BARTHÉLEMY DIAZ : " On n’a jamais vu un griotisme politique en faveur d’une candidature politique et Khalifa Sall est ..."


Rédigé le Mercredi 7 Septembre 2016 à 19:25 | Lu 815 fois | 0 commentaire(s)


Barth «élimine» Khalifa Sall de la course au prochain congrès. Même s’il lui prête un «profil parfait» pour une candidature à une Présidentielle. Dans cette dernière partie de l’entretien, le secrétaire général des jeunesses socialistes répond, sans le nommer, à Youssoupha Mbow et autres qui lui «doivent leur présence dans le Bureau politique du Ps». Il déplore le manque de cadre de concertation au sein de Bby et, en direction des Locales, le maire de Mermoz-Sacré Cœur avertit que «la ville de Dakar n’est ni à vendre ni à louer». Avis aux candidats de l’Apr.

Si Khalifa Sall est candidat allez-vous le soutenir ?

Pour ce qui est du congrès d’investiture pour la présidentielle de 2017, on ne va pas réinventer l’histoire. On n’a jamais vu, depuis que le Ps est Ps, un mouvement de soutien introduire la candidature d’un responsable du Ps. On n’a jamais vu, non plus, un griotisme politique en faveur d’une candidature politique. Ce que nous connaissons, c’est l’organisation et la méthode. Cela veut dire que pour être candidat à une Présidentielle, c’est votre département qui porte votre candidature. Ensuite, c’est la région qui l’entérine et qui la propose aux instances du parti. Ousmane Tanor Dieng appartient au département de Mbour et à la région de Thiès. Je voudrais dire aujourd’hui et que cela soit claire dans la tête de tous : Khalifa Sall appartient à la région de Dakar comme moi. Si demain Dakar présente un candidat, je le soutiendrais. Je reste convaincu que Tanor est un homme de parole. Ça ne sert à rien de présenter les choses comme si il y avait un cauchemar au Ps. Khalifa Sall est un pur produit du Ps, il a été Secrétaire général des jeunesses socialistes, maire d’une commune d’arrondissement, député à l’Assem­blée nationale, ministre, maire de ville ; il a un profil parfait pour porter, demain, une candidature à une élection présidentielle pour le compte du Parti socialiste.

Et pour le congrès, a-t-il le «profil parfait» comme vous le dites ?
Je reste convaincu qu’il ne se présentera jamais contre Ousmane Tanor Dieng. Aussi bien lui que moi, Tanor a participé à notre ascension politique. Le département de Dakar aujourd’hui, selon les informations que j’ai, n’a pas de candidature au congrès ordinaire du Ps. Donc, à ce titre, je vous rassure : Khalifa Sall n’est pas candidat au poste de secrétaire général du Ps.

Est-ce que c’est lui qui vous l’a dit ?
Je vous rassure que Khalifa Sall est un produit du Ps. Il n’ose pas le faire, non pas parce qu’il n’ose pas le faire, mais parce qu’il ne peut pas le faire. Le reste maintenant, ce sont des bla-bla. Il a un destin politique comme d’autres membres du Bureau politique du Ps.
Mais il a aussi un destin politique au sein de votre parti…

Pourquoi vous voulez bousculer les destins politiques des gens ?
On ne bouscule pas, on fait des lectures à partir de faits et de gestes…
Je vous informe du mode de fonctionnement du Ps parce que vous l’ignorez. Vous ne pouvez pas être secrétaire général du Ps ni candidat à une élection pour le compte du Parti socialiste si vous n’avez pas une investiture d’un département ou d’une région. Khalifa Sall, Massamba ou Mademba, c’est la même chose pour moi. Les individualités ne m’impressionnent pas. Je ne fais pas partie de ces hommes qui sont en politique avec de la rancœur, je ne connais pas la jalousie et je ne suis pas un aigri. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’on cherche à humilier un homme qui a été élu par un congrès. Là où se trouve le Ps aujourd’hui, c’est par la volonté et le travail de Ousmane Tanor Dieng.

La question c’est est-ce que si la région de Dakar porte la candidature de Khalifa Sall au congrès vous le soutiendrez ?
Mais bien sûr que oui ! Ça, c’est élémentaire ! Je suis tout de même un homme politique. Les gens qui parlent n’ont aucune idée de ce qui me lie à Khalifa Sall. Le jour où j’écrirais mes mémoires, il y aura des gens qui tomberont des nues. Quand j’entends certains se réclamer pro-Khalifa Sall, ils me font rire.
Là, vous faites allusion à Youssoupha Mbow…
Je ne vais pas parler d’individualités, je vous dis que cela ne m’intéresse pas, surtout des gens que j’ai formés de toutes pièces. Il y a des gens qui me doivent leur présence dans le Bureau politique aujourd’hui. Les postes qu’ils occupent dans les jeunesses socialistes, ils me les doivent parce que je les ai proposés et ces propositions ont été entérinées. Aussi bien lui (Ndlr : Youssoupha Mbow) que toute autre personne et je rappelle au passage que nous tous, autant que nous sommes, pour nos positions politiques, quelque part, il y a la main d’un être humain qui est entré là-dedans. On dit souvent en wolof que «nitt, nittay garabam» (Ndlr : l’homme est le remède de l’homme). Donc, dans la vie, il faut que nous apprenions un tant soit peu à être modeste. Aujourd’hui, au Parti socialiste, il y a effectivement un choc des ambitions entre toutes les générations.

Un choc entre des individus ?
Un choc des ambitions, pas un choc entre les individus. Aujourd’hui des noms sont annoncés. Khalifa Sall a un excellent profil aussi bien pour diriger le Ps que pour être son candidat à l’élection présidentielle ainsi que Aïssata Tall Sall. Mais que faites-vous de Aminata Mbengue Ndiaye ?

Elle est candidate ?
Non, je dis que faites-vous de Aminata Mbengue Ndiaye ? Elle est une référence, une lionne dans ce parti. Que faites-vous de Mamadou Faye, de Serigne Mbaye Thiam, de Alioune Ndoye du Plateau, de mon ami Abdoulaye Wilane, de Jean Baptiste Diouf de Grand-Dakar. Mais c’est un parti qui regorge de ressources humaines, donc c’est un choc des ambitions. Nous, nous appartenons à la génération des 30 ans ; donc nous refusons de nous bousculer avec la génération des 40 et 50 ans. Mais nous n’acceptons pas non plus que ce que notre 14ème congrès a entériné soit remise en cause.

Benno bokk yaakaar ou le Ps seul aux Locales ? Quelle formule adopter ?
Nous avons émis le souhait et nous œuvrons de toutes nos forces pour pouvoir aller en coalition. Je pense que cela doit être possible partout parce qu’aujourd’hui, aucune force politique n’est en mesure, de façon unilatérale, de s’assurer une majorité confortable, politiquement parlant. Mais je pense aussi que nous avons des colistiers dans la coalition Bby qui, malheureusement, ne font pas preuve d’humilité et, à ce titre, il faudrait tout de même qu’ils sachent que la ville de Dakar n’est pas à vendre, à prêter ou à louer. Idem pour nos communes d’arrondissement. Je pense aujourd’hui que nous devons être en mesure de pouvoir nous asseoir et de voir ce qui est possible. Je déplore encore le manque de cadre de concertation. Le Président Macky Sall nous avait tenu un discours au Palais lors de notre dernière rencontre, où il nous avait rassuré que ce cadre allait voir le jour parce que le siège avait déjà été trouvé et devrait être opérationnel. A ce jour, il n’y a absolument rien et, de mon point de vue, il n’y a aucune volonté de mise en place d’un cadre de concertation. Je me permets d’implorer respectueusement le président de la République de mettre en place ce cadre de concertation qui va nous épargner certaines querelles. Si on considère, malheureusement, que nous ne sommes d’aucune utilité, à partir de ce moment, nous en tirerons les conclusions.

Que pensez-vous de l’affaire Aïda Ndiongue ?
Rien du tout. Je pense seulement que dans un pays comme le Sénégal, j’ai de sérieuses difficultés pour comprendre comment une personne n’étant pas un industriel, n’étant pas une personne reconnue et connue comme étant une fortune, se lève un matin pour amasser 47 milliards.
Ce n’est pas un matin, puisqu’elle dit avoir eu son premier milliard depuis 1993…
Oui, je dis seulement que 47 milliards, pour la petite histoire, c’est 90 millions d’euros. Je vous rappelle que le couple Beckham (footballeur international et mannequin reconnu), réuni, pèse 54 millions d’euros. C’est une mère de famille, une responsable dans ce pays, n’importe qui peut se retrouver à sa place mais je reste convaincu que cette pauvre dame s’est retrouvée dans cette situation de par un concours de circonstances. Une personne ne peut pas avoir autant d’argent si elle n’est pas une industrielle. Quand vous dites Jean Claude Mimran, on sait qu’il vend du sucre et de la farine ; quand vous dites Baba Diao, on sait qu’il amène du pétrole dans ce pays. Maintenant, s’il n’y a rien à reprocher à cette bonne dame, elle recouvrera sa liberté. Je voudrais aussi que les uns et les autres sachent raison garder. Sous le régime de Wade, la prison il y en a eu que pour certains et, aujourd’hui, on ne peut pas être choqué que d’autres aient aussi à rendre des comptes. A chacun son tour chez le coiffeur.
Comme vous qui avez fait votre tour chez le coiffeur…
J’ai fait des tours, pas un seul. Mais ce sont les vicissitudes de la vie politique.

Que vous inspire le Plan Sénégal émergent ?
Je pense personnellement faire le déplacement à Paris les 24 et 25 février pour soutenir le président de la République. Dans ce Plan Sénégal émergent, ce qui m’intéresse, c’est particulièrement l’agriculture parce que je pense que ce pays ne peut pas se développer sans une agriculture moderne. Le Pse est un plan que même le Président Macky Sall ne pilotera pas à son terme, mais qui reste très ambitieux pour le Sénégal. J’aurais souhaité que ce Plan Sénégal émergent puisse être présenté à Paris par un Président socialiste. Je pense que c’est un plan qui prend en compte les valeurs du Socialisme : la lutte contre le chômage, la promotion des jeunes et des femmes, une santé et une éducation de meilleure qualité, etc.

La loi sur la baisse du loyer est-elle pour vous une «mesure électoraliste», comme le soutient Thierno Bocoum ?
Non, je pense qu’il faut quand même avoir la modestie de reconnaître que la baisse du loyer était une nécessité. Tout le monde est d’accord qu’il y avait une spéculation foncière qui n’avait pas été maîtrisée. Person­nellement, en tant que locataire, j’ai voté cette loi parce que je considère que les loyers sont exorbitants au Sénégal, notamment dans la région de Dakar. Je salue le courage du président de la République et son pragmatisme. On ne peut occulter le fait que cette loi ait soulagé les Sénégalais dans leur qualité de vie. Là aussi, j’aurais souhaité que cela se fasse sous le régime d’un Président socialiste, mais le Bon Dieu a décidé que ce soit sous le règne d’un Président appartenant à l’Apr.
Mais permettez-moi de dire, au-delà de cette baisse du loyer, que nous voulons que le Président travaille à créer les conditions d’accès aux logements sociaux. A ce titre, je voudrais que le chef de l’Etat- je le dis en toute modestie- prenne exemple sur le régime socialiste en remettant en valeur des structures comme la Sicap, Hlm avec un retour de la location-vente. (…) Moi qui vous parle, je suis né dans une maison Sicap. Mon père était un modeste fonctionnaire et avait accès à un logement Sicap à travers une location-vente, tout comme ceux qui appartiennent à sa génération. Malheureusement, nous, nous appartenons à la génération Sdf.
Vous avez dit tout à l’heure que le Ps doit être un exemple pour Macky Sall, mais les ca­dres libéraux, répondant à une déclaration de votre parti, demandent qu’on audite la gestion du pays de 1990 à 2012, donc sous votre règne…
C’est de bonne guerre. Ils sont dans l’opposition aujourd’hui et il faut bien qu’ils vivent d’un certain discours. Parler de la gestion du Parti socialiste est un faux débat puisque nous avons été sanctionnés en 2000. Une chose est sûre : quand on parle du Parti socialiste, on ne parle pas de mil­liards, surtout pas de dizaines ou de centaines.
Eh bien, si on cherche des voleurs, on n’a qu’à regarder d’un certain côté et nous laisser tranquillement continuer à faire notre chemin. Ce que le régime libéral a fait du Sénégal, je reste convaincu que cela n’a jamais été fait auparavant, et ça ne se fera plus jamais. Ce pays a été pillé et dilapidé par ce régime libéral et malheureusement, aujourd’hui, c’est peut-être un peu dur de constater la réalité. Vous comprendrez aisément que s’il y a l’heure de manger, il faut aussi l’heure de digérer. Ils ont fini de manger, maintenant ils doivent digérer et de cette façon. (Rires)
Quotidien


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