Bennoo, à l’épreuve du court-circuit


Rédigé le Mardi 12 Novembre 2013 à 20:23 | Lu 40 fois | 0 commentaire(s)



Macky Sall serait-il en passe de se donner les moyens de contourner, à la veille des Locales et peut-être dans la perspective de la présidentielle de 2017,  Bennoo Bokk Yaakaar, la coalition électorale qui l’a porté au pouvoir, en mars 2012.
 
En tout cas, la question ne cesse  de préoccuper au lendemain de la prétendue volonté affichée par le nouveau pouvoir de mettre en place une vaste coalition politique autour de la vision du Chef de l’Etat, déclinée dans le programme « Yoonu Yokkuté ». Et surtout, au lendemain de la réception au Palais présidentiel de Habib Thiam, ancien Premier ministre du Sénégal, Me Ousmane Sèye, ex-responsable libéral et actuellement leader du Front républicain, voire Me Mbaye Jacques Diop, ancien président du Craes et ex-maire de Rufisque. Histoire de ratisser large afin d’engranger le maximum de soutiens politiques en direction des prochaines élections locales, voire de la… présidentielle de 2017.
 
Après plus de dix-huit mois de compagnonnage avec Bennoo Bokk Yaakaar dans l’exercice du pouvoir, Macky Sall semble s’orienter tout naturellement vers la mise sur pied d’une vaste coalition politique autour de sa vision. Les audiences accordées respectivement, au cours de la semaine écoulée, à Habib Thiam, ancien Premier ministre du Sénégal, Me Ousmane Sèye ex-responsable libéral et actuellement leader du Front républicain, voire Me Mbaye Jacques Diop, ancien président du Craes et ex-maire de Rufisque, en témoignent manifestement. A l’issue de leurs réceptions au Palais présidentiel, ces personnalités ont pratiquement fait allégeance au chef de l’Etat, en répondant favorablement à l’appel de Macky à « un grand rassemblement des acteurs  politiques qui sont d’accord avec sa vision politique », selon Me Ousmane Sèye.
 
Maître du jeu, quand bien même il ne jouit pas actuellement de toute la liberté de manœuvre face à une coalition présidentielle composée de ténors du landerneau politique dont les ambitions présidentielles ont été toujours patentes (Moustapha Niasse de l’Afp, Ousmane Tanor Dieng du Ps et alii), Macky Sall s’évertue, selon certaines voix autorisées, à multiplier les soutiens qui pourraient lui permettre de ramer, en toute quiétude, vers les élections locales de 2014, voire la présidentielle de 2017. Une présidentielle dont il ne cache plus sa volonté de remporter la mise afin de parachever sa vision d’un Sénégal émergent.
 
Esquissée dans une nouvelle forme, cette propension de Macky Sall à constituer un vaste front autour de sa vision politique a été toutefois mise en route, depuis son accession au pouvoir. Et pour cause, l’Alliance pour la République (Apr) dont il est le président n’a jamais appuyé sur la pédale douce dans sa tentative effrénée de massification de sa base politique. Entre  fusions ( comme avec le mouvement Sellal de Aminata Tall, ex-libérale finalement bombardée à la tête du CESE en guise d’étrennes), débauchages ( Me Nafissatou Diop Cissé ex-Rewmi, intronisée à la Fonsip) et transhumances ( El Hadji Malick Guèye, ex-député libéral à Kaolack), le parti présidentiel s’investit, depuis son arrivée à la direction des affaires, à étendre ses ramifications électorales. Surtout à l'approche des échéances locales de 2014 qui s'annoncent comme une sorte d'élections primaires avant la présidentielle de 2017. Dans cet exercice, l’Apr ne lésine apparemment plus sur les moyens (allant même jusqu’à la pression) pour phagocyter les mouvements appendices.  Comme en témoigne l’attitude de Mor Ngom, ministre et cadre apériste, qui a invité sans les nommer toutefois, les anciens ministres démissionnaires de Rewmi, Pape Diouf et Omar Guèye en l’occurrence, à prendre leur courage à deux mains en intégrant définitivement l’Apr.
 
Le ministre Mor Ngom qui prenait part à la rencontre, jeudi dernier, de la Cojer (Convergence des jeunes républicains du Sénégal) a été plus qu’explicite dans son interpellation : « J’admire le courage de Aminata Tall et Me Nafissatou Diop. J’admire leur sens de la responsabilité. Elles ont pris la bonne décision de venir nous rejoindre au lieu de créer des entités. J’invite les autres à suivre leurs exemples ». Un appel à la saveur de critique et de menace à peine voilée, comme pour dire que l’Apr attend d’eux une autre posture politique, conformément aux strapontins ministériels que Macky continue de leur offrir alors que leur parti d’origine (Rewmi) a divorcé d’avec la mouvance présidentielle.
 
BENNOO SUR LE GRIL, «MACKY 2012» EN EMBUSCADE
 
En tout état de cause, force est de constater que Macky Sall et son parti se sont engagés, aujourd’hui, dans une nouvelle dynamique de redéploiement politique. Comme si la coalition Bennoo Bokk Yaakaar ne lui présentait en effet plus de gages suffisants pour la pérennisation de son pouvoir, surtout avec les fissures qui s’élargissent de plus en plus au sein de la coalition présidentielle, même si on tend « 
diplomatiquement 
 
» à les édulcorer ( Rewmi hors jeu, le Ps en voie de rupture), Macky Sall semble aller à la quête des soutiens, afin de bâtir une coalition purement politique autour de sa vision et de son programme « Yoonu Yokkuté ».
 
 A ce jeu, la coalition «Macky 2012 » qui a porté la candidature de l’actuel chef de l’Etat, au premier tour de la présidentielle de 2012, serait largement partie prenante. Ibrahima Sall, Jean Paul Dias et cie qui se sont toujours offusqués de la présence, à leurs détriments, des leaders de Bennoo Bokk Yaakaar dans l’appareil gouvernemental, ne sont en effet pas loin de souhaiter la fin du compagnonnage de leur leader naturel, en l’occurrence Macky Sall, avec la mouvance présidentielle. Ayant soutenu le chef de l’Apr sur la base d’une alliance politique, ces membres de « Macky 2012 » seraient prêts à signer, sans réserve, pour l’avènement d’une large coalition politique autour de Macky Sall, une coalition  centrée sur les alliés de la première heure et ouverte à tous les vents. A condition néanmoins que l’invite de Macky à une large coalition politique autour de sa vision ne débouche pas sur la résurgence, aux côtés du chef de l’Etat, d’une sorte de CAP 21 (cette coalition fourre-tout qui a soutenu Me Wade pendant son second mandat).
 
Or, on se le rappelle encore ; cette vague de souteneurs sans grande envergure politique avait excellé dans la «courtisanerie» du maître du jeu d’alors, Me Wade, contribuant largement à élargir la fracture qui séparait celui-ci des citoyens sénégalais.
 
Au final, le «Pape du Sopi » avait été débouté de sa prétention à occuper pour un troisième mandat le fauteuil présidentiel par un peuple revanchard, précarisé par la mal gouvernance et en quête d’une autre forme d’exercice de la politique.  




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