande un éclaircissement sur cette "nuance" alors que "tout le monde dit que le climat de racisme est en train de monter". Ce avec quoi le comédien n'est pas d'accord :

Non, non. Je fais le tour de la France avec mon spectacle. Évidemment, on est à l'aube des élections municipales, tout le monde s'énerve, sort l'artillerie lourde, on a l'habitude. La veille de la chasse, les sangliers se cachent. On sait très bien que c'est leur méthode et que dans six mois, ils passeront à l'uranium enrichi ou à Wimbledon avec une facilité déconcertante. Je pense que c'est le moment, que ça va s'atténuer, et que les médias auront envie de parler d'autre chose. Parce que malgré tout, c'est quand même un peu eux qui filent le bâton. S'ils n'en parlaient pas, on n'en parlerait pas."

"Un raciste, pour 750 euros, il change d'avis"

Qualifiant de "débile mentale" et de "tarée", la candidate du Front national qui a comparé  Christiane Taubira  à un singe, le comédien insiste sur le fait qu'"il ne faut pas lui donner d'importance". Et ajoute :

A la veille de chaque élection, le climat se tend et c'est les immigrés qui trinquent. Non, vraiment, tout le monde devrait s'atteler à trouver des solutions pour atténuer le chômage. Je suis convaincu qu'un raciste, pour 750 euros, il change d'avis."

A tel point que l'acteur dit "comprendre" la tentation de l'extrême "lorsqu'on n'arrive plus à nourrir sa famille, qu'on n'arrive plus à payer son loyer, quand on est pris au dépourvu, on crie de toutes ses forces, on tape de toutes ses forces, on fait tout et n'importe quoi pour trouver une solution. Mais si j'ai un truc à leur dire, c'est que la solution ne se trouve pas dans les extrêmes, loin de là. L'immigration est une bonne nouvelle pour la France, elle rapporte de l'argent à la France. On peut pas lutter contre son immigration, c'est débile, c'est se tirer une balle dans la jambe. Je ne me considère pas comme immigré. Je suis né en France, je suis Français. Je suis fils d'immigrés, c'est le seul lien que j'ai avec l'immigration. Je trouve schizophrène d'avoir à se justifier d'habiter dans son propre pays."

Et lorsqu'il revient au sujet de son film, la marche pour l'égalité, Jamel Debbouze  veut rester optimiste :

Il y a trente ans, tous les deux jours, un Maghrébin mourait sous le coup des balles. 30 ans après, et ben, on meurt un peu moins. C'est pas mal, déjà, comme avancée."




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